Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 06/09/2008 2:26 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
La promulgation par le Chef de l’Etat des lois votées au Parlement et concernant la restructuration des entreprises publiques matérialise enfin l’assainissement appelé de tous les vœux de la gestion du portefeuille de la RDC et du coup s’impose la bonne application de nouvelles dispositions envisagées dans ce secteur clé de la vie nationale. Quatre lois sur la réforme des entreprises publiques, déjà discutées et adoptées au Parlement (Sénat et Assemblée Nationale), ont été pro­mulguées lundi par le Chef de l’Etat. Elles sont appelées à soutendre une nouvelle configuration du Portefeuille de l’Etat. De manière ramassée, il est question que ne soient revêtues du statut d’en­treprises publiques que celles opérant réellement dans le domaine à mar­chand  et qui présentent des garanties certaines de viabilité. La rumeur signale dans le lot la Gécamines, la Miba, la Ré­gideso, l’Okimo, la Snel, l’Onatra, l’OCC, la RVA, la RVF, la RVM, l’Ogefrem, etc.

S’agissant de toutes celles qui vivaient jusque-là uniquement de la collecte d’impôts et taxes, elles de­vraient rejoindre la DGI, la DGE et la DGRAD dans la loge des Directions géné­rales ” de leurs ministères de tutelle technique. On laisse entendre que les nou­velles dispositions devraient toucher l’Ofida, le CEEC, le FPI, la Sonas, voire l’OCC. Quant aux “  canards boiteux ”, tous secteurs con­fondus, l’Etat a décidé de se désengager totalement de leur gestion. Cela veut dire, en d’autres termes, qu’il va leur être appliqué la cure de la privatisation ”. Naturellement, les regards se tournent vers l’OCPT, les LAC, la Cinat, la CMDC, la Codeco, etc.

Retour à la gestion étati­que : des raisons de s’in­quiéter

Ce qui fait le plus peur dans la volonté des dé­cideurs congolais de retou­cher, de fond en comble, la configuration du Portefeuille de l’Etat, c’est le retour de toutes les régies financières et de certaines entreprises à caractère technico-com­mercial sous la coupe des cabinets ministériels. Bien que les expériences tentées avec la DGI (Direction Gé­nérale des impôts), la DGE (Direction générale des En­treprises) et la DGRAD (Di­rection générale des Recet­tes Administratives, Doma­niales et de Participation) semblent prometteuses, l’on s’inquiète sérieusement du sort qui serait celui de l’Ofida, du CEEC, du FPI, de la Sonas et surtout de
l’OCC.

L’on s’interroge sur le bien-fondé de cette réfor­me pour des régies financiè­res ou des services publics dans lesquels les manda­taires de l’Etat alignent des records de recettes qui re­lèvent pratiquement du “  miracle ”. Il est bizarre que ces îlots de prospérité et de fierté nationales soient recasés dans l’administra­tion publique dont personne n’ignore la lenteur, l’apathie et les contre-performances en matière de gestion fi­nancière et de maintenance technique.

Pourtant, on sait qu’à l’origine, ces “  entre­prises publiques ” que l’on veut ramener au niveau des directions des ministères avaient été éloignées de la mainmise des cabinets mi­nistériels pour les mettre à l’abri des ponctions finan­cières intempestives et des conflits de compétences en­tre les ministres et les hauts fonctionnaires placés à leur tête. Lorsque l’on pense aux relations conflictuelles qui prévalent actuellement en­tre les mandataires publics et leurs tutelles tant tech­nique qu’administrative, en dépit de l’autonomie finan­cière reconnue à leurs en­treprises, l’on peut imaginer le gâchis financier à venir. D’où, l’on peut se demander si l’Etat propriétaire n’aurait pas signé anticipativement l’arrêt de mort de ses pou­les aux oeufs d’or que sont encore l’Ofida, le CEEC, le FPI, la Sonas et l’OCC.

