La République démocratique du Congo et la Géorgie sont épinglées pour avoir amélioré leur gouvernance dans le domaine de la qualité de la réglementation.

La bonne gouvernance, on en parle souvent comme un slogan, une critique générique contre le gouvernement. Pour l’opposition congolaise, la mauvaise gouvernance étant une nature du gouvernement, il est impossible que celui-ci ait fait moindre progrès dans ce domaine.
Le rapport de la Banque mondiale dément donc certaines théories pour l’immobilisme et la léthargie dont souffrirait ce gouvernement.
Quels sont le mérite et l’importance des indicateurs ainsi définis par le B M ? Pour Shiomo Yitzhaki, Directeur du Bureau central de statistique d’Israël et professeur d’économie a l’Université hébraïque, “ Ce rapport représente le nec plus ultra en matière d’élaboration d’indicateurs périodiques de gouvernance qui peuvent aider considérablement les analystes politiques et les décideurs dans l’évaluation des performances de leurs pays. Exceptionnellement, il rend publiques les données agrégées et désagrégées, ainsi que les marges d’erreur estimatives pour chaque pays. Incontestablement, il établi la, norme pour la transparence des données ”.
En effet, la Banque mondiale a publié la version actualisée pour l’année 2008 des Indicateurs de gouvernance dans le monde. La liste des pays lauréats de la bonne gouvernance a été établie par des chercheurs de la Banque mondiale. On découvre dans ce document que les gouvernements de nombreux pays en développement ont fait des progrès remarquables dans la lutte contre la déception. Certains d’entre eux ont même obtenu des résultats comparables à ceux des pays riches pour l’ensemble des paramètres de la gouvernance.
A cette occasion, Daniel Kaufmann, un des auteurs de ce rapport a fait la déclaration selon laquelle certains pays progressent rapidement dans le domaine de la gouvernance, notamment en Afrique, ce qui montre qu’un certain degré d’afro optimisme ” serait démise.
Le Directeur de la gouvernance Institut de la Banque mondial également a remarqué que les données qui ont permis d’établir ces indicateurs ont également fait apparaître des différences sensibles, entre les pays, voire entre les pays voisins au sein de chaque continent.
Ainsi, a-t-il poursuivi : “ Les progrès sont en rapport avec les réformes dans les pays où les dirigeants politiques, les décideurs, la société civile et le secteur privé considèrent la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption comme des facteurs indispensables à une croissance durable et partagée. ”
La bonne gouvernance pas une affaire des riches
Contrairement à une certaine opinion qui fait croire que la gouvernance ne concernerait que les pays en voie de développement, le rapport de la Banque mondiale souligne que la bonne gouvernance peut se remarquer dans des pays à tous les niveaux de revenu. Il précise que certaines économies émergeantes ont obtenu des résultats similaires à ceux des pays riches dans les domaines des de la gouvernance.
Le rapport épingle plus d’une douzaine de pays émergeants dont la Slovénie, le Chili, le Botswana, l’Estonie, l’Uruguay, la République tchèque, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Maurice et le Costa Rica qui ont réalisé; sur certains aspects des de la gouvernance, des performances supérieures à celles des pays industrialisés comme la Grèce ou l’Italie.
Au cours de la période 2002-2007, les Indicateurs ont fait apparaître des améliorations sensibles de la gouvernance, mais aussi une dégradation de la situation dans certains cas. En ce qui concerne l’indicateur “ Voix citoyenne et responsabilité ”, le rapport mentionné des pays comme l’Ukraine et Haïti. En ce qui concerne l’indicateur Stabilité politique et absence “ de violence ”, il est mentionné des pays comme l’Argentine. Dans le domaine des améliorations au plan de la Lutte contre la corruption, sont citées la Géorgie et la Tanzanie.
Les mauvais points
Il est vrai qu’il n’y a pas une bonne gouvernance totale. Ainsi donc des pays qui font des progrès dans un domaine, peuvent faire piètre figure dans l’amélioration d’autres indicateurs de bonne gouvernance. Il y a des pays qui dans l’ensemble ont soit régressé soit fait du sur place. C’est ainsi qu’en dépit des acquis, en matière de gouvernance dans certains pays la qualité générale de celle-ci à travers le monde ne s’est pas véritablement améliorée au cours de la dernière décennie.
