Le gouvernement central vient de lever une option celle de réunir parfois ses membres en Conseil des ministres aux chefs-lieux des provinces.

Cependant, les décisions prises à l’issue de toutes les rencontres doivent être exécutoires pour plus d’efficacité. D’où l’impérieuse nécessité de passer aux actes. Contrairement à sa tradition, le gouvernement congolais vient de lever une option. Il s’agit de la tenue des réunions du Conseil des ministres dans les chefs-lieux des provinces de la RDC. Une initiative qui permet au gouvernement central de palper du doigt les réalités spécifiques à chaque province.
Depuis le début de la mise en application de cette nouvelle donne, le gouvernement de la troisième République a pris des décisions, allant dans le sens de résoudre un certain nombre de problèmes auxquels les entités provinciales sont confrontées.
Excellente idée, quand on sait que les provinces n’ont pas assez de moyens financiers pour faire face aux multiples problèmes qui se posent sur le terrain. Raison pour laquelle, l’intervention du gouvernement central s’avère indispensable. Pour plus d’efficacité, les décisions prises à l’issue des réunions du Conseil des ministres doivent être exécutoires.
Autonomie des provinces
C’est dans ce contexte que l’on peut encourager la démarche amorcée jusque-là par le gouvernement central. Agir autrement relèverait d’ un simple marketing politique.
Au-delà de la volonté exprimée par le pouvoir central, une remarque s’impose. Il s’agit de la mise en application de l’article 175 de la Constitution qui stipule: « La part des recettes à caractère national allouées aux provinces est établie à 40%. Elle est retenue à la source ». Une fois ces moyens mis à la disposition des provinces, les exécutifs provinciaux auront la possibilité d’amorcer le processus de reconstruction de leurs entités politico-administratives respectives.
Pour rappel, la première province à recevoir les membres du gouvernement central en 2008, c’est le Bas-Congo. Le choix de la ville portuaire de Matadi a été motivé par la situation sécuritaire qui a prévalu dernièrement dans cette partie de la RDC.
L’on se souviendra qu’au mois de mars dernier, les adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK), se sont affrontés, avec les éléments de la Police nationale congolaise dans plusieurs localités et villes du Bas-Congo, dont Matadi, Luozi, Seke-Banza. Muanda... Ces accrochages ont occasionné beaucoup de dégâts matériels importants. Cela, sans compter des pertes en vies humaines.
Dans le souci de rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de la province, le gouvernement central avait décidé de tenir la réunion du Conseil des ministres à Matadi. Et pour cause.
S’enquérir de la situation sécuritaire de la province et prendre des mesures qui s’imposent. Le président de la République, Joseph Kabila et le Premier ministre Antoine Gizenga ont pris une part active à cette réunion.
Après l’étape de Matadi, le deuxième Conseil des ministres s’est tenu à Bandundu, chef-lieu de la province portant le même nom. Au cours de cette rencontre, le gouvernement central s’est appesanti sur la question de développement de la province.
Tenir les promesses
Considéré jadis comme l’un des greniers agricoles du pays, le Bandundu est actuellement parmi les provinces de la RDC qui possèdent des infrastructures routières dans un état de délabrement très avancé.
Conséquence : les cultivateurs éprouvent de difficultés pour écouler les produits de leurs récoltes vers les centres de consommation. Pour pallier ce problème, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures allant dans le sens de la réhabilitation des routes de desserte agricole de la province.
La ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Occidental, choisie pour abriter les festivités marquant le 48ème anniversaire de l’accession de la RDC à la souveraineté, a également servi de cadre à la réunion du Conseil des ministres du 28 juin dernier. Le chef de l’Etat Joseph Kabila, le Premier ministre Antoine Gizenga et les membres du gouvernement ont pris part à cette séance de travail.
L’examen des pistes de solutions aux problèmes du Kasai Occidental a été débattu au cours de ce Conseil des ministres.
Après audition de l’Etat des lieux présentés par le chef de l’exécutif provincial, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures urgentes en faveur de la province. A titre illustratif, le Conseil des ministres a décidé de mettre un lot important de Semences améliorées à la disposition des paysans. Au plan des infrastructures, le gouvernement a plaidé en faveur de la réhabilitation et l’asphaltage de la route Kananga-Tshikapa. Dans le secteur de l’électricité, il est prévu la construction de la centrale hydroélectrique du grand Katende et celle de la station de soutirage de 200 MW de courant électrique sur la ligne haute tension Inga-Kolwezi au niveau de Tshimbulu.
(Milor)Le Potentiel
Last edited: 05/07/2008 11:05:52