Gisèle Musadi, chanteuse du gospel depuis ses seize ans à Kinshasa a fait ses débuts dans l’église Cité Béthel avec l’“apôtre” Mbiye avant de bénéficier de l’encadrement du pasteur Venant Muemba et d’atterrir, en 2004, à Yahweh Shammah en Afrique du Sud dirigé par le pasteur Peter Muteba.

Si elle avoue que la musique est une vocation, elle est restée longtemps très réservée face à l’idée d’une carrière jusqu’à ce que des témoignages fassent état des gens qui, dit-elle, “ se sentaient bénis en m’écoutant chanter ”. Il y eut aussi les encouragements des pasteurs qui lui prédirent que Dieu allait l’élever si elle se montrait “ sérieuse ”. Gisèle Musadi évoque ici sa carrière naissante.
Afriqu'Echos magazine : Pensez-vous être sérieuse aujourd’hui ?
Gisèle Musadi : Oui, je suis sérieuse et je dois dire merci aux personnes qui m’ont aidée. Au préalable, j’avais prié pour que Dieu m’oriente et qu’Il puisse m’utiliser...
Concrètement comment tout s’est enclenché ?
J’ai eu la grâce de rencontrer un producteur chez Kin Express mais personne ne savait que je chantais. Beaucoup l’ont découvert lorsqu’ils m’ont vue chanter au concert du frère Belly Ndongala. Le frère Dady me présenta alors au frère Antoine Katoto qui s’est montré intéressé en écoutant ma maquette.
Quelques mots sur l’album en préparation justement ?
Je l’ai intitulé “ Tshiena bualu ”, “ La raison de ma vie ” en tshiluba. Je confesse Jésus-Christ comme la vraie raison de ma vie. Cet opus contient quatorze titres notamment quelques chansons gospel populaires. Il reste que j’ai mis l’accent sur des adorations en tshiluba avec des titres comme “ Mulumankaya ” qui veut dire “ l’unique mari”, “ Wabikondo ” traduisez “ l’Éternel ”, “ Wabimisha ” qui signifie “ le Dieu des miracles ” et “ Wakuenda ne nda ” qui se traduit en “ ami fidèle ”.
Vous souriez tout le temps en chantant…
C’est ma nature (rires). Je pense, en ces moments là, à ce que Dieu a réalisé dans ma vie et parfois sur scène je pense à ce que je n’ai pas encore réalisé pour Dieu et comme je me sens limitée, je l’exprime par des rires...
AEM : La musique semble être une affaire de famille chez vous ?
Oui, Jérémie Mwamba est mon frère de sang et en Christ, je suis sa grande soeur. C’est une grâce que Dieu a faite à notre famille : nos parents et nos frères chantent bien dans des chorales en RDC. Quand notre famille est au grand complet on forme même une très bonne chorale, mais pour le moment l’Éternel nous a choisis, Jérémie et moi, pour son peuple par le biais du marché discographique et pour les spectacles.
Est-ce facile de servir Dieu dans la chanson surtout quand on est jeune et femme comme vous ?
Tout est facile quand on est ordonné et qu’on compte sur la grâce de Dieu, il faut avoir du caractère, respecter sa vision et surtout avoir la crainte de Dieu... D’autre part, ce n’est pas facile car on est exposée. Souvent quand une femme parle en public, elle attire, voila pourquoi je dis il faut avoir du caractère !
Avez-vous des projets de scènes pour le pays ?
Tout à fait, j’envisage d’y aller pour la promotion de mon album à la maison. Je vous informe que j’y suis réclamée y compris par des pasteurs qui m’ont téléphonée de Kinshasa, de Lubumbashi et des deux Kasaï. De toute façon, je souhaite retourner en RDC car en tant qu’artiste les possibilités de s’exprimer sont réduites.
Y aurait-il des chanteurs ou des chanteuses qui auraient suscité ou conforté votre vocation ? Des modèles en quelque sorte.
Jésus christ est mon modèle number one (rires)… La musique de papa Alain Moloto m’inspire beaucoup mais j’aime tous ceux qui font du bon gospel (rires)
Comment vous y prenez-vous pour écrire vos chansons ?
Pour l’instant, c’est mon frère Jérémie Muamba qui compose et écrit mes chansons, mais rassurez-vous il m’a déjà montré comment composer des chansons, si Dieu le veut vous serez surpris par mon prochain album (rires)
Merci pour cette interview émaillée de nombreux rires…
Ça a été une grande épreuve pour moi. Je voudrais par ailleurs signaler que je suis aussi chanteuse au sein du groupe Zamar de Yahweh Shammah Ministry et je dirai “ Shaloom ” aux pasteurs et à ceux qui m’aiment au pays. Je n’oublie pas dans les remerciements mon père Anaclet Madimba, ma mère Charlotte Kabedi, ma conseillère Maman Mimi Kianga, ma secrétaire Rebecca Kabamba, Dieudonné Mukendi, Jérémie Muamba mon frère, la grande équipe de Kin Express particulièrement Papa Antoine Katoto, Popaul Kapinga, et tous ceux qui m’aiment sans oublier les lecteurs d’Afriqu’Echos Magazine partout au monde.
Serge Tungila Muanza / AEM / MMC
Last edited: 14/07/2008 16:04:12