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La Chambre basse du Parlement va jouer la course contre la montre pour tenter d’épuiser, dans le court laps de temps qui reste à sa session extraordinaire, l’examen des dossiers chauds en suspens, tels : l’amnistie, l’affaire Mag Energy, l’interpellation du ministre Mende, etc. Depuis le 16 juin 2008, l’As­semblée nationale et le Sénat sont en session extraordinaire. Conformément aux dispositions légales, la session extraordinaire a une durée de 1 mois. Logique­ment, cette session devra pren­dre fin le l6 juillet 2008. C’est-­à-dire, dans exactement 13 jours. Et selon les dernières indiscré­tions, la prochaine séance plénière interviendra le mardi 8 juillet. C’est-à-dire à une semaine de la fin de la session extraordi­naire. Tout indique, selon certains observateurs que les députés fuient les débats autour des ques­tions sensibles.

Ainsi, du côté du Palais du peuple, aucun signe perceptible qu’il s’y déroule actue1lement une session extraordinaire. Silence radio depuis plus d’une semaine. Comme si tout le monde était pris dans les préparatifs des festivités du 30 juin. Ou alors, les parlementaires sont déjà en vacances.

Certes, au niveau de l’As­semblée nationale, il y a eu une ou deux séances portant sur l’ap­probation des rapports sur la commission paritaire, le projet de loi sur les personnes vivant avec le Vih/Sida. Au Sénat, l’on s’est appesanti sur le projet de loi re­latif à la protection de l’enfant.

Mais cette session porte également sur la Décentralisa­tion. 282 points de divergence entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Le dossier a été transmis à la Commission Politique, admi­nistrative et juridique pour harmoniser les textes et aplanir les différends.

Des dossiers chauds

En dehors de cette ques­tion liée à la Décentralisation, d’autres points importants de­vraient être examinés au cours de cette session extraordinaire. Il s’agit du contrat MagEnergy, de l’interpellation du ministre Mende et de la mise en circula­tion des passeports biométriques.

Dans le premier cas, les contradictions qui ont été étalées au grand jour entre le cabinet du Premier ministre et les cadres di­rigeants de la SNEL ont amené les députés à transmettre ce dos­sier à la commission économico-­financière. Au regard de ce dé­bat houleux et indigeste, il est fort possible que cette question ne soit pas du tout examinée au cours de cette session extraordinaire. Dossier “ hautement sensi­ble ”, raconte-t-on dans les cou­loirs du Palais du peuple que le silence qui entoure son examen en dit long.

En ce qui concerne l’inter­pellation du ministre Mende, après la question orale du député Jean Bamanisa, elle risque aussi de ne pas avoir lieu au cours de cette session extraordinaire. A en croire le ministre des Hydro­carbures, Lambert Mende, dans sa dernière intervention à Radio France Internationale, il ne pou­vait répondre à des questions sur un dossier qui est encore sous examen au niveau du gouverne­ment. Raison pour laquelle,  lors de sa réponse à la question orale, il ne pouvait aller au-delà de ce qu’il avait dit.

D’où, l’on évoque plusieurs hypothèses. Notamment celle de renvoyer également cette ques­tion à la commission ad hoc de l’Assemblée nationale.  Si cette thèse se vérifiait, ce serait une entorse au règlement intérieur de l’Assemblée nationale en ce qui concerne la de position et l’exa­men de différentes motions. Dans l’hypothèse d’une question orale, dès lors que l’auteur de la question n’est pas satisfait des éléments de réponse, et s’il dé­cide de transformer cette ques­tion orale en une interpellation, la procédure doit aller jusqu’à terme. Il revient à la plénière, seule souveraine, de décider si oui ou non la question doit être envoyée à la commission ad hoc.

A-t-on peur que l’on as­siste à un autre débat houleux à l’exemple de la séance vécue lors de l’examen du contrat MagEnergy ? C’est fort possible pour autant qu’il s’agit également d’un dossier sensible. Mais le pétrole faisant partie d’un des secteurs vitaux de l’économie nationale, il ne peut être question d’aliéner les intérêts supérieurs de la Nation. Pour la crédibilité de l’Assemblée nationale, de l’auteur de la motion et de la per­sonnalité interpellée, la procédure devra poursuivre son cours nor­mal jusqu’au bout.

Cependant, l’on à l’im­pression d’être devant une im­passe et qu’il y a fort peu de chance que le cas Mende soit examiné au cours de cette ses­sion extraordinaire. Or, d’ici la prochaine session ordinaire par­lementaire, bien des choses pour­raient se passer.

Les passeports biométriques

L’on serait incomplet si l’on n’évoquait pas le cas de l’amnistie qui bloque le Pro­gramme Amani dans les deux provinces du Kivu. Pour preuve, il nous revient que Nkunda, vou­lant plus de  “ garantie, de sé­curité, aurait séché les tra­vaux de la sous-commission mixte habilitée à traiter des ques­tions liées au désengagement, à la démobilisation et au rapatrie­ment des éléments des forces négatives.

Enfin, le point des “ pas­seports biométriques ”. Voilà déjà un cas qui soulève de la tem­pête entre le ministère des Af­faires étrangères et l’hôtel de monnaies,  pour ne pas dire la Banque centrale du Congo.

En effet, tout tourne autour de la passation des marchés pour l’impression des pas­seports. Alors que la gestion des passeports est confiée au ministère des Affaires étrangères, donc au gouvernement, l’on as­siste à des interférences pour des raisons faciles à deviner. Dire qu’il s’agit de se conformer aux normes fixées par l’Organisation de l’aviation civile internationale, OACI, pour des raisons d’ordre sécuritaire. Nonobstant les ap­pels d’offres, l’ordre a été donné de stopper la procédure.

Mais, en avril 2007, le mi­nistère des Affaires étrangères, sur avis favorable du gouverne­ment, relance la procédure. Aux termes des pourparlers et des né­gociations, un contrat est signé avec François Charles Oberthur Fiduciaire pour la fabrication de 1.500.000 passeports biométriques.

Malheureusement, on ne sait comment l’hôtel de mon­naies a également passé à son tour une commande de 1.875 passeports biométriques. Et lorsqu’il s’est agi de honorer la facture, le ministère des Finan­ces a refusé de s’exécuter. D’où, toute la confusion. Aujourd’hui, il y a rupture de passeports au ministère des Affaires étrangè­res. Autant de questions à carac­tère national qui devraient amener le Parlement, particulièrement l’Assemblée nationale, à accor­der priorité. Hélas ! L’on assiste curieusement à l’accumulation des arriérés législatifs.  Entre-­temps, le Trésor public aura dé­pensé de milliards de FC pour une session qui n’aura rien d’extra­ordinaire.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 05/07/2008 14:41:38

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