Les bavures de la Monuc ne sont plus à compter au bout des doigts d’une seule main. Hier, c’était les abus sexuels. Aujourd’hui, on n’est pas loin de la confirmation des allégations des confrères de BBC.

Les bavures de la Monuc ne sont plus à compter au bout des doigts d’une seule main. Hier, c’était les abus sexuels. Aujourd’hui, on n’est pas loin de la confirmation des allégations des confrères de BBC. On a épilogué sur les quatre mille hommes du Cndp qui seraient capables de mettre en déroute plus d’une dizaine de milliers des soldats de l’armée nationale congolaise. La débâcle de Mushake restera longtemps gravée dans la mémoire des Congolais. L’affaire Saroha démontre combien il est difficile d’avoir comme partenaires dans une guerre des amis et des alliés de son ennemi.
A notre avis, il serait important que l’on fasse une enquête sur la mission de l’Onu en Rdc dans son ensemble. Il s’est passé des choses à l’Est de la Rdc, il en passe encore des choses. Beaucoup se passeront encore demain tant que la Monuc restera dans ce pays. On doit cesser de distraire l’opinion avec des enquêtes internes sans lendemain. Par où sont passées les Ong de Droits de l’homme pour mettre à nu l’un des plus grands scandales de notre époque ?
Que fait-on de l’argent des contribuables à travers la mission soi-disant de paix en Rdc ? Le désaveu de la Monuc des propos de cet officier indien est un réflexe d’un homme pris en flagrant délit. A quel niveau se situe l’irresponsabilité des propos de l’officier indien ? Est-ce le fait d’avoir dit ce qu’il a dit, ou d’avoir dit haut ce que beaucoup de soldats de la Monuc se disent tout bas ? Il y a des preuves irréfutables. On en trouverait davantage pas une enquête autre que celle de la Monuc qui enquête sur la Monuc. De qui se moque-t-on ?
L’officier indien a fait ses déclarations sur son amour pour Nkundabatware au moment de dire les adieux à ce dernier. Comprenez que les soldats de la Monuc fin mandat vont rendre leurs civilités à Nkunda. Pendant ce temps, le chef d’Etat-Major de Nkunda, recherché par la Cpi ne peut être livré par la volonté de Nkunda. Peut-être est-il, lui aussi parmi ceux qui serrent la main des officiers de la Monuc de passage au fief Du Cndp. Le colonel Saroha s’est éclaté au moment des adieux.
Que n’avait-il pas fait avant ? En effet, dans un enregistrement, l’officier indien qualifie Nkunda de “ frère ” qui “ combat pour une noble cause ” et qui est “ prêt au sacrifice ” à l’instar des “ vrais révolutionnaires ”. Et Nkunda n’y est pas allé par quatre chemins : “ Merci pour ton amitié et ton soutien. Tu nous as énormément aidés ”. Qui peut encore démentir les allégations de BBC et le constat de tous les observateurs attentifs ?
Bien plus, le colonel Saroha rappelle qu’il n’était “ pas officiellement autorisé à rencontrer ” les rebelles, mais dit avoir été impressionné par leur “ discipline ” et leur “ bonne conduite ”, avant de décorer Laurent Nkunda d’une “ médaille d’honneur ”. Dans quel monde sommes-nous ? Il n’y a qu’au Congo que de telles choses peuvent arriver. Si vous êtes Congolais et vous aimez ce pays, méditez sur cette vérité. C’est cet officier indien qui commandait les unités de la Monuc à Sake.
A cette époque, les Fardc venaient de lancer une offensive contre le CNDP. Les Fardc avaient battu en retraite devant le Cndp pendant que ce colonel était dans la localité de Sake. Que dire sinon que le BSCI est sur la bonne voie. Car, dans un rapport confidentiel de février 2008, le BSCI fait état d’allégations “ très sérieuses ” selon lesquelles “ des membres du bataillon indien (de la Monuc) fournissaient de la nourriture, des munitions et de l’information au général Laurent Nkunda ”. Peut-on avoir la paix avec la Monuc ?
Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 12/07/2008 12:08:01