Le patriarche Antoine Gizenga est invité à peser de tout son poids pour mettre fin à la confusion qui a élu domicile au sein du Parti Lumumbiste Unifiéé (Palu).

Ca continue à voler bas au Palu. L’intervention d’Antoine Gizenga semble n’y avoir rien fait, la crise continue à secouer le principal parti lumumbiste.
Godefroid Mayobo n’est pas encore au bout de ses peines.
D’après certaines indiscrétions, l’exclusion avortée de Godefroid Mayobo pourrait bien être remise à l’ordre lors de la prochaine réunion du Comité exécutif national (Cenal). Ceux qu’on peut désormais appeler « Anti-Mayobo » ne semblent pas près de lâcher prise. Ils veulent coûte que coûte en finir avec le principal collaborateur du Premier ministre Gizenga. Ce, alors que le patriarche Gizenga, autorité morale du parti, avait opportunément renvoyé les uns et les autres au respect de la procédure. A savoir que Godefroid Mayobo devait être entendu avant toute décision le concernant.
Mayobo a effectivement comparu au siège du parti. Celui-ci a répondu aux griefs en rapport avec la création des structures concurrentes au parti, à l’occasion de la visite du chef de l’Etat dans le Bandundu, tel que cela lui avait été reproché par le Comité exécutif national. Il est normalement question que l’instance de discipline fasse son rapport au chef du parti et au Cenal. Avant même que la Commission de discipline ne livre ses délibérations, des bruits de plus en plus persistants font état des manœuvres destinées à disqualifier Godefroid Mayobo.
A considérer l’agitation qui caractérise le Palu en ce moment, on peut raisonnablement se poser la question de savoir qui tire les ficelles dans l’ombre. Car on ne peut pas comprendre que pour un parti dont la discipline et l’attachement à l’idéologie ont été jusqu’ici le point fort, les orientations du chef du parti ne soient pas observées par l’ensemble des organes. Quelques jours seulement après l’arbitrage d’Antoine Gizenga, le groupe parlementaire du Palu a déclaré soutenir la décision du Cenal excluant Mayobo. En clair les députés et sénateurs Palu n’ont pas tenu compte des directives du chef du parti.
Au regard de ce qui apparaît comme de la cacophonie, des plus en plus des voix s’élèvent pour inviter Antoine Gizenga à s’impliquer personnellement dans le dénouement de la crise actuelle. Car l’enjeu ne semble plus se limiter à la seule personne de Mayobo, mais touche à la crédibilité et même à la pérennité du parti. Plus particulièrement, les protagonistes de l’agitation en cours risquent de donner raison à ceux qui allèguent déjà que la guerre de succession a commencé au Palu.
Plus généralement, l’accession du plus vieux parti de l’opposition (1964) au pouvoir devrait ouvrir des perspectives nouvelles en termes d’implantation au niveau national. De par même son orientation nationaliste, le Palu a vocation à s’agrandir plutôt qu’à sombrer dans de petites querelles de chapelles.
(Ern.)
J.N/Forum des As
Last edited: 25/06/2008 17:26:49