La situation sécuritaire reste incertaine et volatile au Nord- Kivu, en dépit de la mise en œuvre du Programme Amani. Le mardi 9 juillet 2008, des éléments du CNDP de Laurent Nkunda sont tombés dans une embuscade tendue par les combattants Maï-Maï de Pareco dans la localité de Kabingo.

Deux équipes de patrouille des éléments du CNDP de Laurent Nkunda sont tombées mardi dernier dans une embuscade du Pareco, dans la localité de Kabingo, non loin de Neungu, à environ 60 kilomètres au Sud-Ouest de Goma, dans le Nord Kivu rapporte radiookapi.net.
Selon certaines sources de la Monuc à Goma, une quarantaine d’éléments CNDP auraient été blessés dans cette embuscade. Le président du mouvement Pareco a confirmé l’information. Sendugu Museveni a affirmé que ces éléments CNDP ont violé le territoire sous leur contrôle avec objectif de récolter les haricots dans les champs des paysans.
D’après lui, une dizaine d’éléments CNDP blessés et pris en otage par les combattants Pareco suivent les soins dans un poste de santé à Nkokwe, une localité située à 25 kilomètres à l’ouest de Ngungu. Quant au porte-parole du CNDP, il ne confirme pas la nouvelle.
Dernièrement, les localités de Kirolirwe et Kitchanga dans le Masisi ont été le théâtre des affrontements entre groupes armés à propos des pâturages pour lesquels les prix du bétail a connu une hausse exagérée sur les marchés de Sake et de Mushake.
A noter que les délégués du CNDP n’ont pas participé aux récents travaux de la sous-commission militaire de la commission technique mixte Paix et sécurité, boycottant ainsi le processus mise en œuvre par le Programme Amani.
Au moment où les recommandations des travaux exhortaient les groupes armés à déclarer leurs effectifs, les volumes et types de leurs effectifs, les armements et la localisation de leurs combattants, il est regrettable que l’on puisse noter que des incidents majeurs impliquant les insurgés du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et les Patriotes résistants congolais (PARECO) puissent fragiliser le processus. Parmi ces incidents, il y a des échanges de tirs, des harcèlements, des pillages et extorsion d’argent par des deux groupes auxquels se greffent les combattants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda.
Le CNDP a annoncé ce jeudi sa participation prochaine aux activités de la cellule de désengagement de la sous-commission militaire et de la commission technique mixte paix et sécurité.
Cette annonce du CNIDP a été faite à la presse locale à l’issue d’une communication de l’abbé Apollinaire Malumalu, aux membres de la commission. Le coordonnateur du programme Amani a transmis les arrêtés portant désignation des membres des structures provinciales du Nord et Sud-Kivu, de la sous-commission militaire mixte à la commission technique mixte paix et sécurité du programme Amani.
Le CNDP se dit satisfait de la mise en place de ces structures. Mais, il relève tout de certaines irrégularités dans ces arrêtés. René Abandi, porte-parole du CNDP, explique la position de son mouvement : “ Je crois que nous venons, à chaud, de recevoir la surprise. C’est parce que le nom du général Laurent Nkunda était proposé, et il n’est pas sorti. Ce qu’on a mis au pourvoir, ce n’est pas ce qu’on avait demandé, ni ce à quoi on s’attendait. Je suis heureux de voir qu’au moins d’autres cellules, ont été constituées, et qu’elles vont se mettre au travail. ”
Pour le coordonnateur national du programme, l’Abbé Malu Malu, il n’y a plus de raisons que les groupes armés engagés dans le processus de paix constituent des blocages dans le désengagement de leurs troupes respectives: “ Nous étions jusqu’à présent, dans le cessez-le- feu. Le désengagement, c’est entre les différents groupes. Je peux vous assurer que quiconque va encore essayer de s’aventurer, on doit le contraindre à ne pas violer cela. Mais les commissions sont devant un défi, et qu’on passe au désengagement. Pour le moment, nous attendons un signe fort de la commission technique mixte paix et sécurité. Ce sont eux qui doivent donner le ton. Et je peux vous dire qu’il faut qu’il laissent suffisamment d’espace pour qu’on ne puisse plus entrer dans un jeu de provocation, parce que la population en a marre ”.
Ces arrêtés du ministre d’Etat en charge de 1’intérieur, décentralisation et sécurité ont été remis individuellement aux membres des groupes armés. Mais, cela, en l’absence des forces fédéralistes républicaines, FRF, du Sud-Kivu.
(Ern.)Radiookapi.net/Le Potentiel
Last edited: 11/07/2008 15:08:31