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Bonjour | 13/10/2008 23:23 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les masques sont enfin tombés mardi lors du point de presse, animé conjointement par le représentant résident du Fonds monétaire international en Rdc et le gouverneur de la Banque centrale du Congo. Bref, il n’y a plus de raison de spéculer sur la conclusion dans les prochains jours d’un nouveau programme triennal devant lier la RDC au FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Il n’en sera sûre­ment pas le cas en 2008. C’est vers 2009 que devront désor­mais tourner les regards. Le temps pour le FMI de compren­dre tous les contours des con­trats chinois.

Ce n’est donc qu’après que la RDC lui présen­tera l’étude de faisabilité des in­vestissements miniers du con­sortium minier créé entre la Gecamines et la partie chinoise que le FMI s’est dit disposé à s’engager dans les négociations pour un nouveau programme triennal avec la RDC. Plus besoin de spéculer sur une éventuelle conclusion d’un nou­veau programme triennal entre la RDC et le FMI au titre de la Faci­lité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance.

Les prédictions de notre ré­daction sur l’impossibilité d’abou­tir à la signature d’un accord fer­me entre la RDC et le FMI au cours de l’année 2008 se sont fi­nalement vérifiées. Preuve en a été  donnée mardi lors du point de presse animé au siège de la repré­sentation du FMI en RDC par Xavier Maret. Représentant rési­dent du FMI en RDC, avec, à ses côtés, le gouverneur de la Banque centrale du Congo. Jean-Claude Masangu Mulongo.

Sur l’évaluation du Pro­gramme suivi par les services du FMI (PSSF)au 1er semestre 2008 rien à redire. Sur ce point, Xavier Maret s’est même félicité des pro­grès remarquables accomplis par les autorités congolaises, jugeant les conclusions de ce programme durant la période en revue de “ po­sitives et satisfaisantes ”.

Telle déclaration supposait à fortiori la levée de tous les bou­cliers menant à la conclusion d’un nouveau programme triennal avec le FMI. Ironie du sort ! Surprise, il n’en sera pas ainsi, le FMI ayant trouvé une autre raison de retar­der cet objectif, celui sur lequel court le gouvernement congolais depuis la fin brutale en mars 2006 du premier programme triennal conclu entre la RDC et le FMI sur la période 2002-2006.

Sur les fondamentaux du PSSF, les experts du FMI en mis­sion à Kinshasa du 18 au 29 juin 2008, n’ont rien trouvé d’anormal. Bien au contraire, a indiqué Xa­vier Maret, le FMI a jeté des fleurs autant au gouvernement qu’à la banque centrale du Congo sur l’ef­ficacité des mesures coercitives mises en oeuvre depuis quelque temps pour revenir à la stabilité du cadre macro-économique. Mais, malgré ce beau tableau, pas ques­tion d’engager de nouvelles discussions pour un nouveau programme triennal. On est donc parti pour une nouvelle saga diplomatique, les négociations pour un nouvel accord formel entre la RDC et le FMI ayant presque quitté le ter­rain technique pour un autre aux contours pour les moins ambigus.

Que reste-t-il alors à faire pour le gouvernement de la RDC ? Sur la question chinoise, le FMI estime que les clarifications lui pré­sentées par le gouvernement lors du séjour kinois des  experts du département Afrique sont insuffisantes. C’est finalement pour une étude de faisabilité bien fouillée sur la mise en oeuvre des investissements miniers du joint venture Gecamines et partie chinoise que le FMI pense subordonner la re­lance des négociations pour un nouveau programme triennal au titre de la FRPC avec la RDC. Mais, il faudra six mois, a indiqué le gouverneur de la BCC, pour que la RDC réponde à cette exigence. Six mois d’attente pour que le gouvernement se fixe sur les chances d’aboutir à un nouvel accord avec le FMI.

Le Fmi campe sur sa position

C’est dire que si on est en­core loin de la rupture d’alliance entre la RD C et le FMI, on n’est pas loin en tout cas d’une remise en cause des interventions parfois intempestives de cette institution financière internationale dans la politique économique de la RDC. Car, en même temps, que Xavier Maret reconnaissait l’impact po­sitif sur la croissance des travaux d’infrastructures conclu avec la Chine, en même temps aussi, le FMI maintient sa position sur les implications macro-économiques dangereuses de ces contrats et leur impact négatif sur la soutenabilité de la dette.

Or, pour le gouvernement, le point sur lequel se seraient mis d’accord les deux parties les con­trats chinois sont des prêts privés, mais couverts par une garantie publique.

Revenant sur le même su­jet lors de son Conseil des minis­tres du 28 juin 2008 à Kananga, le gouvernement faisait remarquer qu’en ce qui concerne “ des ac­cords conclus avec la Chine, il a été établi que l’Etat congo­lais n’est pas emprunteur et que la garantie de l’Etat est un cautionnement moral et résiduel. Ainsi, les sociétés chinoises con­cernées sont liées par un con­trat avec la GECA MINES à travers le joint-venture et non avec l’Etat, le prêt est concessionnel et influe positivement sur la viabilité et la soutenabilité de la dette extérieure; la pré affectation des recettes fiscales au titre de remboursement du prêt chi­nois ne sera effective que si les études de faisabilité en démontrent la pertinence, le prêt en question est très rentable et peut améliorer les indicateurs de la viabilité de la dette extérieure de la RDC , le projet chinois va influer positivement sur la Croissance économique  dont le taux va atteindre deux chiffres ”.

Plus explicite, le gouverne­ment avait souligné bien avant, lors de la dernière réunion de la Com­mission interministérielle de suivi des programmes conclus avec les institutions financières internationales (CISPI), le caractère irré­versible des contrats chinois.

Ce qui, pensent maints ob­servateurs, irriteraient le FMI au point de multiplier des barrières à la conclusion d’un nouvel accord avec la RDC. Car le fait pour la RDC de ne pas être en programme avec le FMI la soumettra au lourd service de la dette, et l’empêchera d’avoir accès à d’autres sources de financement.

Amener la Rdc à l’étouffement

C’est ni plus ni moins, à un étouffement financier que le FMI voudrait amener le but étant de diminuer sur le plan interne 1’im­pact des contrats chinois en soulevant le front social. Ce qui est tout à fait prévisible pour autant que pour le reste de l’année 2008, le FMI a exigé de la RDC la mise en oeuvre des politiques monétai­res et budgétaires restrictives, donc centrées sur une compression de la demande. Il s’agira, pour le gou­vernement, de ne pas opérer des augmentations des salaires dans l’administration et de restreindre davantage certaines dépenses bud­gétaires. Or, dans un contexte d’absence total des appuis budgé­taires, le pays  par le fait aussi de l’isolément financier qui s’en sui­vra devra se préparer à subir une crise financière de grande enver­gure.

Voilà le tableau apocalypti­que dans lequel le FMI voudrait voir la RDC par le fait d’avoir dé­fié l’Occident en se tournant vers la Chine. Le FMI ne serait vrai­semblablement que le bras sécu­lier à travers lequel agit l’Occident pour faire fléchir la RDC.

(Milor)

Faustin Kuediasala/Le Potentiel

Last edited: 02/07/2008 17:17:21

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