10. A la suite du Pape Benoît XVI dans son message au sommet de la FAO à Rome, nous affirmons que “ La faim et la malnutrition ne sont pas des fatalités. Ce qui manque ce sont des décisions courageuses et des reformes profondes ”.
Engagements fermes
Le droit à l’alimentation répond principalement à une motivation éthique. “ Ce droit fondamental, rappelle le Pape, est intrinsèquement lié à la sauvegarde et à la défense de la vie humaine, roc solide et inviolable sur lequel est fondé l’édifice de droits humains ”. Toute personne a droit à la vie.
Ainsi, il est légitimement attendu du Gouvernement de :
- promouvoir la mise en œuvre effective d’un tel droit. L’Etat doit aider les populations qui souffrent de manque de nourriture à devenir graduellement capables de satisfaire leurs exigences d’une alimentation suffisante et saine ;
- veiller qu’une tension salariale équitable fasse partie du mécanisme légal et des pratiques de la solidarité nationale ;
- s’engager à verser régulièrement le salaire du personnel de la Fonction publique ;
- reprendre de toute urgence un programme de production agro-pastorale de base avec relance des industries de production et de transformation. Il est urgent de remettre la population au travail agricole.
11. En matière sécuritaire, nous demandons :
- la restauration et la consolidation de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ;
- la constitution urgente d’une vraie armée républicaine. Que le gouvernement publie un chronogramme à ce sujet avec une volonté ferme de le respecter ;
- la pression de la communauté internationale sur les chefs de guerre qui maintiennent en otages leurs hommes de troupes et les populations civiles ;
- l’engagement réel de tous les partenaires dans la résolution, selon le droit international, du problème des réfugiés rwandais.
12. En matière d’éducation civique, nous recommandons :
- la reprise du programme d’éducation civique axée sur la participation des citoyens à la gouvernance locale et le lancement de toute urgence d’un programme national de lutte contre la corruption ;
- la poursuite de l’éducation aux valeurs en famille, à l’école, dans les médias et dans un environnement moralement sain.
13. En matière d’exploitation de ressources naturelles:
- Nous attendons de l’Etat l’engagement ferme de poursuivre dans la transparence la renégociation des contrats milliers dans l’intérêt du peuple congolais ;
- Nous avons suivi de près le dossier de la signature du protocole d’accord et celle de la convention de collaboration entre la RD Congo et le Groupement des entreprises chinoises (22 avril 2008). Vu l’importance de cet investissement, nous demandons aux autorités de notre pays, de veiller à ce que cette convention puisse améliorer effectivement les infrastructures et générer des nombreux emplois, favoriser le transfert des technologies, assurer la formation, impliquer les populations locales afin que leur bien être social et économique (article 127 du règlement minier) soit garanti ;
- Nous nous engageons pour notre part à œuvrer pour la sensibilisation de la population en ce qui concerne son implication et sa responsabilité dans la gestion des ressources naturelles. De plus notre commission ad hoc travaille à la publication d’un Vade-mecum du citoyen congolais pour Conclusion : Au peuple congolais pour la gestion des ressources naturelles. Ce document aura pour objectif de rappeler les comportements à observer en face de l’exploitant et des structures étatiques qui gèrent le dossier des exploitations et favoriser la concertation entre les populations locales, les autorités publiques et les exploitants miniers, pétroliers et forestiers. Il visera également à tracer la voie pour une prise en charge de cette problématique par l’ensemble du peuple congolais.
14. Réveillons-nous ! L’heure de nous mettre au travail a sonné. Il n’est plus question des ajournements. Nous avons souvent subi notre destin, il est temps de choisir de bâtir notre destinée. La tâche est certes immense, les défis à relever innombrables, les obstacles majeurs, mais ne succombons pas à la tentation du défaitisme.
Gardons l’espérance qui seule peut nous mobiliser en vue d’affronter notre pénible présent et envisager l’avenir avec optimisme et réalisme, lucidité et responsabilité. Celui qui espère, affirme le Pape Benoît XVI, vit différemment ; une vie nouvelle lui a déjà été donnée.
15. C’est cette espérance qui nous convainc que “ notre histoire présente ne reste pas fermée sur elle-même, mais elle est ouverte au Règne de Dieu. C’est pourquoi ni le désespoir ni le fatalisme ne peuvent être justifiés quant à l’avenir... ”.
Notre préoccupation majeure est d’inviter les gouvernants et le peuple congolais dans son ensemble à réfléchir sans complaisance sur la qualité du patrimoine que nous léguerons à la postérité. La République est un patrimoine qu’on ne peut se permettre de léguer de manière quelconque à nos enfants. A l’horizon du jubilé d’or de l’indépendance, il est temps de nous réveiller pour apporter aux générations à venir non plus un Congo de pleurs et de larmes, de divisions et de guerres mais un Congo de paix et de justice, de réconciliation et de fraternité. Tout le monde doit prendre sa part de responsabilité pour bâtir ensemble ce grand et beau Congo.
Qu’en cette année dédiée au Bienheureux Isidore Bakanja, témoin courageux du Christ en tout lieu et en toute circonstance, confiants en l’amour maternel de la Vierge Marie, Reine de la Paix, Notre-Dame du Congo et NotreDame de l’Espérance, de nombreux fils et filles de notre peuple se mobilisent pour gagner le pari de la construction de notre pays.
Que Dieu bénisse et protège la RD Congo.
(Milor)Le Potentiel
Last edited: 19/07/2008 15:51:49