Si certains pays ont enregistré de bons résultats, d’autres, en nombre égal, ont vu leurs performances se dégrader sur plusieurs aspects de la gouvernance. Il s’agit particulièrement, selon le rapport de la Banque mondiale, du Zimbabwe, de la Côte d’Ivoire, de Bélarus, de l’Erythrée et du Venezuela. Quant à d’autres, ils n’ont montré aucun changement significatif au cours de ces dernières années.
Les réformes, cause d’amélioration de la Gouvernance
Les chercheurs de la Banque mondiale sont arrivés au constat selon lequel, les pays qui ont amélioré leur gouvernance, sont ceux qui se sont engagés dans des réformes courageuses.
Ainsi donc les indicateurs donneraient à penser que les réformes peuvent permettre d’améliorer la gouvernance. Et le rapport indique qu’au cours de la décennie 1998-2007, des pays de toutes les régions ont affiché des améliorations sensibles de la gouvernance. Cela en dépit du fait que certains étaient d’un très faible niveau. Il est mentionné ci-dessous les pays et les domaines dans lesquels ils ont fait des progrès.
Ghana, Indonésie, Libéria et Pérou (pour la catégorie “ Voix citoyenne et responsabilité ” ) Rwanda, Algérie et Angola (pour la stabilité politique et Absence de violence! Terrorisme ”); Afghanistan, Serbie et Ethiopie (pour l’efficacité des pouvoirs publics) Georgie et République démocratique du Congo (pour “ la qualité de la réglementation ”) ;
Tadjikistan (pour l’Etat de droit) ; et Liberia et Serbie (pour la lutte contre la corruption).
Susciter le débat
Pour l’Aart Kraay, économiste principal du groupe de recherche sur le développement de la Banque mondiale : “ Les Indicateurs de gouvernance dans le monde et d’autres mesures permettent de susciter le débat public sur les enjeux et les succès de la gouvernance. “ Il poursuit en disant ”... qu’en même temps, le débat sur une gouvernance fondée sur des mesures empiriques doit faire preuve de réalisme concernant les limites des données existantes. A cet égard, il importe que les utilisateurs prennent au sérieux les marges d’erreur signalées dans les Indicateurs de gouvernance dans le monde, marges d’erreur qui traduisent les difficultés inhérentes aux mesures de la gouvernance au moyen d’un type quelconque de données.
Gouvernance et lutte contre la pauvreté
L’étude que la Banque mondiale vient de publier cette année est la septième consacrée à la mise à jour des Indicateurs de gouvernance dans le monde. Cette étude, précise-t-on, est l’aboutissement d’une longue décennie de travail des chercheurs. Ceux qui veulent en savoir plus, sont invités à consulter site web : www.govindicators.org. Ces indicateurs couvrent 212 pays et territoires et se fondent sur 35 sources de données différentes. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été interrogées dans le monde entier au cours de l’enquête dont des milliers d’experts des secteurs privé public et des ONG.
Améliorer la gouvernance, souligne le rapport, aide à combattre la pauvreté et la relever les conditions de vie. Dix années de recherche ont montré qu’une meilleure gouvernance favorise le développement, et non l’inverse. L’amélioration de la gouvernance par un écart type entraîne une baisse de deux tiers de la mortalité infantile et une augmentation à long terme du revenu d’environ 300 %. Une telle amélioration est possible puisqu’il s’agit juste d’une petite différence entre les meilleurs et les plus mauvais élèves.
Par exemple, concernant l’Etat de droit, un écart type est tout ce qui sépare la très mauvaise note de la Somalie ou de l’Afghanistan de celle de pays comme le Kenya et la Bolivie, où les notes de ces derniers pays de celles du Ghana ou de 1’Egypte, où ces deux pays à leur tour, du Portugal ou de l’Estonie, ou encore le Portugal et l’Estonie des meilleurs performants comme le Danemark ou la Suisse.
Il a également été établi que la bonne gouvernance améliore sensiblement l’efficacité de l’aide au développement en général, et des projets financés par la Banque en particulier. En ce qui concerne la Rdc, on peut dire que l’indicateur dans lequel elle réalise de bons résultats, est un indicateur prometteur. Car, cet indicateur pose les bases du développement du pays dans la mesure où c’est par la réglementation que l’on peut améliorer les autres indicateurs. Il suffirait pour cela que la paix revienne totalement au pays.
Joachim Diana G./L'Avenir
Last edited: 26/06/2008 17:05:54