« Moi, je chante autre chose. Je chante la Bible et les faits sociaux, en essayant de ramener Jésus-Christ dans ces faits-là. Mais aujourd’hui, les gens ont tendance à copier parce que quelqu’un a fait un très bel album sur l’adoration et la louange.»

Artiste musicien évoluant sur le registre chrétien, Paul Balenza s’est forge, en 25 ans de carrière, une solide réputation d’auteur compositeur, avec à la clé, une vingtaine d’albums rivalisant en qualité. A la veille des festivités commémorant ce quart de siècle négocié dans la privation et le sacrifice, l’homme s’est confié à Uhuru. Sans ambages et sans fioritures, il tire les enseignements de sa riche carrière musicale en faisant découvrir au public un peu de sa vraie personnalité. D’un cartésianisme qui le différencie des autres, Paul Balenza séduit tout en forçant l’admiration. Au-delà de la simple interview, c’est la rencontre avec un esprit, mieux, avec une intelligence raffinée qui sait restituer à l’histoire sa vraie contextualité.
Qu’est ce qui est prévu dans le cadre de 25 ans de votre carrière musicale chrétienne ?
Il est prévu deux manifestations qui s’étendent du mois de juillet jusqu’ au mois de décembre. Ce sont deux concerts que je vais réaliser, à savoir : un concert VIP, le 10 juillet au Salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa et un autre populaire à l’esplanade de la Foire internationale de Kinshasa (Fikin). En dehors de ces deux grands événements, j’ai reçu d’autres invitations que je dois honorer tout le long de l’année jubilaire.
Peut-t-on connaître les partenaires qui sont avec vous dans l’organisation de ces 25 ans ?
Jusque là, je compte sur les gens de bonne volonté . Il y a aussi certaines firmes telles que la Bralima, à travers son produit Maltina. Il y a également le desk culturel Uhuru et d’autres partenaires, sans oublier la communauté chrétienne catholique à travers l’Archévêque de Kinshasa, Monseigneur Laurent Monsengo et toute la Famille chrétienne.
Est-ce qu’il y a un album qui va accompagner les 25 ans de l’artiste ?
Effectivement, il y a un album que j’ai réalisé du vivant de l’artiste Charles Mombaya dans son studio. Tout est fin prêt pour sa diffusion au public. En dehors de cette oeuvre, avant le 30 juin, j’ai sorti sur le marché tous les albums marquant de ma carrière sur CD, parce qu’à l’époque de la production de ces albums, il n y avait pas la technologie actuelle sur le plan phonographique. Je vais mettre à la portée du public « Vie Nouvelle 1, 2, 3 et 4 » sur un même support, dans « Foi et vie », peut-être aussi « L’amour infini », un album qui m’a posé beaucoup de problème. En effet, le producteur l’a pratiquement abandonné. Je vais donc reprendre sa production.
En terme de souvenirs, quels sont les faits saillants qui ont marqué votre carrière ?
Les mauvais souvenirs, c’est le décès de mes parents. Ce sont deux grands êtres chers que j’ai perdus. Les bons, il y en a tellement que je me dis toujours que c’est le fait que le Seigneur m’a donné l’opportunité de me faire connaître, d’avoir un nom. C’est ce nom là que j’ai... qui constitue pour moi un grand souvenir parce que si je m’étale au matériel, celui-ci va passer...
Qu’est ce qui explique votre évolution lente ?
D’abord, je ne me plains pas parce que tout revient à Dieu. C’est à lui que reviennent l’honneur, l’opportunité, la décision et la volonté de faire connaître ou pas quelqu’un créée à son image. Ce que je dirai, il y a plusieurs facteurs. Le premier, c’est l’Eglise dans laquelle j’appartiens, l’Eglise catholique est structurée. Elle ne donne pas l’opportunité aux individualités d’éclore, de se propulser parce que c’est structuré. Dans l’Eglise, il y a la musique liturgique, or ce que nous faisons nous à posé beaucoup de problème parce que nous avons un nouveau style, une nouvelle musique qu’on a traité de bars (divertissement); vulgaire qu’on a porté dans le sacré... Deuxième facteur, i1 y a aussi le marketing. A notre époque, il n’ y avait pas l’aspect marketing, pas de promotion, nous faisions cette musique par apostolat et par vocation.
Ce sont donc des aptitudes qui refusent de partir quoi qu’aujourd’hui, on est face à l’argent et la vente, mais nous gardons encore les séquelles de l’apostolat. Troisième facteur, c’est le séparatisme, aujourd’hui, l’Eglise n’est plus un lieu où on rassemble les gens mais on divise plutôt les fidèles. Quand je suis de telle église, je ne peux pas consommer tel autre artiste parce qu’il n’est pas de mon église. Dans les chaînes de télévision, une quelconque oeuvre ne peut pas passer parce qu’elle n’est pas de telle obédience. Il y a encore un autre facteur, c’est le fait d’avoir une autre vision de choses.
Moi, je chante autre chose. Je chante la Bible et les faits sociaux, en essayant de ramener Jésus-Christ dans ces faits-là. Mais aujourd’hui, les gens ont tendance à copier parce que quelqu’un a fait un très bel album sur l’adoration et la louange. Tout le monde cherche à copier cette approche de chose.
(Milor)
Alain Diasso, Hervé Mbuy, Bob Ambongo/Uhuru
Last edited: 04/07/2008 12:33:42