Tout est consommé pour JP Bemba. L’ex-vice –président se trouve depuis jeudi au Centre pénitentiaire de La Haye. L’heure est à l’organisation de la défense devant le Procureur de la CPI. La gestion de l’intérim du président national s’impose comme une urgence au MLC.

C’est confirmé. JP Bemba a été effectivement transféré aux alentours de 12h 40 à la Haye, aux Pays-Bas. Un dénouement, somme toute, prévisible au regard de derniers développements dont l’enchaînement enfonçait davantage JP Bemba. La sentence de la cour de cassation de Belgique via son Avocat général qui s’est prononcé pour le rejet du pourvoi en cassation introduit par les avocats de JP Bemba, est tombée tel un couperet. Cette décision est venue, comme qui dirait, annihiler tous les efforts fournis par Me Kilolo et compagnie pour obtenir la mise en liberté provisoire de leur client depuis son interpellation le 24 mai dernier à Bruxelles.
Cette décision avait d’une certaine manière toute la procédure judiciaire liée à la requête de liberté provisoire au bénéfice de JB bemba engagée au niveau des Chambres préliminaires. Ces dernières ,( la chambre des mises en accusation et la cour d’appel), ont de ce fait, vu leurs décisions de rejet de la liberté provisoire du prévenu être entérinée.
Que resterait-il à faire, sinon, l’exécution du transfèrement de l’accusé à La Haye conformément au mandat délivré par la CPI. Tout a donc l’air d’être consommé pour JP Bemba. L’étape de l’instruction de son dossier par les juridictions belges étant arrivée à terme. Nonobstant toutes les assurances fournies par le prévenu de ne pas se soustraire de la justice internationale, mais aussi sa garantie à donner la caution financière requise pour l’obtention de sa liberté provisoire, rien n’a pu convaincre les juges belges. Qu’à cela ne tienne, parmi les partisans du leader du Mlc, la tendance est plutôt à la résignation face à cette décision de justice bien qu’entachée de régularités dans sa procédure.
C’est non sans raison que dans les milieux proches de JP Bemba, l’agitation du début semble de plus en plus céder à la réflexion face aux enjeux politiques qui pointent à horizon. “ Les dés étant jetés au niveau de la justice belge, il faut maintenant s’atteler à organiser la défense devant le procureur à La Haye vue l’irréversibilité du processus du transfèrement de JP Bemba qui est déjà entamé, commentait sous le sceau de l’anonymat un acteur politique de l’opposition. Même la saisine du Conseil de sécurité de l’Onu telle qu’envisagée par la défense du prévenu dans l’optique d’une suspension de la procédure apparaît juste comme un baroud d’honneur, sans grande influence sur la CPI. Même l’intéressé lui-même qui continue de clamer haut et fort son innocence pensait qu’il n’y avait plus rien à attendre des requêtes procédurales sans issues et se préparait déjà à l’éventualité d’un procès à La Haye.
Une carrière politique hypothéquée
L’idée de revoir JP Bemba regagner promptement le pays pour reprendre les rennes du MLC s’éloigne de plus en plus D’aucuns conjecturent déjà sur la carrière politique de l’ex vice-président pour autant que son procès ne pourra pas débuter avant une année. Même ses ambitions de briguer le statut de porte-parole de l’opposition sont sérieusement hypothéquées. Dans la perspective de voir le supplice du JP Bemba s’étirer en longueur à La Haye. Il y a lieu de penser, d’ores et déjà à la restructuration de son Pant au plan interne. Le MLC ainsi décapité à besoin et palier au vide laissé par son leader au nom de la continuité. Ce débat interne, le MLC ne l’aborde que timidement alors qu’il s’impose naturellement comme une urgence.
Tout se passe comme si l’évocation d’une telle thématique serait un crime de lèse majesté qui vouerait son auteur aux gémonies. En fait, une telle vision est caractéristique des formations politiques qui fléchissent sans le poids écrasant des leaders à forte personnalité. Ces derniers incarnent l’âme de leurs partis politiques au point qu’ils oublient sonvent de préparer leur relève. L’UDPS d’Etienne Tshisekedi paie les frais de cette négligence au regard de la brouille qui caractérise actuellement ses membres du Directoire, se prévalant chacun de sa bénédiction pour engager le parti. Même chose au PALU où après Gizenga semble se négocier sur fond de tension et de méfiance extrême. Le MPR, parti du défunt Maréchal Mobutu, laminé par des querelles a également succombé à la mort de ce dernier.
(Milor)Uhuru
Last edited: 04/07/2008 16:27:51