Cette réunion du gouvernement se tiendra dans un contexte politique particulier, avec en toile de fond, des dossiers qui s’invitent naturellement en raison de leur importance : cinq chantiers, Décentralisation, programme avec le FMI, élections locales, crise Occ-Ofida etc…

La ville de Kananga s’apprête à abriter les festivités du 30 juin en commémoration du 48ème anniversaire de l’accession de la RD Congo à l’indépendance. L’effervescence gagne déjà du terrain en prévision de cet événement qui promet d’être haut en couleur. Un comité de préparation s’affaire déjà dans la ville sous la houlette du conseiller du chef de l’Etat en charge de l’infrastructure afin d’installer un dispositif d’accueil à la hauteur de l’événement. La sensibilisation, à en croire les sources locales, est totale. Les kanangais adhèrent entièrement à cette manifestation qui propulse leur ville au cœur de l’actualité politique. En déplaçant temporairement la capitale du pays à Kananga, le chef de l’Etat voudrait, en fait, concrétiser une promesse qu’il avait faite en son temps dans la foulée de la Catastrophe ferroviaire intervenue début 2008 à Kakenge.
Au-delà, il s’agit de se conformer à un rituel qu’il s’est instauré, celui d’organiser les festivités de l’indépendance dans les grandes villes du pays. Mbandaka et Kisangani ont abrité les mêmes festivités respectivement en 2003 et en 2007. Cette fois-ci, la fête se veut totale: défilé monstre, prestations des groupes socioculturels, tournoi de football etc. Située au centre géographique du-pays, la ville de Kananga que les Belges rêvaient naguère de transformer en capitale, fait déjà peau neuve.
Démonstration de la légitimité populaire
L’autre pan pour Joseph Kabila est de faire la démonstration de la légitimité populaire acquise à la faveur du dernier scrutin présidentiel. Dans le Bas Congo et au Bandundu où il a dernièrement présidé un Conseil des ministres, la ferveur des populations avait suffit pour renseigner sur son envergure nationale rabattant ainsi le caquet à ceux qui certainement par mauvaise foi continuent d’en douter. Le thème exploit est en passe d’être réédité à Kananga.

Les cérémonies du 30 juin dans la ville de Kananga seront précédées par la tenue le vendredi 27 juin prochain d’un Conseil des ministres, une réplique de ce qui a été fait à Matadi et au Bandundu. L’occasion faisant le larron, le gouvernement en profitera à coup sûr - pour se mettre au chevet de la province du Kasaï Occidental actuellement en bute à des problèmes spécifiques qui hypothèquent son développement endogène. Entre autres freins à l’essor de cette province figure la carence des matériaux de construction laquelle handicape sérieusement la réalisation de certains ouvrages d’intérêt communautaire. Ce Conseil des ministres pourra certainement lever un coin de voile sur l’utilisation du premier lot des engins lourds de génie civil en provenance de l’Afrique du sud réceptionné récemment par la province dans le cadre du vaste programme des cinq chantiers de la République.
Désenclaver le Kasaï Occidental
Là-dessus, il sera question de voir comment rentabiliser cet atout matériel important en recourrant à l’expertise locale laquelle sera affectée à la conduite et à la maintenance desdits engins. Comme à Matadi et au Bandundu, les autorités provinciales seront associées aux discussions pour présenter un Canevas de développement de leur entité sur base duquel le gouvernement pourra disponibiliser des fonds aux fins de son développement. La province du Kasaï Occidental à l’instar de celles du Bas Congo et du Bandundu est d’essence agricole.
D’où l’intérêt de se pencher sérieusement sur la construction des voies de communication susceptibles de désenclaver la province en facilitant l’écoulement de sa production vers des centres de consommation. Car, en dehors de la voie ferrée surexploitée, Kananga a besoin des routes, même en terre battue, pour être en phase avec le reste du pays.
L’enjeu d’une meilleure gestion de la crise alimentaire mondiale en dépend. Outre les ritournelles questions liées à la desserte en électricité et en eau potable, la modernisation de la province ainsi que la pauvreté devraient être au centre du débat. Là-dessus, les membres du gouvernement ne manqueront certainement pas de mettre une emphase particulière sur urgence d’accélérer le vote au niveau de l’Assemblée nationale des lois essentielles liées à la décentralisation. Car, sois-en dit, la mise en oeuvre d’une politique de décentralisation bien pensée aura un effet d’entraînement sur les provinces dorénavant appelées à se mouvoir dans un cadre autonome avec des prérogatives leur reconnues par la Constitution.
Plusieurs lois d’accompagnement à la décentralisation n’ont pas encore quitté l’Hémicycle du Palais du peuple. Il s’agit, entre autres, des lois portant sur l’organisation, attribution et fonctionnement de la Conférence des gouverneurs ; sur le statut, l’organisation et le fonctionnement des provinces ; sur la composition, l’organisation et le fonctionnement des entités territoriales décentralisées ainsi que leur rapport avec l’Etat et les provinces etc. Quelques-uns de ces projets de loi sont en cours d’examen au niveau de la commission mixte paritaire et leur adoption dans les deux Chambres ne devrait pas logiquement poser problème. Entre temps, l’organisation des élections locales marque les pas et le Gouvernement saisira certainement l’opportunité de ce Conseil pour réaffirmer à l’urgence de ces scrutins. Par ailleurs.

Cette réunion du gouvernement se tient dans un contexte politique particulier caractérisé par la gestion de quelques dossiers brûlants touchant à la vie politique. C’est notamment le cas des relations diplomatiques en dents de scie entre la RD Congo et la Belgique dont deux officiels, en l’occurrence, les présidents de la Chambre Henman Van Rompuy et du Sénat Anmand De Decker sont attendus à Kananga en prévision des festivités de l’indépendance. S’il est certainement trop tôt de conclure que la crise entre la Belgique et la RD Congo est dénouée, quelques signaux d’apaisement permettent d’envisager l’avenir sous des prismes heureux. Que décidera le gouvernement Gizenga au regard des derniers développements du partenariat belgo-congolaise qui n’a pas encore quitté la zone de turbulence.
Réaffirmer le sens du partenariat avec la Chine.
Qu’à cela ne tienne. Au moment où le FMI menace de surseoir la conclusion d’un nouveau programme avec la RD Congo hypothéquant ainsi son accès au processus PPTE (Pays Pauvres très endettés), le gouvernement Gizenga est-appelé à prendre position pour ne pas apparaître comme une caisse de résonance d’une institution financière internationale développant des relents néocoloniaux. Autre dossier qui requiert l’intervention du gouvernement, ou mieux, l’arbitrage du chef de l’Etat, c’est sans doute le différend qui oppose l’OCC, l’Ofida et le Ministère des finances autour de la proposition d’un décret-loi signé par Athanase Matenda.
Celui-ci institue des mesures conservatoires à l’importation et à l’exportation tout en accordant à l’Ofida le monopole dans l’exercice du contrôle des quantités et des prix tandis que l’OCC ne s’occupera que de la qualité et de la conformité à l’intérieur du territoire national de toutes marchandises, analyse des échantillons et produits ainsi que le contrôle technique des appareils et travaux. Le gouvernement est appelé à fixer les parties concernées en levant une option définitive par rapport aux prérogatives des uns et des autres.
(Ern)
AD/Uhuru
Last edited: 25/06/2008 17:51:28