Des accrochages ont opposé mercredi et jeudi des miliciens locaux Maï-Maï et des troupes du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkundabatware au Nord-Kivu, dans l'Est de la Rdc, a-t-on appris auprès des belligérants.

Les Maï Maï des Patriotes résistants congolais (Pareco), combattants de milices d’auto défense ISSUS de différentes ethnies locales, et les troupes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de l’ex-général Nkunda se renvoient la responsabilité du déclenchement des hostilités.
Le CNDP nous a attaqué avant hier, hier et aujourd’hui, ils (les combattants) ont voulu traverser la zone tampon à Rubona, Bihula et Nakigano », des localités situées dans le sud du territoire de Masisi à plus de 40 km au sud-ouest de la capitale provinciale Goma, a déclaré à l’AFP Sendugu Museveni, un des responsables des Pareco. « Nous les avons repoussés jusqu’à Kibabi, localité proche située plus au nord, a-t-il ajouté il a affirmé que plusieurs combattants du CND avaient été tués dans ces combats et que quatre éléments du CNDP, dont deux Rwandais (avaient) été capturés » et huit fusils AK-47 saisis.
De son côté, le porte-parole du CNDP René Abandi a affirmé que ses hommes étaient partis récupérer des Vaches volées par le Pareco à Kibabi » et n’avaient fait que réagir à une provocation.
« Nous ne pouvons pas lancer des affrontements (...) alors que nous sommes toujours engagés dans le programme Amani (paix, en swahili) », qui peine à être mis en oeuvre dans la région plus de cinq mois après son lancement, a-t-il soutenu, indiquant n’avoir aucun bilan des récents accrochages.
Le programme Amani a été lancé en janvier après la signature à Goma par tous les groupes armés congolais des Nord et Sud-kivu d’un « acte dégagement » pour la paix, prévoyant un cessez-le-feu immédiat puis un désengagement progressif des troupes sur le terrain avant leur démobilisation.
Mais depuis, des accrochages réguliers se poursuivent notamment au Nord-Kivu, province qui compte à elle seule plus de 850.OO0 déplacés de guerre.
En outre, le processus de paix est bloqué par l’absence du CNDP qui boycotte notamment depuis trois semaines les réunions de la sous-commission militaire du programme.
« Nous attendons la mise en place des structures provinciales (du programme Amani) pour des engagements des troupes, le brassage (processus de démobilisation et réforme), le retour des réfugiés, a expliqué M. Abandi, jugeant inutile de « parler du désengagement alors qu’on attend toujours la nomination des responsables de la structure qui devra le gérer ».
Ces nominations - qui doivent être effectuées par ordonnance présidentielle ou du Premier ministre - sont attendues depuis des semaines.
Pour un observateur international, « le problème, c’est qu’on ne sent pas de volonté d’avancer dans ce processus, ni du côté des rebelles, ni du côté du gouvernement ».
(Milor)Monuc/La Référence Plus
Last edited: 05/07/2008 10:26:39