Les masques sont enfin tombés mardi lors du point de presse, animé conjointement par le représentant résident du Fonds monétaire international en Rdc et le gouverneur de la Banque centrale du Congo.

Bref, il n’y a plus de raison de spéculer sur la conclusion dans les prochains jours d’un nouveau programme triennal devant lier la RDC au FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Il n’en sera sûrement pas le cas en 2008. C’est vers 2009 que devront désormais tourner les regards. Le temps pour le FMI de comprendre tous les contours des contrats chinois.
Ce n’est donc qu’après que la RDC lui présentera l’étude de faisabilité des investissements miniers du consortium minier créé entre la Gecamines et la partie chinoise que le FMI s’est dit disposé à s’engager dans les négociations pour un nouveau programme triennal avec la RDC. Plus besoin de spéculer sur une éventuelle conclusion d’un nouveau programme triennal entre la RDC et le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance.
Les prédictions de notre rédaction sur l’impossibilité d’aboutir à la signature d’un accord ferme entre la RDC et le FMI au cours de l’année 2008 se sont finalement vérifiées. Preuve en a été donnée mardi lors du point de presse animé au siège de la représentation du FMI en RDC par Xavier Maret. Représentant résident du FMI en RDC, avec, à ses côtés, le gouverneur de la Banque centrale du Congo. Jean-Claude Masangu Mulongo.
Sur l’évaluation du Programme suivi par les services du FMI (PSSF)au 1er semestre 2008 rien à redire. Sur ce point, Xavier Maret s’est même félicité des progrès remarquables accomplis par les autorités congolaises, jugeant les conclusions de ce programme durant la période en revue de “ positives et satisfaisantes ”.
Telle déclaration supposait à fortiori la levée de tous les boucliers menant à la conclusion d’un nouveau programme triennal avec le FMI. Ironie du sort ! Surprise, il n’en sera pas ainsi, le FMI ayant trouvé une autre raison de retarder cet objectif, celui sur lequel court le gouvernement congolais depuis la fin brutale en mars 2006 du premier programme triennal conclu entre la RDC et le FMI sur la période 2002-2006.
Sur les fondamentaux du PSSF, les experts du FMI en mission à Kinshasa du 18 au 29 juin 2008, n’ont rien trouvé d’anormal. Bien au contraire, a indiqué Xavier Maret, le FMI a jeté des fleurs autant au gouvernement qu’à la banque centrale du Congo sur l’efficacité des mesures coercitives mises en oeuvre depuis quelque temps pour revenir à la stabilité du cadre macro-économique. Mais, malgré ce beau tableau, pas question d’engager de nouvelles discussions pour un nouveau programme triennal. On est donc parti pour une nouvelle saga diplomatique, les négociations pour un nouvel accord formel entre la RDC et le FMI ayant presque quitté le terrain technique pour un autre aux contours pour les moins ambigus.
Que reste-t-il alors à faire pour le gouvernement de la RDC ? Sur la question chinoise, le FMI estime que les clarifications lui présentées par le gouvernement lors du séjour kinois des experts du département Afrique sont insuffisantes. C’est finalement pour une étude de faisabilité bien fouillée sur la mise en oeuvre des investissements miniers du joint venture Gecamines et partie chinoise que le FMI pense subordonner la relance des négociations pour un nouveau programme triennal au titre de la FRPC avec la RDC. Mais, il faudra six mois, a indiqué le gouverneur de la BCC, pour que la RDC réponde à cette exigence. Six mois d’attente pour que le gouvernement se fixe sur les chances d’aboutir à un nouvel accord avec le FMI.
Le Fmi campe sur sa position

C’est dire que si on est encore loin de la rupture d’alliance entre la RD C et le FMI, on n’est pas loin en tout cas d’une remise en cause des interventions parfois intempestives de cette institution financière internationale dans la politique économique de la RDC. Car, en même temps, que Xavier Maret reconnaissait l’impact positif sur la croissance des travaux d’infrastructures conclu avec la Chine, en même temps aussi, le FMI maintient sa position sur les implications macro-économiques dangereuses de ces contrats et leur impact négatif sur la soutenabilité de la dette.
Or, pour le gouvernement, le point sur lequel se seraient mis d’accord les deux parties les contrats chinois sont des prêts privés, mais couverts par une garantie publique.
Revenant sur le même sujet lors de son Conseil des ministres du 28 juin 2008 à Kananga, le gouvernement faisait remarquer qu’en ce qui concerne “ des accords conclus avec la Chine, il a été établi que l’Etat congolais n’est pas emprunteur et que la garantie de l’Etat est un cautionnement moral et résiduel. Ainsi, les sociétés chinoises concernées sont liées par un contrat avec la GECA MINES à travers le joint-venture et non avec l’Etat, le prêt est concessionnel et influe positivement sur la viabilité et la soutenabilité de la dette extérieure; la pré affectation des recettes fiscales au titre de remboursement du prêt chinois ne sera effective que si les études de faisabilité en démontrent la pertinence, le prêt en question est très rentable et peut améliorer les indicateurs de la viabilité de la dette extérieure de la RDC , le projet chinois va influer positivement sur la Croissance économique dont le taux va atteindre deux chiffres ”.
Plus explicite, le gouvernement avait souligné bien avant, lors de la dernière réunion de la Commission interministérielle de suivi des programmes conclus avec les institutions financières internationales (CISPI), le caractère irréversible des contrats chinois.
Ce qui, pensent maints observateurs, irriteraient le FMI au point de multiplier des barrières à la conclusion d’un nouvel accord avec la RDC. Car le fait pour la RDC de ne pas être en programme avec le FMI la soumettra au lourd service de la dette, et l’empêchera d’avoir accès à d’autres sources de financement.
Amener la Rdc à l’étouffement
C’est ni plus ni moins, à un étouffement financier que le FMI voudrait amener le but étant de diminuer sur le plan interne 1’impact des contrats chinois en soulevant le front social. Ce qui est tout à fait prévisible pour autant que pour le reste de l’année 2008, le FMI a exigé de la RDC la mise en oeuvre des politiques monétaires et budgétaires restrictives, donc centrées sur une compression de la demande. Il s’agira, pour le gouvernement, de ne pas opérer des augmentations des salaires dans l’administration et de restreindre davantage certaines dépenses budgétaires. Or, dans un contexte d’absence total des appuis budgétaires, le pays par le fait aussi de l’isolément financier qui s’en suivra devra se préparer à subir une crise financière de grande envergure.
Voilà le tableau apocalyptique dans lequel le FMI voudrait voir la RDC par le fait d’avoir défié l’Occident en se tournant vers la Chine. Le FMI ne serait vraisemblablement que le bras séculier à travers lequel agit l’Occident pour faire fléchir la RDC.
(Milor)Faustin Kuediasala/Le Potentiel
Last edited: 02/07/2008 17:17:21