A Lubumbashi, les personnes handicapées physiques refusent de vivre de la mendicité dans les rues. Pour gagner dignement leur vie, elles se regroupent dans de petits corps de métiers. Leur dynamisme est un vrai défi contre la fatalité…
Dans la riche province du Katanga au Sud-Est de la RD Congo, des personnes handicapées physiques refusent de vivre de la mendicité dans les rues de Lubumbashi. Pour gagner dignement leur vie, elles se regroupent dans de petits corps de métiers. Leur dynamisme est un vrai défi contre la fatalité...
Aussi sur une chaise roulante dans son atelier Art Africa poterie et céramique, dans le centre ville de Lubumbashi, Tshibanda Tondoy est un homme qui a su se forger un avenir. La cinquantaine révolue, il se souvient toujours de ce que lui répétait sa mère, durant son enfance. “ Elle me disait tout le temps : Toi, surtout, tu dois t’y mettre plus que les frères, parce que tu vivra de la tête étant donné que tes membres sont faibles. ”. Tshibanda nettoyait alors les vêtements de la famille, les repassait et faisait tout autre travail, selon que ses capacités le lui permettaient. “ Dieu merci, ma mère, merci, me voila, indépendant, s’exclame-t-il, tout heureux.
Tshibanda dirige aujourd’hui Africa poterie, une association qui, comme de nombreux autres regroupements créés ces dernières années à Lubumbashi, forme des personnes vivant avec handicaps à de petits métiers pour qu’ils sortent de la mendicité. “ Pourquoi pas nous ? ” clament désormais les personnes handicapées de Lubumbashi qui, a force de voir que leurs homologues vivent de leurs propres moyens, adhérent de plus en plus à ces associations.
Dès lors qu’on à sa tête en place...
Une douzaine de personnes apprennent la poterie et la céramique chez Tshibanda. Après trois mois de formation, elles sont libres de voler de leurs propres ailes, ou d’y rester. “ cela me peine de voir une personne qui n’est pas amputée de ses membres vivre de la mendicité ”, se morfond le patron d’Art africa, qui appelle d’autres handicapés apprendre un métier pour “ se prendre en charge ”. Les autres associations rivalisent parfois d’ingéniosité. Comme dans le centre des affaires de Lubumbashi. Le long de l’avenue Laurent-Désiré Kabila, des jeunes installés devant des tablettes sur lesquelles on voit le signe symbolisant le dollar, font le change. Ils font partie de l’Association des handicapés cambistes. A côté d’eux, Waza Mahusa Judex, qui leur accorde de petits fonds de démarrage. Sur sa chaise roulante, l’oreille collée à sa radio qui diffuse la musique, il contrôle le groupe des cambistes. “ Je me sens à l’aise dans les affaires plus que dans tout autre domaine ”, explique cet universitaire, qui détient un diplôme de licence en Economie de l’Université de Lubumbashi (Unilu)…
Tout est possible
Le plus vieux de ces regroupements, le Centre des handicapés de Maramba situé non loin du centre-ville, compte 68 membres. Parmi eux, des sans handicap. Tous sont solidaires les uns des autres. “ Tout se passe bien entre nous. Regardez notre chauffeur Kazadi. Il est valide mais il cohabite bien avec les handicapes ”, rassure Farah Tabu, secrétaire général de l’association, debout sur ses deux béquilles. Il a fait trois années d’études de droit à l’Université de Lubumbashi, et trois autres à la Faculté de théologie à l’Université protestante de Likasi, à 120 km de la capitale provinciale.
Le groupe vient d’acheter un minibus, qui fait à la fois le transport en commun et les courses internes. L’association possède aussi un atelier de couture avec neuf machines, un département de cordonnerie et un champ de 10 ha a 30 km au sud de Lubumbashi
(Milor)Syfia Grands Lacs/Le Potentiel
Last edited: 04/07/2008 13:09:57