Il ne reste plus que l’arrêt de la Cour de cassation pour vider la procédure de transfert de Jean-Pierre Bemba à La Haye.

La Chambre des mises en accusation de Bruxelles a rejeté, mercredi 25 juin 2008, la requête en appel formulée par les avocats de la défense. Les Belges pressionnés par la CPI n’ont visiblement pas l’intention de lui accorder la moindre liberté provisoire. La nouvelle du rejet de la requête d’appel formée par le sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo et ses avocats est tombée mercredi 25 juin 2008 comme un coup de foudre pour les membres du Mouvement de Libération du Congo (MLC).
Alors que tout se dessinait pour la relaxation de Bemba, la Chambre des mises en accusation de Bruxelles vient de se prononcer en faveur du rejet contraignant cet ancien vice-président de la République à rester en détention a la prison de Saint-Gilles.
Bien que l’épreuve soit difficile pour Bemba Gombo, il lui reste encore une voie de sortie à explorer. Nombre d’observateurs voient notamment le recours devant la Cour de Cassation. Et donc, dans pareil cas, il lui faudra encore attendre beaucoup de jours pour l’examen de son cas par cette haute instance judiciaire belge. Au cas où celle-ci se prononcerait dans le sens contraire de l’attente de Bemba, la voie vers la Haye sera ouverte inéluctablement.
Arrêté depuis le 24 mai 2008, à Bruxelles, après la délivrance la veille d’un mandat d’arrêt international délivré par la Cour pénale internationale (CPI), Bemba est poursuivi pour des actes des viols, des tortures, des atteintes à la dignité de la personne, des traitements dégradants et des pillages, commis en 2002 et 2003 par ses hommes en République Centrafricaine où ils étaient envoyés pour soutenir le régime de l’Ange Félix Patassé.
Il reste que Bemba va encore s’expliquer puisque son sort s’est vu aggraver avec des nouvelles inculpations contenues dans le second mandat d’arrêt international délivré le 10 juin dernier en remplacement du premier. Le second, en effet, élargit le champ du premier avec deux chefs d’accusation supplémentaire dont les meurtres, envisagés sous la double qualification de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
Parallèlement, Thomas Lubanga, un autre congolais détenu par la Cour pénale internationale, devra encore attendre au mois de septembre pour voir son cas être examiné à La Haye. Or, contre toute vraisemblance, c’est le mercredi que la CPI devait se prononcer pour sa mise en liberté provisoire. Motif, le Procureur de la CPI n’est toujours pas prêt à fournir au tribunal certaines pièces qu’il avait obtenues des Nations Unies; pièces frappées de confidentialité.
Estimant que le procès ne serait pas équitable pour la défense, le tribunal avait déjà envisagé la remise en liberté provisoire de l’homme de l’Ituri sur qui pèse des actes tels que l’enrôlement des enfants soldats...
Si pour Thomas Lubunga l’épreuve est aussi difficile, elle l’est tout aussi pour la Cour pénale internationale dont la crédibilité est mise en mal dans son tout premier dossier.
(Milor)
Ghislain Lubula/La Prospérité
Last edited: 26/06/2008 15:59:17