L’OCC : un cas préoccu­pant

L’opinion nationale a l’impression que chaque fois que l’Office Congolais de Contrôle (OCC) est cité sur les tablettes du gouver­nement ce temps dernier, ce n’est pas pour une promes­se de redynamisation de ses activités. Bien au con­traire, pour le cas présent, une confusion voulue par ses fossoyeurs le présente comme une régie financière opérant illégalement dans le secteur de la douane, sans plus.

Pourtant, à la diffé­rence d’une régie financière classique, L’OCC est presta­taire des services dans son volet consacré au contrôle de qualité et de conformité des produits à l’importation comme à l’exportation. A travers ses laboratoires spécialisés et l’expertise de son personnel, il rend aux opérateurs économiques et autres importateurs comme exportateurs des services payants, différents du travail de collecte des taxes et des impôts. Avant de récolter en aval dans la chaîne du “ guichet unique ”, l’OCC doit fournir un travail en aval.

Ce travail est d’autant “ stratégique ” que la santé des millions de Congolais en dépend. Sans les contrôles de qualité et de conformité, la RDC serait entièrement transformée en dépotoir international des déchets alimentaires, phar­maceutiques et autres. Il saute aux yeux de tout com­patriote réellement nationa­liste que sa réduction en une direction de l’Ofida ou du ministère du Commerce Extérieur encore de celui des Finances lui ôterait l’ef­ficacité qu’on lui reconnaît encore aujourd’hui.

Visiblement, le gou­vernement congolais offre l’image d’une structure in­capable de renégocier les termes de son partenariat avec le FMI et la Banque Mondiale, qui condamnent à mort des milliers de pères et mères de familles oeuvrant au sein de L’OCC et, par ri­cochet, des millions de filles et fils de ce pays laissés à la merci de toutes les “  pour­ritures ” en provenance de l’Occident.

Vive le chômage !

L’autre sujet d’inquiétude en rapport avec la réforme des entreprises du Portefeuille concerne la taille qu’elles devraient prendre en matière de res­sources humaines. Les an­nales de l’histoire nationale renseignent que générale­ment, “ réforme ” rime avec de graissage du personnel. Aussi, les observateurs avertis parient qu’une fois transformée en directions administratives des mi­nistères, l’Ofida, l’OCC, la Sonas, le FPI, le CEEC subiraient fatalement des suppressions massives d’emploi au sein d’une ad­ministration publique déjà pléthorique. Alors que l’un des cinq chantiers du Chef de l’Etat s’articule autour de la lutte contre le chômage, c’est le résultat contraire que risquent de produire “ l’étatisation ” des régies fi­nancières et la privatisation des “ canards boiteux ”.

Aux Lignes Aé­riennes Congolaises (Lac) par exemple, le partenaire choisi par le gouvernement pour la relance de ses ac­tivités d’exploitation a déjà annoncé les couleurs en fixant le plafond des unités à employer à 400 contre un total actuel de 1.800 cadres et agents. On se souvient qu’à la Gécamines, la cure d’amaigrissement avait ré­duit les effectifs de 24.000 à environ 5.000.

Lueur d’espoir

Au milieu du désar­roi qui commence à gagner les milieux des travailleurs congolais du secteur du Portefeuille, une lueur d’es­poir pointe à l’horizon. Le Phare a appris que les lois signées par Joseph Kabila ne seraient pas d’applica­tion immédiate. Un “ moratoire ” non écrit d’environ 12 mois serait observé, le temps pour le gouverne­ment de dresser la liste des entreprises publiques à soumettre aux différents schémas de restructuration, dans le sens de l’étatisation ou de la privatisation.

Une fois que toutes les données auront été réu­nies au sujet de chacune de celles jugées éligibles à la réforme, les propositions de “ reclassement ” seraient discutées et adoptées en Conseil des ministres, avant leur transfert à l’Assemblée Nationale et au Sénat pour lever des options définitives.

Il est à espérer que cette procédure sera respectée et que la représentation nationale se fera un point d’honneur pour privilégier les intérêt­s de la République et ceux des compatriotes qui croient se rendre utiles à la partie à partir de leurs prestations au sein des entreprises publiques.

(Milor)

Kimp./Le Phare

Last edited: 10/07/2008 17:10:40

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067