Environ cinq millions d’Euros, c’est la somme d’argent qui, jusqu’aujourd’hui, sommeille dans les banques suisses. Ceci au moment où le gouvernement Gizenga ne rate aucune occasion pour solliciter, auprès de ses partenaires au développement, les contributions nécessaires à la réalisation de son programme annuel.

Cette information a été livrée à la presse par M. Bruno Tinel du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) lors d’un échange d’information vendredi dernier Pourtant le gouvernement suisse avait demandé à la Rdc dénommer un plénipotentiaire qui aurait comme tâche essentielle d’enclencher les procédures judiciaires dans l’objectif de recouvrer cette somme d’argent contribution importante à la réalisation des cinq chantiers du peuple.
Comme tout le monde sait la procédure judiciaire suisse prévoit une entraide judiciaire aux pays dont la justice a été ruinée par la guerre et dont la Rdc pouvait bien tirer profit. Aussi, il revenait à la Rdc de faire officiellement une demande comme exige la procédure judiciaire suisse en cette matière. A ce jour, la Rdc a 5 mois pour se conformer à cette exigence. Au cas contraire le gouvernement suisse se verra dans obligation de verser cette importante somme d’argent aux héritiers Mobutu.
L’attitude du gouvernement suisse est à apprécier, mais elle suscite certaines questions, comme celle de l’intérêt ou de la motivation. Il faut reconnaître que 32 ans durant, la Rdc (ex Zaire) était gérée par une dictature qui a pourtant bénéficié du soutien des principaux bailleurs de fonds notamment la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les clubs de Paris et de Londres, certaines banques privées, etc.
Au-delà de toutes ces considérations, pense l’expert du CADTM, la raison tient au fait que la dette congolaise est illégitime. En effet, les dettes illégitimes sont celles qui découlent de prêts illégitimes. Les prêts illégitimes dissimulent, financent ou entraînent des conduites, mécanismes ou phénomènes qui, à court, moyen ou long terme, attentent au développement de la vie digne pour chacun des personnes qui habitent la planète ou mettent en danger la coexistence pacifique entre les peuples.
Dans la majorité des cas, ces prêts, lors de leur contrat ou de leur négociation dans ce qu’ils financent ou dans leurs effets reproduisent ou génèrent des phénomènes, mécanismes ou comportement, à l’identité ou le droit de vivre dans un environnement sain. Parmi de tels phénomènes, on trouve oppression des peuples, le génocide, les guerres impérialistes, la corruption, la distribution inégale de la richesse, la création de pauvreté, l’arbitraire, etc. Faits pour lesquels le régime Mobutu n’est pas épargné.
La dette congolaise avoisinerait 20 milliards de dollars
A ce jour, la Rdc fait partie prenante du mécanisme en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) dont le DSRP est unique document de base. Ce DSRP est reconnu aujourd’hui comme une nouvelle forme de la justement structurel des années 80. Aux termes de ce mécanisme environ 14 milliards de dollars du régime Mobutu doivent être effacés. Mais C’est la conclusion de la dernière mission du FMI en Rdc qui laisse encore planer de doute Entre-temps, la Rdc avec le partenaire chinois a conclu un accord qui porte sur 9 milliards de dollars (somme qui pourrait rapidement passer à 14 milliards) dont 6 milliards seront consacrés à des travaux d’infrastructures et 3 à la relance du secteur minier.
C’est ce qui pousse certains observateurs à conclure que la Rdc risque de se retrouver avec une ardoise de plus de 20 milliards de dollars que la génération future sera obligée de rembourser. Et pourtant, 20% du budget 2008 de la Rdc est déjà destiné au remboursement de la dette publique extérieure. Ceci au préjudice de la population congolaise. Le gouvernement congolais est donc en droit de refuser le remboursement de la dette dans la mesure où le droit international souligne qu’aucun gouvernement ne peut être obligé de payer une dette qui serait illicite
(Ern.)Jean-Marie Nkambua/L’Avenir
Last edited: 14/07/2008 15:19:11