Liberté provisoire – conditionnée – de Thomas Lubanga, refus de celle-ci pour Jean-Pierre Bemba, qui a été contraint bien malgré lui, de prendre ses quartiers à Scheveningen, sa nouvelle prison (définitive ?) après avoir passé un bref séjour à celle de Saint Gilles, à Bruxelles.

Même s’il a lui-même souhaité son transfèrement à La Haye pour en finir avec une détention provisoire qui n’en finissait pas de finir en Belgique, la liberté lui ayant été refusée, Bemba peut-il espérer l’arracher à ses juges de la CPI devant lesquels il comparaît depuis le vendredi 04 juillet? Rien n’est moins sûr. Malgré l’optimisme et la sérénité dont il ferait preuve, selon son avocat Me Kilolo, alors qu’il était transféré à La Haye.
Tenu pour responsable de “ crimes de guerre ” et “ crimes contre l’humanité ” perpétrés en 2002 et 2003 à Bangui (République Centrafricaine), Jean-Pierre Bemba a désormais, face à ses juges, la possibilité de prouver son innocence.
Comme un noyé qui tente toujours de s’accrocher même à une feuille morte en pleine mer, Bemba se laisserait-il condamner seul ? Difficile d’envisager une telle éventualité - catastrophe. Aussi, ce “ gros poisson ” comme l’a qualifié Colette Braeckman dans l’édition du “ Soir ” de vendredi dernier, tentera-t-il, selon notre consœur, d’éclabousser “ ses amis et complices de l’époque, même si par la suite ils ont pris leurs distances ou rompu avec lui ”.
Qui sont-ils ?
Ici aussi, il faut absolument être dans les secrets de “ Igwé ” pour le savoir. Dans tous les cas de figure, ses alliés d’hier du temps où il pontifiait sur le territoire de “ sa ” république à Gbadolite ne pourront pas ignorer la convocation du très pointilleux Moreno Ocampo, procureur de la CPI. Pour répondre, ne fût-ce qu’au titre de témoin à charge ou à décharge.
C’est autant dire, pour emprunter à la journaliste belge autoproclamée comme ses nombreux prédécesseurs Francis Monheim, Etienne Thiange et Etienne Ugeux notamment “ spécialistes ” des questions congolaises, ce retour sur l’histoire devrait aussi faire trembler d’anciens officiers de M. Bemba, aujourd’hui intégrés dans la nouvelle armée congolaise, ainsi que des personnalités politiques de premier plan qui sont aujourd’hui des leaders de l’opposition sous la bannière (ou en dehors: NDLR) du MLC, ou même des poids lourds du gouvernement. Suivez mon regard !
Des vagues en perspective. Avant que le MLC ne prenne eau de toutes parts. En attendant, face à ses juges de l’audience du vendredi dernier qui a duré une vingtaine de minutes, Bemba s’est contenté de déclarer: “ Je n’ai rien à signaler pour le moment ”. Il compte néanmoins formuler oralement une demande de remise en liberté provisoire après avoir obtenu les documents contenant les charges retenues contre lui.
Parions!
(Ern.)Jeff Kalambaie/Uhuru
Last edited: 10/07/2008 10:21:38