On a beau déplorer le silence de cathédrale affiché par le Gouvernement de la République face aux multiples recommandations de l’Assemblée Nationale. Tous les rapports des missions d’enquêtes parlementaires diligentées à travers la République - Kahemba. Bas -­Congo. Katanda.... - se sont clôturés par les recommandations qui moisissent jusqu’alors, on le sait, dans les tiroirs du Gouvernement.

Cette situation maintes fois décriée par les Députés constitue, a n’en point douter, un goulot d’étranglement pour le bon fonctionnement des institutions. Sauf que du côté de l’opinion publique congolaise, l’on sait faire la part des choses entre la tâche du Parlement et celle de l’Exécutif. Mais là n’est pas  la préoccupation du moment.

En effet, au cours de sa séance plénière de mercredi 03 octobre 2007, l’Assemblée Nationale avait décidé, à la suite de la motion initiée par l’Honorable Bonyoma Falanga Jacques, de mettre sur pied une Commission d’enquête parlementaire sur le vol des câbles électriques perpétré à Kisangani et à Yangambi dans la Province Orientale. Il n’est pas superflu d’indiquer que cette décision a été traduite par la Résolution n° 0039/ AN/COM. ENQ/2007 prise en date du 12 novembre 2007 portant création de la commission d’enquête, laquelle commission a été concrétisée par l’ordre de mission n°00187/2007 du 12 novembre de la même année.

Outre Kisangani et Yangambi, dans la Province Orientale, la commission d’enquête s’était rendue dans le Katanga aux fins d’y rencontrer le Général Padiri, alors commandant de la 9ème Région militaire. Ce haut officier des Fardc aujourd’hui muté au Katanga, a été nommément cité par plusieurs personnes interrogées tout au long de l’enquête tant à Kisangani qu’à Yangambi.

De la synthèse des réponses données pas le général Padiri, la commission retient que l’autorité militaire, bien que reconnaissant avoir entendu parler de ce vol des câbles, a cependant rejeté toutes les accusations quant à son implication dans l’organisation et/ou la planification dudit vol. Le  Général  Padiri a regretté d’être cité dans cette sale affaire, lui qui a arête les militaires et policiers impliqués dans le dossier.

En définitive, a-t-il indiqué, il a combattu énergiquement la vente des câbles électriques sur toute l’étendue de la Province Orientale. Devant cette réalité, la Commission a recommandé au Gouvernement de lancer des avis de recherche en vue retrouver la nommée Annie Lowa présentée comme une copine au général et citée comme une des pièces maîtresses de cette opération.

Responsabilités

Les responsabilités ont été établies à tous les niveaux du réseau mafieux qui s’étend à travers toute la Province Orientale et même jusqu’au pays voisns, en l’occurrence l’Ouganda.

Au terme de l’audition du rapport, le Président V. Kamerhe ne s’est pas empêché de s’exclamer : “ C’est très grave et même dramatique ! ”. Des agents de l’ordre (militaires, policiers), autorités civiles…

Il est avéré que le mal est profond. “ Nous sommes dans une situation où les sentinelles chargées de garder les biens, volent ces biens ”, a déclaré le Président de la Chambre basse du Parlement en faisant constater en outre que les 90% de voleurs de câbles sont des autochtones. Au cours du débat chaud qui s’en est suivi, il s’est dégagé la nette volonté d’établir toutes les responsabilités, afin de châtier sévèrement les coupables.

A cet effet, la plénière a même opté pour le renforcement des sanctions. Car, comment expliquer qu’au moment où le bradage du patrimoine national est constaté, l’impunité soit érigée en mode de gestion. Au point que les personnes punies à Kisangani ou à Yangambi, se retrouvent aux affaires à Kinshasa.

Parmi les sanctions envisagées se trouvent en bonne place la révocation et la mise aux arrêts de tous ceux dont la responsabilité aura été établie. En fouillant même parmi les responsables des Cours et tribunaux impliqués les anciens membres de cabinet du gouverneur de province jusqu’au niveau de la Snel...

Recommandations, Résolutions

Le président de l’Assemblée nationale qui a bien apprécié le caractère fouillé de cette enquête a cependant déploré qu’elle soit seulement sanctionnée par des recommandations qu’il a lui-même qualifiée de faibles. Au regard de l’ampleur de la destruction constatée à Kisangani et à Yangambi et au terme du débat, la plénière a formulé des recommandations- dont les unes sous formes des résolutions au gouvernement.

Il va également falloir pour le gouvernement de récupérer ce qui peut l’être en rapport avec la réhabilitation de Yangambi. Il a dans ce cadre été demandé aux responsables de l’Inera d’apprêter un dossier pour sa relance.

Si toutes les autres recommandations de la Commission ont été adoptées, le chapitre concernant les sanctions - renforcées
- à plus dominé la chute de cette plénière. Mais, en respectant le principe de la présomption d’innocence et des lois de la République, notamment pour les magistrats et les responsables au niveau de l’armée et de la police.

La pénalité envisagée - arrestation et révocation - ne concerne que ceux qui ont été entendus et dont la responsabilité a été établie.

(Ern.)

Le Palmarès