Un vrai pavé dans la marre. Les sympathisants du chef rebelle du CNDP Laurent Nkunda à la Monuc se dévoilent.
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“ No Nkunda, no job ” cette rengaine rapportée des années durant par de nombreux voyageur en provenance de Goma, a fini par se révéler au fil de temps, non comme une invention de l’esprit, ni un slogan lancé pour amuser la galerie, mais un état d’esprit assez répandu dans les milieux des humanitaires oeuvrant au Nord Kivu.
En effet, pour les organisations humanitaires présentes sur le théâtre des affrontements entre les troupes du général déchu Laurent Nkunda et les éléments des Fardc dans les montagnes du Nord Kivu, les activités du Congrès national pour la défense du peuple ont servi bien des intérêts.
L’on comprend dès lors que tous les incidents armés enregistrés dans les hauteurs de Masisi, Minembwe et autres localités assiégées par les troupes du CNDP, avec leur cohorte des conséquences dont la comptabilité macabre, le nombre des blessés et des malades, le déplacement massif des populations, suscitaient un élan de solidarité de la communauté internationale. Ils procuraient ainsi des emplois au vaste réseau des humanitaires déployés sur le terrain.
D’où la rébellion de Laurent Nkunda offrait des prétextes pour l’organisation des forums et des conférences sur la situation préoccupante à l’Est de la Rdc et la mobilisation d’importants moyens en faveur des malades, des blessés et des déplacés.
L’on s’imagine ainsi que pour opérer dans ces zones de conflits récurrents, les humanitaires avaient besoin d’un soutien du CNDP, ainsi que de sa collaboration.
Le général Nkunda jouissait du soutien d’un officier de la Monuc
Alors que les multiples actions militaires menées par les Fardc contre lui et ses hommes n’aboutissaient pas à les déloger du territoire congolais, l’on se perdait en conjectures pour chercher à comprendre quel soutien pouvait bénéficier le général déchu qui continuait non seulement à trôner dans les hauteurs de Masisi, mais narguait les autorités de Kinshasa.

Ce qui paraissait jusque-là, comme un canular, a fini un beau matin, par créer un grand scandale : Un officier de l’Onu dévoile son soutien à Laurent Nkunda.
Pour la petite histoire, c’est en mi-avril, au cours de la cérémonie d’adieu que le colonel indien Chand Saroha, commandant d’unité au Nord Kivu, au terme d’une année de service en Rdc, a affiché publiquement toute sa sympathie à l’égard de l’homme fort de Kitchanga.
A cette occasion, un enregistrement radio de cette manifestation a fourni aux responsables de la Monuc, comme l’a indiqué à l’Afp, le porte-parole de cette mission, Kemal Saïki, des éléments de preuve difficilement irréfutables.
Au moment où la Monuc ouvrait immédiatement une enquête sur cette affaire, on reproche à cet officier de nationalité indienne d’avoir traité le général déchu de “ frère ”, qui combat pour une noble cause et qui est prêt au sacrifice à l’instar des vrais révolutionnaires.
En réponse à ce message, rapporte Kemal Saïki, le chef du CNDP a remercié l’officier indien pour son amitié et son soutien, avant d’ajouter qu’il les a énormément aidés.
Toujours dans cet enregistrement, on relève d’autre part que le colonel Chand Saroha a rappelé qu’il n’était pas officiellement autorisé à rencontrer les rebelles. Il dira qu’il fut impressionné par leur discipline et leur bonne conduite. Cette cérémonie s’est terminée par la décoration du général déchu de la médaille d’honneur.
Des déclarations contraires à l’éthique de la mission et à son impartialité

Ces enregistrements dévoilent ainsi et au grand jour, tout le soutien que Laurent Nkunda a toujours bénéficié de cet officier de la Monuc et peut-être de tant d’autres avant le colonel Chand Saroha.
A la Monuc, la réaction ne s’est pas fait attendre, comme on pouvait s’imaginer. En effet, les responsables de cette mission de l’Onu en Rdc ont immédiatement désavoué les propos qualifiés de personnels de cet officier qui commandait l’unité des Casques bleus déployée à Sake, jadis érigé en verrou stratégique situé à 30 Km de Goma.
Par la même occasion, ils ont jugé ces déclarations de contraires à l’esprit et la lettre du mandat de la mission de maintien de la paix de l’Onu en Rdc. Des déclarations faites à l’insu de sa hiérarchie militaire, en violation et en contradiction totale avec les résolutions du Conseil de sécurité, ainsi que du mandat de la mission de l’Onu en Rdc. La Monuc qui a aussitôt contacté les autorités congolaises, au plus haut niveau, leur a réitéré son plein soutien.
(Ern.)J.R.T./Le Phare
Last edited: 12/07/2008 12:06:04