Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 02/12/2008 21:46 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
Papy Kibonge, ancien ex-Colonel de l’Armée de Libération du Congo (ALC) du MLC a rendu visite au Soft International. Ancien officier des services de renseignement du MLC, il raconte, la haine visible, ce qu’il a été y faire. Ce qu’il y a vu.

C’est un témoin clé qui avoue : J’ai des choses à dire à la CPI et prophétisait déjà : Politiquement, il ne reste que quelques mois à Bemba pour exister. Sans se faire aucune illusion : S’il est élu Président de ce pays, je n’aurais qu’un choix : aller en Europe et changer de nationalité, ou me replier chez moi au Maniema et créer une branche armée pour lutter contre son pouvoir féroce. Nous attirons la spéciale attention de nos lecteurs sur le fait que les révélations accablantes que nous publions aujourd’hui sont des extraits de l’interview de l’ex-Colonel Papy Kibonge publié sous le titre de « Crimes perpétrés en Centrafrique », Kibonge revient de la CPI où il a témoigné dans le Soft International n° 866, daté du 4 juillet 2006, c’est-à-dire quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle en Rdc. Toutefois devant le rebondissement que connaît l’affaire Bemba devant la CPI, ces révélations rocambolesques restent encore d’actualité.

Papy Kibonge, ancien MLC, ancien de son armée de libération, ALC, a rendu visite au « Soft International ». Il raconté, la haine visible, ce qu’il a été y faire. Ce qu’il y a vu. C’est un témoin clé qui avoue : « J’ai des choses à dire à la CPI » et prophétisait déjà : « Politiquement, il ne reste que quelques mois à Bemba pour exister ». Sans se faire aucune illusion : « S’il est élu Président de ce pays, je n’aurais qu’un choix : aller en Europe et changer de nationalité, ou me replier chez moi au Maniema et créer une branche armée
pour lutter contre son pouvoir féroce ».

Vous avez été à la Haye. Une ONG Convention Congolaise contre l’impunité, vous a invité. Qui préside cette ONG ?

Un certain Eric Kalumba. Je l’ai rencontré à Paris. Et il m’a invité à La Haye.

Pourquoi cette ONG soutient-elle la plainte d’un chef d’Etat étranger contre un acteur politique r-dcongolais ?

je crois que cela rentre dans le cadre de son cahier des charges. En tout cas, cette ONG a constaté qu’il y a eu beaucoup de crimes impunis au Congo. C’est pourquoi, elle milite pour que tous les leaders politiques au pays ou à l’étranger soient amenés un jour à répondre de leurs actes devant la justice.

Mais nous sommes face à des crimes supposés avoir été commis à l’étranger et non pas sur des R-d Congolais ?
Il y a eu des crimes de guerre commis à l’étranger et aussi au Congo, notamment le cannibalisme signalé en Ituri. Compte tenu de mes convictions    personnelles, j’estime que la seule façon de lutter efficacement contre la violence en Afrique, c’est de combattre l’impunité.

Etes-vous bien placé pour vous en prendre à JP. Bemba ou lui cherchez-vous des poux sur la tête ?

Je ne peux pas continuer de tirer sur un corbillard. Politiquement, il ne reste que quelques mois à Bemba pour exister. Bientôt, il va répondre de ses actes devant les tribunaux. Cependant, je dis que ce garçon est dangereux pour l’avenir de tout un peuple. Voilà pourquoi je m’investis, non pas pour combattre l’homme, mais le système qu’il veut incarner dans ce pays. Il s’agit d’un système dictatorial et maffieux.

Vous avez participé à l’émergence de ce système ?

J’ai été dans l’armée de libération de Bemba, je suis allé aux négociations de Lusaka. j’y ai siégé comme chef de la délégation à la commission militaire mixte, puis au comité politique pendant plus d’une année. A mon retour, j’ai trouvé qu’un système avait émergé et je continue de le combattre jusqu’à ce jour. Des amis tels Karawa et Solo, avec qui nous avons créé le MLC, ont été jetés en prison. Ils commençaient à faire ombrage. On s’est donc retrouvé dans un système dictatorial où Bemba imitait maladroitement Mobutu. Celui-ci avait tué ou jeté en prison la plupart des compagnons de la Révolution. Moi-même j’ai subi le même sort, j’ai été emprisonné pendant huit mois. N’eut été l’intervention des Ougandais, je ne sais pas où je serais aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous oppose à Bemba ?

