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Bonjour | 02/12/2008 21:05 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le député rapporteur de la commission Lumbala explique que le scandale de magouille dénoncé à l’Assemblée nationale dans le chef des députés Kalombo et Gekoko à la suite de leur harcèlement d’un sujet libanais relève bien de la compétence de la justice qui est habilitée à s’en saisir contrairement aux ragots laissant croire que les délinquants élus mis en cause échapperont aux poursuites judiciaires. Les choses sont allées vite, très vite. Après l’adoption par la plénière de l’Assemblée nationale du rapport de la commission Lumbala sur l’affaire Francis Kalombo et Gekoko Mulumba, le PPRD a fait entendre par sa commission de discipline, les deux compères, cadres du parti, députés respectivement national et provincial. Mais le rapport Lumbala continue d’être commenté en sens divers. Le député Garry Mabongo Katembo, son rapporteur, ne voit pas comment le dossier pourrait échapper à la justice. Il éclaire sur la procédure à suivre.

Que répondez-vous à tous ceux qui disent que votre rapport n’est pas objectif ?

L’objet de la mission était clair: y a-t-il eu ou séquestration ou non ? pour ce faire , nous avons mené des enquêtes sur l’authenticité même de l’ordre de mission. Nous avons aussi interrogé des témoins. Et nous sommes arrivés à la conclusion que nous avons présentée à la plénière de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire il n’y a jamais eu séquestration.

Qu’ont révélé précisément vos investigations ?

Des irrégularités. Premièrement, l’ordre de mission. Le député provincial Gekoko Mulumba s’est présenté dans l’enceinte de la société Sidi, porteur d’un ordre de mission du  président de l’Assemble provinciale de Kinshasa, Roger Nsingi.

Nous avons constaté que cet ordre de mission avait beaucoup d’irrégularités. D’abord, il n’était pas enregistré au classement du courrier. Donc, aucune trace administrative. Ensuite, il y était mentionné comme objet : mission d’information. Et il n’y avait que le nom d’une seule personne, le député provincial Gekoko Mulumba. Or, tout le monde le sait, une mission parlementaire ne peut pas être constituée par une seule personne.

Certes, il y a eu les noms du conseiller financier du président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et d’un secrétaire de l’Assemblée provinciale, mais ils n’étaient pas, en réalité, associés à la mission. La preuve, le député provincial Mulumba s’est présenté, seul, à l’usine Sidi. Sans doute, c’est un document que le président de l’Assemblée provinciale a reconnu avoir singé peut-être chez lui à la maison. Deuxièmement, sur le fond, il est dit clairement dans le règlement intérieur de l’assemblée provinciale, qu’un député ne peut pas effectuer une mission dans une entreprise privée. Cela est du ressort du gouvernement par l’entremise du parquet.

Comment avez-vous interprétez alors le fait que le député Gekoko Mulumba se soit présenté seul à cette usine, alors que sur la feuille de mission il y a les noms de deux fonctionnaires de l’Assemblée provinciale ?

D’abord, le député provincial y est arrivé à 7 heures du matin, puis il est revenu seul, l’après-midi. Quand on lui a posé la question sur les deux autres membres, il dira, avec beaucoup de légèreté, qu’il les avait laissés en route entrain de s’approvisionner en carburant à une station-service. Et quand on interrogera ces derniers, l’un dira qu’il en a été informé par le Dircaba du président de l’Assemblée provinciale et l’autre, étonné, répondra que c’est notre commission qui lui en informait.

Vous confirmez qu’il n’y a pas eu séquestration, mais qu’est-ce qui s’est passé au juste ?

Quand le député provincial se présente, l’avocat de la société lui demande l’ordre de mission. Il refuse. Alors que pour une mission, l’ordre de mission est la principale pièce à exhiber. S’étant rendu compte que ses interlocuteurs n’étaient pas impressionnés par lui, au contraire ils ont commencé à faire pression sur, le député qui s’est mis à tempêter et à appeler à la rescousse son ami, Françis Kalombo. Se sentant menacés et en insécurité, les responsables de la société Sidi ont immédiatement alerté la police judiciaire des parquets. Et aussitôt les inspecteurs sont arrivés. Il est de coutume que quand les inspecteurs judiciaires viennent pour enquêter ou perquisitionner, ils font bloquer toutes les issues. Ainsi, le député provincial les ayant reconnus, il s’est enfermé dans sa voiture L’honorable Francis Kalombo n’était pas venu seul, il était accompagné de l’Hon. Gaston Musemene. Pourquoi ce dernier ne s’est-il pas plaint de séquestration ? La vérité est qu’il n’a approuvé leur comportement qui n’était pas digne des Hon. députés.

Est-ce que Francis Kalombo et Gekoko Mulumba pourraient échapper à la justice ?

La plénière de l’Assemblée nationale a voté deux résolutions : celle de déférer les deux collègues devant la justice, ainsi que celle demandant au gouvernement d’initier une enquête à l’usine Sidi sur les allégations de pollution et d’intoxication. Pour ce qui est de la première résolution, c’est à la justice de faire son travail.

La procédure est claire. En ce qui concerne le député provincial, Gekoko Mulumba, et le président de l’Assemblée provinciale, puisque la loi sur la décentralisation n’est pas encore votée, la justice peut déjà s’occuper d’eux pour qu’ils répondent de leurs actes qui sont vraiment répréhensibles. Ils ne sont pas couverts par une immunité. Quant au député national Francis Kalombo, il faut que le procureur général de la République (PGR) se saisisse d’abord de l’affaire et écrive au Bureau de l’Assemblée nationale pour demander la levée de son immunité parlementaire. Ce n’est qu’après qu’il peut entamer la procédure de poursuite judiciaire contre lui. C’est seulement s’il est reconnu coupable et condamné par la justice qu’on peut lui retirer son mandat.

Pourquoi le PGR tarde-t-il à le faire ?

En général, l’Assemblée nationale transmet ses résolutions au gouvernement. Je peux vous affirmer que ce dossier a déjà été transmis au gouvernement, qui par le biais du ministre de la Justice doit instruire le PGR. La justice doit faire son travail. Elle ne doit pas attendre la fin des vacances parlementaires pour agir.

Françis Kalombo explique qu’il n’a pas été entendu par votre commission et met en doute l’impartialité de votre enquête, prétextant au passage un antécédent fâcheux avec Roger Lumbala...

Quand nous avons convoqué les trois personnalités impliquées directement dans l’affaire, l’Hon. Françis Kalombo était en voyage en Europe. Joint au téléphone, il avait promis de se présenter devant la commission dès son retour. Nous l’avons attendu en vain le jour où il a promis de se présenter. Curieusement, il va se contenter à faire des déclarations à la presse. Qu’il ait des problèmes avec le président Lumbala, ce n’est pas l’affaire des autres membres de la commission. D’ailleurs, l’Hon. Lumbala a tout simplement supervisé l’enquête, il n’avait pas le droit d’imposer une position à la commission. Notre rapport est très objectif et je mets quiconque au défi de nous prouver le contraire.

(Milor)

Patience Kimvula/Le Soft

Last edited: 02/07/2008 17:11:08

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