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Chronique du séjour du Chef de l’Etat à Kananga

Kananga, 05/07/2008 / Politique
Du haut de son demi mètre, c’est sûr qu’elle ne saura jamais, d’elle-même, qu’un certain mercredi 2 juillet 2008, devant le bâtiment de l’aéroport de Kananga côté tarmac, elle s’est tournée et retournée entre les mains d’un chef d’Etat ! Mercredi 2 juillet 2008 : Kabila, mission accomplie…
De rose vêtue, cette petite ange qui, à plusieurs reprises, a embrassé « Tantine Tshala Mwana » avant l’arrivée du cortège présidentiel, amusait l’assistance constituée, essentiellement, d’officiels et d’artistes rentrant sur Kinshasa ; les professionnels des médias s’étant gentiment fait prier de retourner dans leurs hôtels pour revenir le lendemain. Dans la plénitude de son innocence et, surtout, dans la sublimité de sa candeur, le « bout de chou » était loin d’imaginer qu’elle serait dans les minutes suivantes l’attraction de la journée.

« Tout est bien qui finit bien », dit l’adage.

Quelques instants plus tôt, au volant de sa « Range Rover », Joseph Kabila Kabange venait de faire son entrée dans les installations réaménagées de l’aéroport de Kananga grâce à une main d’œuvre combinée « Génie civil de l’armée et de la police et Service national ». Ce service qui a émerveillé 48 heures plus tôt l’assistance lors du défilé avec son calicot « Hier enfant de rue, aujourd’hui bâtisseur ».

Le Chef de l’Etat clôturait ainsi la partie officielle de son séjour dans le chef-lieu du Kasaï Occidental, marqué par plusieurs activités dont, outre ce défilé, le lancement effectif des 5 Chantiers pour la région centrale du Congo.

Quand, en fait, aux environs de 16h00 (une heure de plus à l’Est), l’oiseau blanc « Hewa Bora », frappé de couleurs et armoiries nationales, prend son envol pour Kinshasa (pour les uns), Lubumbashi pour les autres avec, à son bord, trois personnalités parmi les plus proches dont Denis Kalume Numbi (ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité), Raymond Tshibanda (directeur de cabinet du Chef de l’Etat) et Marcellin Cishambo (conseiller principal politique et diplomatique), l’unanimité à se dégager et à s’établir est que Joseph Kabila Kabange a relevé son défi : faire de Kananga le cœur du Congo pour les 48 ans d’Indépendance coïncidant avec le centenaire du pays colonie et du pays indépendant.

L’assistance présente à l’aéroport peut enfin dire au Président de la République : mission accomplie !

Et pour cause !
    
Mardi 1er juillet 2008 : Kabila fait démarrer les 5 Chantiers

Oui : et pour cause !

Joseph Kabila Kabange a lancé ce mardi 1er juillet 2008 deux des 5 Chantiers pour la région Centre du Congo ; deux autres ayant été faits en son nom par le ministre d’Etat à l’Intérieur Denis Kalume.

Il s’agit, pour le chef de l’Etat, du chantier « Electricité/Eau » avec la pose de la première pierre de l’érection du terminal de la ligne haute tension Katende/Kananga (le soutirage devant se faire à partir de Tshimbulu sur la ligne Inga-Kolwezi) et du chantier « Routes » avec le lancement des travaux de la voirie kanangaise à partir de la commune de Nganza. Tandis que pour le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, il s’agit du chantier « Logement »,  avec la présentation de deux maisons-type au village Tshitunta préfigurant les casernes des militaires et des policiers pour les années à venir  et du chantier « Education/Santé », avec le démarrage des travaux de réhabilitation de l’Isp/Kananga.

Naturellement, les quatre Chantiers créent le 5ème, à savoir l’Emploi.

C’est sous le coup de 12h30 (une heure de moins par rapport à Kinshasa) que Joseph Kabila est arrivé dans les installations de la centrale thermique de Kananga. En dix minutes précisément s’est bouclé le cérémonial constitué de mots de circonstance de l’Adg de Snel Yengo, et du ministre de l’Energie Salomon Banamuhere, avec pour point d’orgue la pose de la première pierre faite par le Chef de l’Etat en personne.

Le Président de la République a saisi l’occasion pour visiter les installations de la centrale thermique avant de rejoindre le lieu de lancement des travaux de la voirie urbaine, à Nganza.

