Constat de scepticisme grandissant de la population de l’Est de la RDC vis-à-vis du Programme Amani sur la pacification des provinces encore sous la férule des chefs de guerre pour autant que les victimes des interminables affrontements ne voient pas d’éclairci de paix réelle.

Six mois après la signature de l’Acte d’engagement mis au point, en janvier 2008, par la Conférence pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord- et le Sud-Kivu, les accrochages sont fréquents entre groupes armés rivaux ou entre ceux-ci et l’Armée nationale.
Pour les populations, soumises continuellement aux déplacements pour raison de sécurité, personne ne croit plus au Programme Amani, censé pourtant amorcer la sécurisation, la pacification et la reconstruction de deux provinces.
Mai et juin ont été témoins de plusieurs violations du cessez-le-feu, mettant particulièrement aux prises les éléments du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de L. Nkunda, les groupes Maï-Maï (Pareco), les rebelles rwandais des FDLR et les Forces armées de la RDC.
Alors que ces affrontements jettent des populations sur les routes, à la recherche d’un asile, les officiels de la République et de la communauté internationale affirment, pince sans rire, que “la paix ne s’obtient pas du jour au lendemain”. Bel optimisme !
Sur le terrain, cependant, la Monuc est informée du recrutement forcé des enfants soldats par les groupes armés. Pendant ce temps, le CNDP et le FRF du Sud-Kivu ont décidé de boycotter, mardi dernier, la reprise des travaux de la sous-commission militaire mixte interprovinciale.
Placée sous la facilitation de la communauté internationale, la sous-commission militaire mixte interprovinciale se propose d’examiner le plan de désengagement des troupes et d’élaborer le plan de brassage, conformément aux engagements signés par les parties prenantes à la Conférence de Goma (8-23 janvier 2008).
Sur papier, le Programme Amani devrait, à terme, permettre le désengagement des troupes et la séparation des groupes armés nationaux des milices étrangères. Mais, face à l’inconstance des signataires de l’Acte d’engagement et au retard pris dans son application intégrale, l’opinion publique s’impatiente et interpelle.
C’est ici que l’ombre du gouvernement central devrait apparaître et s’imposer. Il est inadmissible que d’importants fonds publics aient été décaissés pour organiser la Conférence de Goma, sans résultat au bout du compte. Il est inacceptable que des centaines d’acteurs, aussi bien nationaux qu’il étrange, aient été mobilisés pendant des semaines pour parler en vain de la paix dans les deux Kivu.
Il devient surtout intolérable que des individus quelconques défient les institutions nationale, au seul motif qu’ils gèrent des groupes armés. La diplomatie de la carotte et du bâton ne devrait-elle pas s’appliquer pour mettre un terme à leurs provocations au Nord- et au Sud-Kivu ? Au gouvernement et à la communauté internationale d’agir vite et bien.
Le Potentiel
Last edited: 05/07/2008 14:42:03