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Assassinat du député Botethi : Qui condamne-t-on ?

Kinshasa, 08/07/2008 / Politique
L’Assassinat de Daniel Botethi, député provincial, membre du MLC et vice-président de l’institution parlementaire provinciale, on ne cessera pas d’en parler de si tôt. On dirait même que tout ne vient que de commencer. Avec le procès qui s’est ouvert  au camp Kokolo à Kinshasa, la chronique judiciaire de cet événement va pendant longtemps focaliser l’attention de l’opinion. On constate que, unanimement, tout le monde condamne le crime qui a arraché le jeune député à l’affection des siens. Du Mlc jusqu’aux partis politiques membres de la majorité au pouvoir, en passant par le Rcd et les alliés de l’Odr, tout le monde condamne le crime.

Tout le monde condamne le gou­vernement de ne pas prendre des mesures pour sécuriser ce périmè­tre. C’est une façon de ramener le problème de l’insécurité au niveau de ce quartier de la commune de Ngaliema. Par là, on voudrait dé­montrer que s’il est difficile de sécuriser tout le pays, on peut quand même sécuriser le périmètre de l’hôtel Okapi.

On parle du gouvernement sans préciser de quel gouvernement il s’agit. C’est cela le problème à Kinshasa. Siège des institutions nationales, Kinshasa est une ville province avec les prérogatives d’une province. Malheureuse­ment, on ne sait pas par où com­mencent les responsabilités de la ville- province et où s’arrête le re­gard du gouvernement central. Généralement, les ministres du gouvernement central ont tendance à considérer la capitale comme le pays en miniature. Ré­duisant ainsi leur vision de l’Etat, ils croient que Kinshasa c’est le Congo. Ainsi s’ingèrent-ils dans les affaires de la ville- province.

Celle-ci en souffre. Mais elle sait aussi en tirer bénéfice. C’est le cas aujourd’hui. A qui revient la sécurisation de la ville-province de Kinshasa ? Cette difficulté ne se fait remarquer, pas seulement au niveau du gouvernement cen­tral et du gouvernement de la pro­vince. Il en est de même des hié­rarchies militaires et policières. Pas étonnant que dans  le cas de l’assassinat du député provincial, les condamnations vont au gouvernement central. Cela permet au gouvernement provincial, non pas de rire sous cape, mais de se met­tre du côté des spectateurs, voire des accusateurs.

Et le gouverne­ment central n’y réfléchit pas de fois pour estimer que ne pas as­sumer les critiques, serait une dé­mission. On a appris les mesures prises par le gouvernement en vue de sécuriser le secteur de l’Hôtel Okapi. Pourquoi le gouvernement de Kinshasa ne se laverait-il pas les mains ?

Mais, le gouvernement central est-il outillé ? A-t-il des structures qui lui permettent d’agir au-dessus du gouverne­ment provincial sans consacrer le dysfonctionnement des institu­tions de l’Etat dans la capitale ? Car, quand on ne sait pas qui doit faire quoi, il s’ensuit un relâche­ment, chacun attendant la réaction de chacun. C’est ici l’impor­tance des textes sur la décentrali­sation qui doivent préciser et bien départager les responsabilités. Les débats sur le partage des re­cettes devraient nécessairement se faire accompagner des débats sur le partage clair des responsa­bilités.

Cette réflexion n’est pas une esquive, une excuse, mais une interpellation. Ceux qui con­damnent le gouvernement sans dire lequel le fait à dessein. En général, la critique s’adresse au pouvoir en place, à la majorité qui est parfois distraite. Dans la mesure où, gouvernement provincial et central appartiennent au même bord politique, la condamnation s’adresse à tout le monde. De­main, c’est également à tout le monde que l’on demandera des comptes. Il est temps d’agir, alors de façon efficace et urgente.

(Milor)

Joachim Diana G./L’Avenir

Last edited: 08/07/2008 16:18:43

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