Les idées, la vision. je ne partage pas la même vision avec Jean-Pierre Bemba. Il ne vise rien d’autre que de mettre le pays sous la main mise d’un réseau maffieux. Je suis parmi les gens qui ont demandé aux jeunes de Bumba, Aketi, Lisala d’adhérer massivement à l’Armée de libération du Congo.

Nous disions à ces derniers que nous combattions pour un idéal, celui de l’émergence d’un Etat de droit dans notre pays. Et ces enfants sont morts sur le champ d’honneur pour qu’il y ait un vrai changement. A voir tout ce que Bemba fait, je me dis qu’il est en train de trahir la mémoire de tous ces jeunes gens.

Vous avez-vous découvert cette mission après avoir quitté le MLC ?

Tout en étant dans le MLC, bien sûr... C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de partir du MLC en 2002.

C’est vous dire que je n’étais plus d’accord avec la ligne dictatoriale instituée par Bemba. Il arrêtait ses compagnons ou éliminait carrément certains officiers qui lui faisaient ombrage, tel le colonel N’sau et Azimangando. Il y a eu beaucoup d’abus que nous avons malheureusement constatés par la suite. Par exemple, les recettes que généraient les services sur les territoires que nous contrôlions étaient directement amenées à l’étranger par François Mwamba, lequel était chargé de les blanchir avec un certain Jean-Pierre, l’homme de main de Bemba à Bruxelles. Pour me résumer, je dirais que je n’ai pas pris les armes pour servir un homme, mais par idéal.

Qui avez-vous vu à La Haye et qu’est-ce que vous avez dit ou entendu là-bas ?

Je dois d’abord dire que ça a été une surprise. Nous y sommes arrivés le mercredi 21 juin, c’est-à-dire le jour où Thomas Lubanga était entendu à la CPI. L’audience étant très confidentielle, j’y ai assisté en étant dans la salle de presse. Il y avait les juges qui posaient des questions. Et devant eux, se tenaient Thomas Lubanga et deux ou trois avocats, apparemment commis d’office. Lubanga a parlé de tout ce qui s’est passé en Ituri. Je dois aussi dire que c’était une audience confidentielle dont je ne peux révéler le contenu. Néanmoins, en ce qui me concerne, l’ONG qui m’a invité voulait que je témoigne sur ce qui s’est passé en Centrafrique. Je rappelle qu’à l’époque des faits, j’étais G2, c’est-à-dire chargé des renseignements militaires. Nous avions eu des contacts avec des personnes dont je tais les noms parce que le dossier n’est pas encore instruit. A La Haye, j’ai dit ce que je savais de cette opération. Le moment venu j’irai témoigner sans problème.

Qu’est-ce que Lubanga a déclaré ?

Lubanga a dit tout ce qu’il savait sur les faits qui lui sont reprochés.

A-t-il cité des personnes actuellement au Congo ?

Bien sûr. Mais je tais leurs noms pour des raisons de confidence et d’ailleurs, le dossier est encore confidentiel. Parfois, on nous coupait le micro quand des noms étaient cités. La presse n’avait pas toujours le son.

Comment voyez-vous le déroulement de ce procès ?

Je pense que c’est un procès qui se déroule en bonne et due forme.

D’après ce que j’ai entendu dans les couloirs, il y a beaucoup de gros poissons, des autorités actuellement dans les institutions de notre pays qui seront appelées à répondre de leurs actes. La liste est longue.

Beaucoup d’autorités en place avez-vous dit ?

Ceux qui se reprochent de quelque chose en Ituri, voire au Congo. Aujourd’hui, la CPI ne veut pas qu’il y ait avant les élections une nouvelle tension. La CPI ne veut pas être un instrument politique pour régler des comptes aux animateurs ou aux candidats censés demain diriger le pays. Il reste qu’après les élections, un gros lot de tous ces gens-là au pouvoir prendre le chemin de La Haye. Je pense à ceux qui ont joué au Congo comme sur un terrain de football, plus particulièrement Jean-Pierre Bemba.

Extraits de l’interview “Crimes perpétrés en Centrafrique, Kibonge revient de la CPI où il a témoigné”, Le Soft International n°866, date 4 juillet 2006.

D. Dadei/Le Soft International


Last edited: 15/07/2008 12:29:32

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067