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Bonjour | 11/10/2008 23:01 | English Make DC Home page | RSS feed

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Initiative de Comesa, le projet Recos vise la suppression des droits de douane à tous les produits ne dépassant pas 500 $ Usd par produit et par personne. Pourquoi le Comesa a-t-il commencé par la frontière à problème alors que la Rdc a neuf frontières particulièrement plus viables ? Le Rwanda est cité dans un rapport de la Banque mondiale comme un exemple de bonne gouvernance en matière particulièrement de la stabilité politique. Et pourtant, ce pays se dit menacé par les Fdlr actuellement en territoire congolais dans la partie Est. Si le Rwanda est stable, c’est parce que ce pays n’a plus été sous la menace directe des rebelles ou de l’opposition interne. C’est une preuve de plus que ses voisins, particulièrement la Rdc, lui ont facilité la tâche. Tous les pays de la région ne peuvent dire avoir la même chance.

La Rdc n’a pas de paix dans sa partie Est. La part du Rwanda dans cette insécurité n’a jamais été démentie, même si dans certains milieux, particulièrement de la Monuc et des chancelleries occidentales, on en fait un tabou. Puisqu’il peut être démontré que les rebelles rwandais n’inquiète plus le gouvernement de Kigali, si ce n’est que pour demander leur droit de participer à la vie politique de leur pays, il faut chercher ailleurs les motivations de la volonté rwandaise d’attiser le feu au Kivu de façon permanente. Le Rwanda est aujourd’hui la plaque tournante de l’exportation illégale des ressources naturelles de la Rdc.

Lors d’une rencontre organisée par NDI avec dix partis politiques congolais à Goma, il nous avait été dit que la banane produite au Kivu est vendue au vil prix au Rwanda, et retraverse la frontière pour être revendue au Kivu à deux ou trois fois plus cher. Cette situation ne perdure que parce que le Kivu dans la hantise de la guerre, reste isolé de l’ensemble de la Rdc. Kigali alors devient la destination la plus proche. Il y a des comptoirs pour la vente de diamant, d’or à Kinshasa, capitale de la Rdc, mais aucun comptoir de coltan, ressource naturelle dont la Rdc est pourtant productrice. Qui sont les acheteurs du coltan ? Où oeuvrent-ils ?

En quoi la stabilité politique du Rwanda ?

Si le Kivu est totalement pacifié, il sera possible que des avions décollent en toute sécurité pour Kinshasa. Ce sera un manque à gagner pour les destinations actuelles de ce minerai. Kigali ne veut donc pas “ manger ” la stabilité politique. Il a plutôt besoin de l’instabilité en Rdc pour donner un sens à cette stabilité. En termes clairs, on peut dire que le Rwanda se nourrit de la crise en Rdc. C’est pourquoi ce pays a toujours refusé toute normalisation avec Kinshasa, si ce n’est que dans des discours de bonnes intentions. Mais, chaque fois qu’il est question de passer à la concrétisation, Kigali trouve toujours un moyen subtil de s’en dérober.

C’est ainsi que Kigali s’est éloigné de la Francophonie où il pouvait avoir un cas de conscience à l’idée qu’il pourrait continuer à déstabiliser un pays membre de cette organisation qui fait de la fraternité un de ses principes fondateurs. Le Rwanda traîne également le pied dans la relance de la Cepgl. C’est pourtant un cadre approprié pour les trois pays des Grands Lacs pour résoudre tous les problèmes qui touchent non seulement à leur développement, mais aussi et surtout à leur sécurité. La Cepgl devrait être le cadre où Kigali poserait le problème des Interahamwe et autres Fdlr alors que Kinshasa poserait celui de Nkundabatware et son Cndp.

Lorsque Kinshasa convie ses voisins à la Conférence de paix de Goma, Kigali décline l’offre non sans arrogance, estimant que ce qui se passe au Kivu, serait un problème exclusivement congolo-congolais. Tout le monde sait pourtant que cela n’est pas vrai. On peut se demander ce qui a changé pour que l’attitude de Kigali change.

Le forum de Goma

En effet, il nous revient qu’une quarantaine de participants, officiels et petits commerçants venus de deux pays, prennent part à un forum international à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. La même source signale que le but de ce forum est de trouver des “ stratégies susceptibles de faciliter le commerce entre la RDC et le Rwanda ”. C’est presque sans grande publicité que les travaux ont été. Mais voilà que Kigali répond, non sans empressement à l’invitation de Comesa pour parler de commerce transfrontalier entre lui et la Rdc. Compte tenue des offres déclinées dans le passé, jeudi dernier, se sont poursuivis pour se clôturer hier. Les participants ont examiné un document intitulé “ Régime simplifié du commerce frontalier ” (“ Recos ”), proposé par le Comesa.