C’est à vers 13h00 qu’il est arrivé sur place. L’honneur a, cette fois, échu à son conseiller principal Kimbembe Mazunga, en charge des Infrastructures, de prononcer l’unique mot de circonstance. Rappelant la promesse faite par le Président de la République à la population kanangaise, en août 2007, de mettre à la disposition de l’Office des routes (Or) et de l’Office de voirie et drainage (Ovd) un équipement approprié pour la réhabilitation et l’aménagement du réseau routier, Kimbembe s’est fait le porte-parole des Kasaïens qui estiment qu’avec les engins réceptionnés, « Les 5 Chantiers sont en train d’arriver à Kananga ». Il a renchéri que la jeunesse entend recueillir « les retombées de ce jour en termes d’emploi ».

Marche à pied…

Pendant que le protocole et la presse prenaient la direction du troisième site, le village Tshintuta, Joseph Kabila a plutôt fait demi-tour en revenant, cette fois à pied, sur le parcours qu’il venait de faire en véhicule !

Commencée à Nganza, celle-ci s’est terminée à la résidence du gouverneur ; à quelque trois cents mètres de la sienne. Bain de foule garanti, animé par une population enthousiaste qui chantait, en tshiluba bien sûr, « Il est le Nôtre ; nous sommes allés le prendre ».

Sur son parcours, deux vendeuses kanangaises ont eu la grosse surprise de « leur » vie : une vendeuse ambulante de patates et une tenancière d’échoppe de produits alimentaires locaux. Se passant des dispositions protocolaires et sécuritaires établies, il s’est approché d’elles pour un échange.

C’est à la résidence du gouverneur de province, Trésor Kapuku, qu’il fera escale avant de rentrer à la sienne.

La veille, il venait de faire une grosse surprise à Evariste Boshab. « Voisin » de circonstance, le secrétaire général du Pprd était dans sa résidence lorsqu’il a appris que le chef de l’Etat était à sa porte ! Geste affectueux : Joseph Kabila a pris par la main l’Honorable. Ils ont fait route ensemble jusqu’à sa résidence de Kananga.

Quel message a-t-il cherché à adresser ?

Serait-ce pour le féliciter de la réussite de la mobilisation ? Ou de lui rassurer de sa confiance après l’« incident » de l’aéroport ?

Peut-être les deux…

Lundi 30 juin 2008 : Kabila offre aux Kasaïens un 30 juin mémorable

11h23. Place de l’Indépendance. Il s’est déjà écoulé 8 minutes depuis le go donné pour le défilé présidé par Joseph Kabila Kabange, arrivé sur les lieux une vingtaine de minutes plus tôt. Défilé ayant pris une dizaine de minutes pour la partie dite militaire (Fardc et Police nationale) et plus de trois heures et demi pour la partie civile, avec tout ce que le Congo en général, le Kasaï occidental en particulier, comptent comme forces sociales et politiques.

Le Président de la République a deux raisons d’être heureux. La première est la mobilisation, réussie, de la population en plus de la discipline ayant caractérisé la manifestation. Normal : les Kanangais auront veillé au bon déroulement de leur « 30 juin ». Peut-être le dernier avant les 26 années prochaines, si la rotation avec les 26 provinces issues de la Décentralisation en cours venait à être instituée.

La seconde raison est la présence du corps diplomatique rehaussée de la participation – significative pour l’Histoire certes mais aussi pour la conjoncture actuelle – de M. Herman Van Rompuy et Armand De Decker, présidents de la Chambre des Représentants (Assemblée nationale) et du Sénat de Belgique, conduits à Kananga par leurs homologues congolais Vital Kamerhe et Léon Kengo.

Pour l’Histoire, il sied de rappeler que l’année 2008 marque le centenaire du Congo colonie et du Congo Indépendant. Pour la conjoncture, il y a lieu de relever le coup de froid qui affecte les relations diplomatiques entre Kinshasa et Bruxelles à la suite des propos maladroits de Karel de Gucht. Les indices tendent à lier le déplacement des deux personnalités les plus importantes du royaume de Belgique (après le roi, s’entend), à la recherche des voies d’apaisement et de normalisation.

Aussi, population congolaise de Kananga, diplomates et officiels nationaux, provinciaux, urbains et communaux ont-ils communié, en ce jour sacré du 30 juin, et effectivement sous un soleil doux, le temps de communier ensemble, non pour se ressasser les souvenirs d’un passé démobilisateur, mais pour se rassurer du potentiel positif auquel le présent et l’avenir les convient tous. Indistinctement.

