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Bonjour | 02/12/2008 16:10 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les militaires du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) de Laurent Nkunda se sont emparés des pâturages et du bétail du Masisi. Ils assurent eux-mêmes la garde. Travailleurs et propriétaires n’y ont plus accès et se retrouvent au chômage. Sur les marches, les produits laitiers et la viande sont de plus en plus chers. Au sortir de la localité de Sake, des chaînes de collines surplombent la route boueuse, difficilement praticable, qui va de Goma à Masisi. De longues herbes poussent sur les espaces verts qui servaient naguère de pâturages à des milliers de têtes de bétail. Depuis décembre dernier, en effet, la guerre entre les militaires du CNDP de Lau­rent Nkunda et les éléments des For­ces Armées de la République Démo­cratique du Congo (FARDC) n’a pas seulement déplacé de très nombreu­ses personnes. Les militaires des deux camps se sont accaparés le bétail et ont pillé toutes les récoltes qu’ils ont trouvées dans les plantations.

Les hommes de Laurent Nkunda, qui ont fini par prendre le dessus, ont récupéré les vaches abandonnées par leurs propriétaires dans les pâtura­ges. “ Ils se sont emparés de tous les animaux. Vaches, chèvres, moutons, porcs... tous ont été emportés, expli­que Wetemwami Mwamba, activiste de la Société civile à Sake. Aucun pâ­turage n’a été épargné, excepté ceux des proches du mouvement de Lau­rent Nkunda.

Aujourd’hui, un grand nombre de troupeaux sont concentrés dans les localités de Kirolirwe et Kichanga, con­trôlées par le CNDP. Les quelques ra­res fermiers locaux qui demeurent sur leurs terres ont été contraints de con­fier le reste de leurs troupeaux à Lau­rent Nkunda pour que ses hommes en assurent la sécurité. En échange, ils doivent payer cette garde chaque semaine en nature et en argent à des coûts qui varient selon les besoins de ce mouvement.

Des militaires pour garder les troupeaux

Arme à la main, en tenue militaire, Patrick B. est assis sur un tronc d’ar­bre à l’entrée d’une ferme à Kirolirwe. “ Nous sommes ici pour assurer la garde de toutes ces vaches que vous voyez ”, dit-il, bien qu’il ne sache pas à qui elles appartiennent. A l’intérieur de la ferme, des dizaines d’autres mi­litaires, bâton en main, courent der­rière les vaches pour les amener à la rivière.

A une quinzaine de kilomètres de là, cinq militaires stationnent à l’entrée d’une autre ferme. A l’intérieur, près d’une dizaine de personnes en tenue civile conduisent le troupeau. “ Ce ne sont pas des civils, affirme une habi­tante qui attend de s’approvisionner en lait. Tous sont des militaires, malgré leur tenue ”. Dans ces pâturages, seuls les hommes de Laurent Nkunda peuvent faire paître les troupeaux.

Dans la seule contrée de Mushaki, près de trois cents personnes se retrou­vent de ce fait au chômage. “ Depuis le mois de décembre 2007, avec douze de mes collègues, nous sommes sans travail les sept cents vaches et porcs qui étaient gardés dans notre pâtu­rage ont été emportés en partie par les FARDC, le reste par les éléments du CNDP ”, témoigne un ancien de la ferme de Matanda, sur la route Sake-­Masisi. “ Aujourd’hui, ajoute-t-il, je vis dans le camp de déplacés de Mugun­ga, je ne fais plus rien et mes enfants ne sont plus scolarisés ”.

Lait et viande plus chers

Depuis ces affrontements, produits laitiers et viande deviennent de plus en plus rares sur les marchés de Sake et de Mushaki. “ Les hommes de Lau­rent Nkunda contrôlent et réglemen­tent tout, jusqu’à la commercialisation de la viande et des produits laitiers. Très peu de bouchers ont accès à cette zone pour y acheter de la vian­de. Seuls des vendeurs favorables au CNDP peuvent y acheter du lait et le revendre à Sake et à Goma ”, expli­que Wetemwami Mwamba.

Le prix de 5 litres de lait frais est passé de 400 à 1.000 Fc (de 0,72 à 1,82 $) et un kilo de viande de 1.200 à 2.200 Fc (de 2,2 à 4 $). “ Avant, j’achetais 50 à 100 litres de fait frais par jour, affirme une commerçante de Goma. Aujourd’hui trouver 40 litres est devenu un exploit ”. A la Société d’abattage de Goma “ Gabago ”, “ les vaches se font rares ”. “ L’an dernier ” on en abattait près d’un millier par Se­maine. Aujourd’hui trois fois moins ”, précise une bouchère au marché de Goma.

(Milor)

Patient Ndoole/Journal du Citoyen

Last edited: 14/07/2008 15:24:42

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