Le cas de l’arrestation d’un avocat de Lubumbashi qui assistait un prévenu militaire a tellement énervé ses pairs du barreau de la ville capitale du cuivre que ces derniers ont pris la décision de ne plus se présenter en défense des hommes en uniforme déferrés devant la justice.

Les avocats du barreau de Lubumbashi sont en colère, ils ont décidé de ne plus assister jusqu’à nouvel ordre des militaires et policiers devant les juridictions militaires (Cours et tribunaux) ou à l’auditorat. Cette décision a été prise à la fin d’une marche de protestation organisée par les avocats du barreau de Lubumbashi à la suite de l’arrestation de leurs collègues du cabinet Muyambo. C’était le mardi 1èr juillet dernier rapporte la radio Okapi.
Selon cette source le Cabinet du ministre provincial de l’Intérieur, accuse les trois avocats mis aux arrêts de complicité dans l’affaire de l’épargne à un taux d’intérêt élevé qui oppose l’ONG Dutch international à la Banque centrale du Congo, BCC. Des enquêtes se poursuivraient encore pour retrouver d’autres complices dans cette affaire que les autorités provinciales qualifient de blanchiment d’argent.
D’après le directeur de Cabinet du Ministre de l’Intérieur du gouvernement provincial du Katanga, ces avocats ont été cités dans l’affaire par le responsable de l’ONG Dutch international lors de l’audition devant les services spéciaux où il est détenu. Les enquêteurs se sont aussitôt rendus au cabinet Muyambo pour une perquisition. Ils y trouveront au coffre fort 680.000 Usd appartenant aux souscripteurs. Etant donné que ce montant ne portait aucune référence, ce qui constitue un cas de flagrance, l’arrestation de trois avocats a été donc immédiate.
Notons que ce montant s’ajoute aux 500.000 Usd saisis au bureau du responsable de l’ONG. Cette somme est gardée à la BCC/Lubumbashi. Après une réunion des responsables de l’ONG incriminée et les autorités de la BCC, il y a lieu de confronter les listes des souscripteurs et les montants récupérés afin de rembourser leurs mises.
En dépit de cette version des faits, les avocats du barreau de Lubumbashi ont marché par solidarité avec leurs Confrères aux arrêts, ils en ont profité pour dénoncer le mauvais traitement dont les avocats sont généralement victimes de la part des pouvoirs publics avec ses agents de l’ordre.
Selon eux, l’Etat congolais impose un travail de conseil judiciaire aux avocats sans rémunération en contrepartie. Des avocats prestent bénévolement auprès des institutions militaires. En retour, ils sont ridiculisés par les mêmes militaires. Les avocats ont demandé à cette occasion la libération de leurs collègues, ils ont fait savoir qu’ils n’assisteront plus les policiers et militaires délinquants présumés jusqu’à nouvel ordre. L’état devrait penser, comme cela se fait sous d’autres cieux, à honorer les services souvent rendus pro deo. Tout travail égal salaire, ont-ils indiqué.
Toujours en rapport avec cette affaire d’arrestation des avocats, l’Association africaine de défense des droits de l’homme, Asadho, dans un communiqué de presse parvenu à la rédaction du journal. Le Potentiel, réclame l’ouverture d’une enquête impartiale afin d’identifier les auteurs de ces violations des droits de l’homme et les déférer devant les Cours et tribunaux compétents.
(Ern.)Hilaire Kayembe/Le Potentiel
Last edited: 03/07/2008 16:34:59