Le document préconise entre autres, la suppression, “ dans un avenir très proche, de tous les droits de douane sur les produits de commerce ne pouvant pas dépasser 500 USD par personne et par traversée ”. Il s’agit certes d’une phase de sensibilisation, mais très importante pour les attitudes à adopter demain.

Malheureusement, dans ce genre de dossier, les Congolais se mettent parfois dans la position de tout accepter. Et ceux qui se chargent d’accepter au nom de soixante millions de Congolais, le font parfois pour des raisons égoïstes ou parfois pour plaire à certaines puissances extérieures. Pourquoi le Rwanda a-t-il le droit de dire non au nom des intérêts de “ stabilité politique ”, alors que la Rdc doit, elle, se comporter comme un pays sans droits ? La motivation que présente la coordinatrice du projet “ Recos ”, Mme Sophie Monnet, n’est pas une raison pour la Rdc de se jeter dans ce projet la tête en avant, les yeux fermés.

Des avantages trompe-l’œil

Pour elle, “ Le commerce au service de la paix ” au sein du Comesa, explique, en marge de ce forum, la part de l’Etat avec la suppression des droits de douane : “ Environ 30% des produits qui transitaient entre la RDC et les pays voisins étaient enregistrés, ça veut dire, seulement 30% d’entrées de revenus dans les caisses nationales de l’Etat. Si on facilite le commerce transfrontalier, les commerçants vont avoir tendance à passer dans le formel plutôt que dans l’informel. Et plutôt que d’être à 30% dans les données qui vont être enregistrées, on va peut-être atteindre, 60, 70 ou 80%... Donc, ce n’est pas le fait de limiter les taxes sur les produits qui sont transités, c’est le fait qu’on va mieux connaître les volumes qui sont transités, qui seront mieux enregistrés, et que les revenus dans les caisses de l’Etat seront plus importants tout comme les bénéfices pour les petits commerçants seront aussi plus importants. C’est un challenge gagnant-gagnant : l’Etat gagne, et les communautés locales et les commerçants transfrontaliers gagnent aussi. ”

Qui sensibiliser ?

Le temps où quelques individus engageaient le pays à l’issue d’un forum d’experts est révolu. Désormais, le peuple congolais a le droit d’être largement informé sur les engagements que le pays prend surtout lorsqu’il s’agit des partenaires à problème comme le Rwanda. Les relations avec ce pays ont endeuillé des familles et continuent à en endeuiller davantage que l’on puisse, à l’issue d’un forum oublier qu’en supprimant les droits de douane, ce qui équivaudrait à supprimer les frontières, peut signifier source d’instabilité pour la Rdc. Au moment où les frontières existent, on ne sait pas qui fait entrer quoi et surtout qui est qui, qu’en sera-t-il après la suppression des frontières ?

Le flux de migrations des Rwandais en Rdc, particulièrement à tel point qu’à ce jour on ne sait plus qui est Congolais, qui est réfugié ou infiltré rwandais, a été et reste une source d’instabilité dans cette partie de la Rdc. Alors que le Congo a des frontières avec neuf voisins, pourquoi le Comesa ne commence-t-il que par la frontière à problème ? La séance de jeudi, apprend-on de bonne source, a abouti à la mise en place d’une liste commune des produits qui seront concernés par le “ Recos ”. Cela s’appelle aller vite en besogne.

Car, à notre avis, la sensibilisation devrait commencer par chercher à obtenir l’adhésion des Congolais à ce projet. Au lieu de passer rapidement à une liste des produits, on devrait plutôt penser à résoudre les problèmes actuels à cette frontière. Parmi ces problèmes figurent en bonne position le trafic d’armes, les exportations illégales des ressources naturelles de la Rdc, le mouvement des soldats rwandais toujours portés à se mettre au service de leurs bases avancées en territoire congolais à travers Nkundabatware et son Cndp.

Le forum s’est clôturé vendredi sans qu’on ait entendu quelque chose du genre. Tout s’est passé comme si entre le Rwanda et la Rdc c’était des relations normales. Il revient à la société civile du Kivu et de la Rdc en général d’ouvrir l’œil et le bon. On a déjà le ver dans le fruit. Il ne faut pas en introduire davantage.

Joachim Diana G./L’Avenir

Last edited: 14/07/2008 12:06:07

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