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Bonjour | 06/09/2008 2:48 | English Make DC Home page | RSS feed

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Une mission du Fmi séjourne à Kinshasa. Comme c’est le mois de juillet, la bonne nouvelle que les Congolais attendaient c’est la reprise du programme entre le Congo et les institutions de Bretton Woods. Mais c’est encore des promesses qu’ils ont eu droit. Tout cela en dépit des résul­tats satisfaisants réalisés par le gouvernement. C’était pourtant la condi­tion essentielle pour que le gouverne­ment et le Fmi rentrent en programme. Le Fmi, au cours d’une déclaration à la presse hier mardi, a jugé le cadre économique satisfaisant en Républi­que démocratique du Congo.

Cependant, les Congolais doi­vent mettre la croix sur le programme possible avec cette institution. Bien entendu que du côté Fmi, personne ne prend la résolution de dire la vérité, toute la vérité, sur ce programme. Du côté congolais non plus, personne ne voudrait envenimer la situation en dé­cidant à la place du Fmi l’impossibi­lité de ce programme. Mais, on est loin de croire que Kinshasa serait naïf au point de continuer à croire à la bonne foi de son partenaire. Si le Fmi appli­que la politique de refus poli, Kins­hasa refuse de lui enlever le prétexte de la rupture jusqu’à ce que cette ins­titution internationale tombe dans le ri­dicule qui consiste à voir aux contrats chinois, un obstacle à la signature d’un programme économique avec la Rdc. Et pourtant, tout le monde crie haut et fort ne pas être opposé aux contrats chinois.

Les masques tombent

Le Fmi ôte de plus en plus le masque pour ne craindre de ces con­trats chinois que l’impact. Une façon hypocrite pour cette institution de dire qu’il est d’accord avec les contrats chi­nois, mais en craindrait l’impact. C’est vouloir une chose et son contraire. Sinon comment le Fmi séparerait les con­trats chinois de leur impact. C’est en­core un mythe créé autour de cette af­faire.

Quel peut être l’impact des con­trats chinois ? Parlons-en. Les entre­prises chinoises vont construire des routes, des hôpitaux et autres. On peut ne pas être économiste, on constatera que le premier impact lorsque ce projet arrivera à terme, ce sera un accès facile au marché interne dû à la circu­lation plus aisée des personnes et des biens. Le pays fera un pas important dans le développement notamment fa­vorisant la consommation des produits locaux qui pourront enfin être facile­ment évacués et à moindre coût vers les centres de consommation. La ca­pacité d’évacuer ce qu’on produit inci­tera à produire davantage. Voilà le pre­mier impact qui aura comme consé­quence, la réduction des importations. Est-ce cela qui fait peur au Fmi, pro­tecteur des économies puissantes qui ont fait de la Rdc un marché où ils peuvent tout vendre et ne rien ache­ter ? Voilà qui est inquiétant. Tout ce qu’on peut demander au gou­vernement congolais, c’est de poursui­vre les efforts qui l’ont amené aux ré­sultats tels que constatés sur le ter­rain par Xavier Maret de la mission du Fmi, à savoir: “ L’exécution du pro­gramme économique 2008 est pour le moment très satisfaisante. La crois­sance, qui était évaluée à 8,5%, de­vrait atteindre les 10% à la fin de l’an­née et l’inflation a été relativement maî­trisée. Il faut poursuivre ces efforts en oubliant le Fmi avec ses hypothéti­ques appuis budgétaires et le chan­tage de l’annulation de la dette.

Le Fmi malgré lui

Le Fmi, dans un élan de sincé­rité reconnaît que l’inflation qui est ac­tuellement de 14% pourrait atteindre, un glissement annuel, des 24%. Ce taux, reconnaît-il, est nettement plus élevé que prévu. Il l’explique cependant par des facteurs essentiellement ex­térieurs comme la hausse des prix des denrées alimentaires de base et du pétrole. Le Fmi ne tarit pas d’éloges au gouvernement congolais notam­ment en déclarant que “ la politique économique rigoureuse du gouverne­ment a permis de “ modérer ” l’inflation et de maintenir un taux de change constant du franc congolais, établi depuis plusieurs mois entre 550 et 560 FC pour un dollar américain ”.

