La tension politique au sein de la majorité présidentielle n’est plus dissimulable tellement la course vers la primature donnée vacante à cause l’immobilisme qui y est constatée a emballé les prétentions des clans concurrentiels au point que leur bataille de l’ombre explose de plus en plus au grand jour.
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Climat délétère au sein de la majorité. Les différentes écuries de la mouvance présidentielle ont dégainé. Non pas contre le camp adverse. Il s’agit plutôt d’un combat fratricide. Les articles de presse au vitriol ne renseignent que sur la partie visible de l’iceberg. Patron de la majorité, Joseph Kabila se trouve en situation d’arbitre dans ce qui a tout l’air d’une querelle de chapelles.
Signe que la guerre de clans fait rage dans la majorité, même l’assassinat du député provincial MLC Botethi n’a pu occulter la chronique sur la course déclarée à la Primature. La perspective – vraie ou fausse – du départ du Premier ministre Gizenga met à nues les manœuvres d’appareils sans concessions qui agitent le camp présidentiel.
Au PPRD, à l’AMP et au lointain Palu, la guerre de succession semble déjà enclenchée. Au niveau des barons de la majorité, tout le monde suspecte tout le monde. Chacun des ténors de l’AMP et alliés, voit en l’autre, un primaturable et donc un adversaire à abattre.
Donné par certaines sources pour probable remplaçant d’Antoine Gizenga, Vital Kamerhe est dans le collimateur de ses “ rivaux ” internes. L’artillerie lourde mobilisée contre le président de l’Assemblée nationale suffit à prouver par l’absurde que le “ scénario Kamerhe à la primature ” n’est pas une vue de l’esprit ou une invention médiatique. Sinon, certains faiseurs de rois dans la galaxie kabiliste ne s’en seraient pas formalisés à ce point !
Alors le très dynamique “ Vital ” à la Primature, ballon d’essai ou fuite organisée d’une “ information sensible ” ? Difficile de répondre. Toujours est-il que dans l’hypothèse de plus en plus vraisemblable d’une retraite voulue du Patriarche Gizenga, la présidence du Gouvernement – comme le disent les Espagnols – ne saurait être confiée à une personnalité de second plan.
Or Vital Kamerhe, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, a su se donner de l’envergure. Profitant du perchoir, l’élu de Bukavu s’est confectionné des habits d’homme d’Etat – cela plaît aux chancelleries occidentales – d’homme de synthèse – un clin d’œil à l’opposition – et d’antidote au malaise social. La recette semble s’être avérée d’autant plus payante que d’autres pools du pouvoir issu des urnes ne font pas montre d’autant d’entregent que Kamerhe. Même si au passage l’hyper-présidence de Vital Kamerhe empiète de temps en temps sur les prérogatives d’autres institutions.
Seulement voilà, parrain d’une des écuries de la mouvance présidentielle, l’ancien secrétaire général du PPRD ne devrait guère se douter que sa citation comme primaturable allait déclencher l’ire de ses adversaires. En Kabilie comme dans nombre des pouvoirs, tout est affaire de chapelles. Seulement, l’avènement de Kabila fils, dans des circonstances particulières, a ravivé la guerre des clans. Produit de l’armée et propulsé par un cas de force majeure à la tête de l’Etat, Joseph Kabila a dû composer avec plusieurs races de collaborateurs dont certains étaient déjà à la manœuvre avec son père. Lesquels ont tôt fait de s’ériger en mandarins du nouveau pouvoir.
La transition n’y a rien fait. Et visiblement les élections n’ont pas pu avoir raison de tous ces ténors qui constituent la garde rapprochée du Raïs.
Elu au perchoir, Vital Kamerhe n’est plus, par la force des choses, en situation de tenir sa permanence dans le saint des saints du pouvoir. Et la nature ayant horreur du vide, la chapelle de Kamerhe est officiée par quelqu’un d’autre. Moralité, l’ancien propagandiste en chef du PPRD a certes gagné en galon. Mais, il paraît avoir perdu en influence dans le précarré du fait de ses absences lors des grand-messes. Les mauvaises langues parleraient des “ messes noires ”.
Reste qu’à mi-parcours du quinquennat, le Raïs serait bien inspiré de décréter la trêve dans la guérilla au sein de sa famille politique. Car, le second bail au Palais de la Nation dépendra de la mandature actuelle. Et le possible successeur du mythique Gizenga ne réussira que si d’abord la caution Palu reste intacte. Sans les adeptes du Gourou de Gungu, on ne voit pas comment l’AMP tiendrait politiquement la capitale.
En plus, le prochain Premier ministre devrait consacrer tout son temps à gouverner. Ce qui suppose, au préalable, un cessez-le-feu suivi de la paix des braves entre différentes écuries de la Kabilie.
(Yes)José Nawej/Forum des As
Last edited: 10/07/2008 14:30:35