Daniel Botethi Loleke, député provincial et fils d’un général de l’armée congolaise, a été tué par des militaires de l’armée congolaise. Mais à l’audience du mardi 8 juillet 2008, les avocats de la défense ont argué que par mégarde, le garde du corps Kankonde, policier de son état, aurait tiré sur son chef. Thèse réfuté par le ministère public.

Député et vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, l’honorable Daniel Botethi Loleke a été abattu par des soldats inciviques dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 juillet 2008. Le procès sur son meurtre se déroule en ce moment au tribunal militaire de garnison de Kinshasa Ngaliema. Mais les violons ne s’accordent pas entre le ministère public, la partie civile d’une part, et les avocats de la défense d’autre part, sur l’identité de l’auteur matériel de ce décès.
Pour le collectif des avocats de la défense dont les ténors sont Mes Théodore Mukendi, Kazadi et Serge Bokanga la balle meurtrière doit être partie de l’arme du garde du corps Kankonde wa Kankonde. D’autant plus qu’il y a eu un échange des tirs croisés. Aussi, ils se sont étonnés de la double casquette de ce policier. Arrivé d’abord comme prévenu, il a ensuite été présenté par l’organe de la loi comme témoin, avant de se constituer partie civile. Justement à propos de son cas, son avocat a sollicité qu’il soit remis en liberté pour rejoindre sa famille. Mais le président du tribunal militaire, le capitaine Patty Sangwa a décidé que ce policier reste dans l’état où le tribunal l’a trouvé. Ce sont là les aléas du métier de garde du corps...
Devant le tribunal. l’avocat du prévenu Junior Susungu a dit ceci : “ Kankonde, cité comme témoin à charge, a été converti en partie civile. Il faut une expertise en balistique.
Car, en sortant de la voiture cette nuit là, Kankonde continuait à tirer à bout portant, mais on trouve une balle encastrée dans sa tête. Que l’expert nous détermine la portée de l’arme. Car, la balle a été tirée à une distance relativement courte. C’est-à-dire à moins d’un décamètre. Elle aurait donc dû ressortir de l’autre côté de la tête. Ces prévenus sont encore présumés innocent. Et aucun témoin ne vous a dit qui a tiré la balle ”.
Dans cette ambiance surchauffée, un avocat de la partie civile a demandé la parole pour dire: “ Nous sommes un peu énervé par la défense. Il est établi que ce sont les assaillant qui ont déposé la pierre sur la voie. Ceci, avec l’intention de donner la mort à qui ? Nous n’avons donc pas besoin de ce doute ”.
En bon maître des débats, le président du tribunal militaire a départagé les deux parties en ces termes : “ Il faudrait d’abord attendre les rapports de l’expert en balistique et du médecin légiste. Et déterminer si l’arme du prévenu Inoki se trouve bel et bien dans son unité ”. Le conseil du policier Kankonde en a profité pour formuler cette demande : “ Notre client est partie civile et prisonnier : Qu’il soit remis en liberté. Démarche qui n’a pas abouti, le capitaine magistrat lui a répondu ainsi “ votre client restera dans l’état où le tribunal l’a trouvé ”
Il faudrait dire qu’au cours de cette audience, l’avocat de Susungu s’est inscrit en faux contre la déposition du directeur de la prison Dido Kitungwa. En effet, ce dernier a affirmé que Junior Susungu est un soldat qui avait été condamné en 2002 pour vol à main armée. Ce qui a étonné cet avocat. Car, a-t-il dit, ce garçon de dix-neuf ans qui gère une cabine téléphonique n’avait que douze ans en 2002 et fréquentait l’école primaire. En plus, il n’a jamais fait une quelconque prison. Main sur le cœur, il a sollicité à ce qu’on appelle son directeur d’école, afin qu’il vienne le confirmer avec palmarès à l’appui.
L’autre cas qui a attiré l’attention est celui du prévenu Patrick Mwewa: D’abord dans sa présentation, il a dit au tribunal qu’il est père de deux enfants, dont le premier est âgé de neuf mois, et le deuxième de quatre mois, Tous issus de la même femme. Autre détail : ce prévenu a dit que dans la nuit du samedi 5 juillet, il allait rendre visite à son grand frère à cause de son enfant malade. Mais invité par le ministère public pour confirmer ces dires, Musenge Kisupa Taty, le grand frère en question qui est plutôt un cousin germain a dit qu’il connaît son cousin prévenu sous le nom de Tilip Mwewa, et non Patrick. Ensuite, il a déclaré que depuis sept ans qu’il habite Binza-Delvaux, son cousin n’a jamais mis les pieds chez lui. Par contre, il est connu dans la famille comme un grand malfaiteur.
(Ern.)Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
Last edited: 14/07/2008 12:03:58