Ce potentiel est perceptible dans les messages exprimés par les forces vives au travers des calicots. En ne prenant que ceux des délégués des provinces, on a pu lire la volonté du Bandundu de « redevenir le grenier agricole de la RDC », du Bas-Congo d’être le « futur pôle économique d’industrialisation » du pays, de l’Equateur de faire valoir sa vocation de « futur réservoir du biocarburant » et de « poumon du monde », du Katanga de « semer le cuivre pour récolter les infrastructures », de Kinshasa de rester la « vitrine de la RDC », du Maniema de se considérer l’« Entité pilote d’évaluation de la dynamique de la décentralisation », du Nord et du Sud-Kivu d’être « En plein combat pour la paix et la démocratie », du Grand Kasaï d’être reconnu comme « Centre du pays et image de marque du Congo » et de la Province Orientale rappelant, sobrement, que « Le Soleil se lève chez nous ».

Avec pour chef d’orchestre Denis Kalume, assisté pour la circonstance – pour le cabinet du chef de l’Etat,  des conseillers principaux Kimbembe Mazunga et Chantal Safu, la manifestation devrait enregistrer 10.642 « défilants ».

Introduite avec trois discours, dont successivement ceux du gouverneur de province Trésor Kapuku, d’un représentant de la jeunesse et du ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, la cérémonie va connaître son apothéose à la présentation d’un échantillon d’engins roulants destinés à la réhabilitation et à l’aménagement de la voirie urbaine de Kananga, engins en provenance d’Afrique du Sud.

A l’applaudimètre, les diplomates et représentants d’institutions internationales présents à Kananga ont certainement circonscrit et pénétré les espoirs suscités dans l’opinion congolaise par les 5 Chantiers !

Ils auront beau dire, le lendemain, et ce par la voix autorisée du Fmi, qu’ils s’accordent six mois pour évaluer l’impact des « contrats chinois » avant tout nouvel engagement dans un programme monétaire, financier et économique avec la RDC, mais l’évidence est là : les Congolais ont besoin de Routes (lisez aussi chemins de fer, ports et aéroports), d’Eau et Electricité, de Santé et Education, de Logement et d’Emploi. Peu importe que ces besoins s’expriment par le vocable « Chantiers », « Reconstruction nationale » ou « Développement ».

Si ces besoins avaient été satisfaits avant l’avènement de Joseph Kabila Kabange à la magistrature suprême en janvier 2001, personne n’aurait envisagé les « contrats chinois ». Si, encore, la reprise de la coopération structurelle en janvier 2001 s’était accompagnée jusqu’en décembre 2006 de réalisations répondant ne serait-ce qu’au quart des mêmes besoins, les « contrats chinois » seraient impensables. Sur ce point précis, il faut avoir le courage de l’admettre : les projets dits à impact visible réalisés sous la direction du Bceco se sont révélés ce qu’ils sont en réalité. Du saupoudrage. Et si, surtout, les promesses préélectorales faites par les partenaires traditionnels avaient connu un début de réalisation au lendemain de l’investiture du président de la République élu (peu importe que ce soit Joseph Kabila Kabange ou un autre), c’est sûr qu’il n’y aurait jamais eu « contrats chinois ».

C’est vrai que là, c’est un autre débat. Clos aussitôt ouvert.

Trois superbes jours

Honorée de jour avec le défilé, la ville de Kananga sera également honorée de nuit. Les Kanangais ne savent pas à quand remonte le dernier feu d’artifices auquel ils ont assisté, tant qu’il y en ait seulement eu au cours de ces 48 dernières années.

Avec une avance d’un quart d’heure par rapport à l’heure prévue (19h00, heure locale), les artificiers ont illuminé et coloré la nuit mémorable du 30 juin 2008.

Au même moment, Place de l’Indépendance, Simarro (avec son Bana OK), Tshala Mwana, Bill Clinton et les Bayuda animaient le bal populaire.

Seule fausse note à cette belle programmation : l’office religieux a été oublié !
Mais, Dieu n’a pas oublié les siens, quand on constate qu’aucun incident malheureux n’a été enregistré au cours de ces trois superbes jours.

Deux hautes autorités belges, en l’occurrence le président de la Chambre des représentants de Belgique, M. Herman Van Rompuy, et son collègue du Sénat, M. Armand De Decker, ont été remarqués aux festivités de la célébration du 48ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo.

Omer Nsongo die Lema/MMC/SL

Last edited: 05/07/2008 17:46:25

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