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Bonjour | 13/10/2008 23:35 | English Make DC Home page | RSS feed

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Ambiance de plus en plus délétère au sein du Parti Lumumbistre Unifié de l’emblématique Antoine Gizenga Fundji. Il y a une semaine, après avoir réuni ses plus proches collaborateurs ainsi que les membres du Comité Exécutif National, le leader du Palu recommandait de rapporter les décisions d’exclusion de Godefroid Mayobo, l’un de ses plus proches lieutenants, à la fois du parti et du gouvernement, où il preste en qualité de ministre près le Premier ministre.

Des décisions qui avaient naturellement pour prin­cipal don de provoquer un véritable séisme au sein du parti nationa­liste et susciter un début d’émeute, que seule la légendaire sagesse du leader historique avait pu permettre de maintenir dans des limites toléra­bles d’un débat interne à toute organisation démo­cratique. Il fallait, notam­ment, éviter que le spec­tacle conduise certains observateurs à confirmer leurs analyses sur un hy­pothétique affrontement tribal.

Rébellion ?

Dans la foulée, An­toine Gizenga insistait sur le respect de la procédure. Godefroid Mayobo n’avait en effet pas été entendu contradictoirement par l’ins­tance qui l’a condamné, afin de présenter ses moyens de défense. Résultat: le week-­end dernier, la Commission de discipline se saisissait à son tour du dossier et audi­tionnait le ministre incrimi­né. Selon des informations parvenues au Phare, Gode­froid Mayobo y a fourni ses moyens de défense, appe­lant particulièrement ses accusateurs à apporter les preuves des infractions qui lui sont reprochées.

Là aussi, on a frôlé l’émeu­te. Les foules mobilisées pour la mise à mort sem­blaient en effet prêtes à « manger » la presse et à bousculer certains cadres. Conséquence, ce n’est pas l’accalmie tant attendue qui a prévalu. Bien au contraire, c’est la confusion la plus totale qui s’est dégagée d’une procédure tirée par les che­veux. Ainsi, à l’issue d’une réunion marathon qui a re­groupé, mercredi, le Comité exécutif national et la Com­mission de discipline, les mesures prises contre le ministre Godefroid Mayobo ont été confirmées, selon des sources dignes de foi proches du Palu.

Là aussi, ce sont des militants surchauffés et intéressés pour le besoin de la cause qui ont pris d’as­saut le périmètre immédiat du lieu de la réunion, arborant des calicots pour le moins hostiles à Godefroid Mayobo et très proches de l’insulte « A dieu Mayobo » ou encore « Non à Mayobo l’indiscipliné », pouvait-on lire sur certains calicots à la limite de l’appel au lyn­chage. Un signe, pour les observateurs, que la mise à mort avait bel et bien été décidée dans certains cer­cles. Et que le folklore des réunions se succédant aux réunions ne servait que donner une forme plus ou moins civilisée à une authentique liquidation d’un homme politique qui gène certains intérêts. La foule mobilisée et surchauffée ne réclamait plus alors qu’une seule chose: descendre chez le Premier Ministre et exiger illico presto l’appli­cation des mesures prises contre Mayobo.

Difficile donc, dans un contexte si proche de l’hystérie collective et au regard des irrégularités qui caractérisent la conduite du dossier, de savoir ce qui va désormais se passer Pour le moins, c’est bien le Palu qui sort fragilisé de l’épreuve, avec en plus le risque de voir son leadership remis en cause au sein de la majorité gouvernementale. Tout le monde admet, en effet, que ce n’est pas un hasard si Godefroid Mayobo a été nommé par Antoine Gizen­ga à la place qu’il occupe au sein du gouvernement et du cabinet du Premier Ministre. Il constitue à l’évidence un élément clé dans le disposi­tif mis en place par Antoine Gizenga pour jouer un rôle précis dans le fonctionne­ment de l’institution gou­vernementale. Une fonction qui exigence non seulement compétence, mais aussi et surtout discrétion et con­fiance.

Dos au mur

Ce n’est un secret pour personne que c’est Mayobo qui est au centre des contacts avec les autres éléments de la coalition ma­joritaire, tout comme il est le principal interlocuteur du cabinet du Président de la République dans les grands dossiers d’Etat, impliquant des rapports multiples et délicats tout comme la par­faite connaissance des ré­seaux et rouages du pouvoir d’Etat. Poste stratégique, le ministre près le Premier Mi­nistre, comme son collègue de la Présidence, n’est sans doute pas un poste que l’on change au gré de certai­nes humeurs, au risque de compromettre dangereu­sement certains équilibres et certains dossiers où re­commencer équivaudrait à tout remettre en cause.

Surtout qu’au regard de la densité et de la complexité des relations de confiance difficilement tissées à ce ni­veau, rien n’indique que le Chef de l’Etat serait disposé à relancer la même formule en cas de vacance au poste de Godefroid Mayobo. C’est dire, observent certains commentateurs, que non seulement la crise actuelle fragiliserait le Palu qui se verrait soudainement tra­versé par plusieurs lignes de fracture, mais aussi et surtout que contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire, la succession serait automatique. Voilà pourquoi et comment Antoine Gizen­ga se trouve en ce moment précis face à une équation difficile et, littéralement, dos au mur.

(Ern.)

Kenge Mukengeshay/Le Phare

Last edited: 26/06/2008 15:40:36

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