Au regard de ces résultats, la Rdc de­vrait prétendre à un programme éco­nomique avec le FMI. Cela lui offrirait, semble-t-il, à terme, un allégement de sa dette extérieure (11,5 milliards USD). Le Fmi parle désormais à visage découvert: “ Nous devons évaluer l’im­pact, (...) notamment sur la soutenabilité de la dette, de la con­vention de collaboration passée (en avril 2008) entre la Rdc et des entreprises chinoises ”. Nous aurions voulu que le Fmi se fasse plus explicite sur ces craintes à propos des contrats chinois.

Il est de notoriété publique que si ces contrats auront un certain im­pact,  ce ne sera pas demain. En at­tendant voir venir cet impact, le Fmi renvoie purement et simplement son programme avec la Rdc aux calendes grecques.  Tant mieux.

Des craintes injustifiées

Pour rappel, la convention avec la Chine prévoit d’investir 9 milliards de dollars Us, soit six milliards desti­nés au développement des infrastruc­tures et trois milliards à la relance du secteur minier en Rdc.  Ce pays ne remboursera pas totalement cet argent avec ses recettes, mais partiellement remboursables en titres miniers. De la façon la plus simple, les concessions minières accordées aux entreprises chinoises ne comptant pas parmi celles exploitées aujourd’hui, on ne voit pas un impact négatif sur l’exploita­tion minière sur lesquelles se basent les prévisions actuelles du Fmi. Par conséquent, la panoplie de mesures dont “ l’exonération totale ” de toute taxe ou impôt pendant toute la période de remboursement sur l’investisse­ment consenti par une société de joint-venture minière (détenue à 68% par des entreprises chinoises et à 32% par a société publique congolaise Gécamines). Il s’agit de la société nouvellement créée et dont l’emprunt est “ garanti ” par l’Etat congolais. Cette exonération n’affecte pas les recettes actuelles de la Rdc. Apparem­ment, le Fmi, dans sa peau de protec­teur des entreprises occidentales, aurait voulu que tout le monde soit mis dans les mêmes conditions. Ce serait injuste de donner les mêmes droits à tout le monde alors que tout le monde n’a pas les mêmes devoirs.

Le Fmi veut connaître le sexe des anges

Le Fmi doit, semble-t-il, déterminer si cet endettement “ est public ou privé ” et quelles conséquences cela pourrait avoir sur l’allégement de la dette ”. Cela s’appelle discuter sur le sexe des anges.  Tout le monde sait que la convention signée entre la Rdc et la Chine entre dans le cadre du par­tenariat public privé. On ne peut pas ne pas savoir s’il s’agit d’une dette publique ou privée. De toutes les façons,  le Fmi n’a pas à juger la dette envers la Chine comme il le ferait pour la dette envers les pays occidentaux. Une dette qui permet au Congolais de voir à quoi elle a servi est moins cruelle que celle qui ressemble à un lourd fardeau à porter dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants. Il est donc hors question que la Rdc renonce à cette convention avec la Chine.

Comme l’a expliqué le gouver­neur de la Bcc, le Fmi attendra se pro­noncer à l’issue d’une étude de faisa­bilité des contrats chinois qui durera six mois.

Le gouverneur de la Bcc a réaffirmé que: “ La volonté du gouver­nement est d’avoir un accord formel avec le Fmi, pour voir l’allégement de la dette, mais aussi d’aller de l’avant avec les Chinois, pour atteindre les objectifs de développement de la RDC ”. Ce qui est bien dit. On peut même dire, à malin, malin et demi. Qui dirait sans se mordre la langue que le gouvernement serait dans l’immobi­lisme ?

(Ern.)

Joachim Diana G./L’Avenir

Last edited: 02/07/2008 17:00:45

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