Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 02/12/2008 21:09 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
Payer pour garer sa voiture dans le centre-ville de Kinshasa n’est pas du goût de tous les conducteurs. Si certains apprécient l’initiative de la mairie, d’autres rechignent à s’acquitter de taxes, car ils ne savent pas à quoi elles vont servir. Vêtues de gilets jaunes et bleus frap­pés des insignes de l’hôtel de ville de Kinshasa et de RAMCONGO, la so­ciété qui les emploie, des jeunes gens, filles en majorité, quadrillent depuis fin 2007 les principaux parkings du cen­tre-ville de la capitale congolaise. Petits carnets de reçus, stylos et cahiers de notes en main, ils sont tout le temps aux aguets.

Dès qu’un véhicule arrive pour sta­tionner, ils accourent, saluent le con­ducteur et découpent un bout de ticket de couleur rose sur lequel ils marquent l’heure d’arrivée et le numéro de l’auto­mobile, qu’ils déposent ensuite sur le pare-brise de l’engin. Puis, vigilants, ils attendent patiemment le retour du con­ducteur pour percevoir la taxe de sta­tionnement. « Nous travaillons ainsi de 7 heures à 18 heures, explique Chan­tal Salazaku, rencontrée aux abords de l’hôtel Memling.

La pratique est une petite innovation dans le milieu kinois. Car, jusque-là dans le centre des affaires de Kinsha­sa, les conducteurs garaient n’importe où et ne payaient aucun droit officiel. Policiers, vigiles d’entreprises enfants de la rue s’improvisaient gardiens de parkings et réclamaient alors un petit passe-droit aux chauffeurs. Pour canaliser ces recettes qui lui échappaient, la mairie a dû signer, en 2005, un contrat d’aménagement et d’exploitation des parkings avec une entreprise privée, RAMCONGO, pour une durée de cinq ans. Une cinquantaine de parkings ont ainsi été aménagés, où travaillent deux à trois agents percepteurs de taxes.
Le « oui mais » des conducteurs.

L’initiative n’est, en soi, pas mal perçue par la population qui voit, à travers cette nouvelle organisation, le retour progressif d’un certain ordre dans la ville. C’est un système qui existe dans d’autres pays, il permet à l’Etat d’avoir des moyens pour réaliser des travaux d’intérêt public, comme les infrastruc­tures urbaines par exemple, explique Bernard Kalala, un conducteur qui ap­pelle ses collègues à paver leur taxe de parking fixée à 100 Fc (0,18 $) l’heure.

Mais, pour les jeunes agents per­cepteurs, la tâche sur le terrain n’est pas une sinécure. L’accueil que leur réservent certains conducteurs est, en effet, parfois glacial et agressif. « Il arrive souvent qu’on nous éconduisent ou qu’on déchirent les tickets. Certains nous giflent des fois raconte Chantal, qui fait remarquer que tout le monde ne paie pas. Ceux qu’il font néanmoins sans chigner sont parfois fort sympa­thiques, disent-ils. « Quelques-uns nous refilent de temps en temps un peu de francs en plus, ce qui nous aide et nous motive dans ce boulot difficile, pour­suit-elle.

Quelques conducteurs expliquent sans faux-fuyant leur refus de s’acquit­ter de ce droit. « Je ne peux donner mon argent à des gens qui l’emmènent je ne sais où. . . », se justifie Jancy Mwamba qui, manifestement, n’a pas confiance aux péagistes de RAMCONGO. « Beau­coup de conducteurs traitent souvent les autorités de tous les noms. Ils disent que l’argent va dans leurs poches alors que la ville est sale, et qu’elles ne se soucient guerre du très mauvais état de la voirie urbaine », explique un agent devant le magasin UAC.

Boulot ingrat

D’après le règlement de RAMCON­GO inscrit sur le ticket, le non paiement du parking entraîne une amende de 520 Fc (0,9 $). Mais, aucun conducteur n’a jusque-la été poursuivi pour n’avoir pas payé la taxe. Au bout d’une journée de travail et selon les sites, les recettes collectées dans les parkings varient de 5.000 à 7.000 Fc (9 à 12,7 $) par agent. Ces sommes sont versées à RAM­CONGO, où aucune information ne filtre sur le partenariat conclu entre cette société et l’hôtel de ville de Kinshasa. Selon des bribes recueillies auprès des agents percepteurs, leur employeur leur reverse en fin de chaque semaine 10% des recettes réalisées.

« C’est dur comme boulot », expli­que F., dont la rémunération dépend, comme pour ses autres collègues, de la recette journalière. Dans leur contrat de travail, les agents de cette société devaient aussi avoir droit à 3.000 Fc (5,4$) de frais de transport et de restau­ration. « Cette clause n’a été respectée que pendant trois jours, expliquent les péagistes, qui ont observé quelques jours de grève courant juin pour avoir de meilleures conditions de travail.

(Milor)

A. Taty, D. Kilala, J. Disasi, N. Kunyima/Le Citoyen

Last edited: 25/06/2008 18:13:29

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067