Selon la rumeur, le Premier ministre serait en train de négocier son départ. Cette rumeur tire son origine dans les allégations infondées selon lesquelles le gouvernement ne serait pas à la mesure des enjeux.

Les auteurs de ces bruits ne peuvent définir le gouvernement d’une part et expliquer l’effectivité des cinq chantiers d’autre part. La logique est pourtant simple. Ou on croit aux cinq chantiers et on croit a l’efficacité du gouvernement, ou on n’y croit pas et donc, on accrédite la thèse de l’immobilisme. Cette rumeur liée au départ à l’infortune de Godefroid Mayobo. On en voudrait à Mayobo, dit-on, parce que pressenti successeur de Gizenga.
Le Palu serait donc une jungle où peut prendre le pouvoir qui veut. Ceux qui se sont approchés du Palu à la faveur du pouvoir et en tirent le dividende, ne sont pas étrangers à cette folle rumeur. Pousser Gizenga dehors au grand dam des militants de première heure, c’est le salaire de leur militantisme tardif. Pour eux donc Mayobo est un deus ex machina. Il leur fallait des alliés dans la majorité voir dans l’opposition pour donner l’image d’un Gizenga à genou, négociant sa sortie honorable. C’est injurieux. Une chose est vraie. Un jour ou l’autre, Gizenga partira. On aura pour cela besoin ni de pressions ni de négocier.
Tout indique qu’il continuera à exercer ses fonctions. On doit se défaire de l’idée que pour Gizenga, le pouvoir est un cadeau que l’on peut lui prendre quand on veut. On fait ainsi preuve de mal connaître J.Kabila. Ce dernier, autant qu’il est penché sur la réussite des cinq chantiers, autant il est attentif à l’environnement politique. Il serait incompréhensible qu’au moment où on va vers la fin du mandat et que se profile à l’horizon l’échéance 2011, l’on puisse appliquer la “ politique de terre Brûler les vaisseaux ” après avoir traversé la rivière.
En politique, on ne dit jamais : “ Fontaine, je ne boirai plus ton eau ”. Certains membres de la majorité réfléchissent sur le quotidien sans le moindre souci du lendemain. Ils parlent de l’immobilisme, parce que pensent-ils, il faut régler des comptes au premier ministre. Mais lorsqu’il faut parler de cinq chantiers, ils estiment que tout va bien, question de faire plaisir au chef de l’Etat.
On ne peut pas être crédible en chevauchant ainsi entre deux logiques contradictoires. C’est la leçon sur la prestation de l’honorable She Okitundu sur Rfi à l’émission de Mukanabano. Ayant eu Nyarugabo et Mubake comme contradicteurs, il a semblé comprendre la critique sur l’immobilisme du gouvernement, tout en demandant de faire la part de choses entre “ cet immobilisme ” et la transparence des élections.
Mais il ne pourrait aller plus loin dans cette logique. Partant du programme du chef de l’Etat et des cinq chantiers, il a démontré que tout allait bien. Il a même donné la précision qui manque à beaucoup, que Gizenga n’est pas un homme qui est venu de l’extérieur, mais bien de la majorité. Donc un ayant droit au pouvoir. Lorsqu’on parle du gouvernement, dans la majorité, on a tendance à s’aligner sur le discours de l’opposition.
Et on a du premier ministre l’image qui n’est pas celle de la Constitution. Gizenga lui, est très attentif à cette image. Il empêche de bousculer le chef de l’Etat, de lui disputer la vedette. Peut-on souhaiter mieux ? Quel type de Premier ministre la majorité a-t-elle besoin ? La réponse à cette question ne doit pas se baser sur un positionnement personnel.
(Ern.)Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 01/07/2008 18:08:34