Une production à l’Olympia coûte cher et que les entrées sont loin de la rentabiliser, mais qu’il faut compter sur les produits dérivés qui en découlent : CD et DVD en l’occurrence.

« Sortir notre musique du ghetto et attirer la jeunesse congolaise de la France », c’est le credo revendiqué par Dario Kindongo, le promoteur du concert du King Kester Emeneya à l’Olympia de Paris le samedi 12 juillet prochain. Cela passe évidemment par un concert qui soit formaté autrement avec une qualité hissée au niveau du prestige de la salle. Première illustration : l’inénarrable Manu Dibango enfourchera son saxo émérite pour rehausser la musique de Kester qui sera accompagné de ses vingt-quatre musiciens arrivés de Kinshasa. Ce n’est pas tout, Dario Kindongo promet d’autres surprises et jure qu’il ne s’agit pas de racolage. C’était le jeudi 19 juin dernier dans l’émission de « Chemins d’Afrique » sur la radio Jet FM.
Ce promoteur, qui n’est pas à son premier concert d’envergure, avoue qu’une production à l’Olympia coûte cher et que les entrées sont loin de la rentabiliser, mais qu’il faut compter sur les produits dérivés qui en découlent : CD et DVD en l’occurrence. Un tel pari commercial vaut, pour Dario Kindongo, une consécration, largement méritée, selon lui dans le cas d’espèce, par Emeneya qu’il considère comme précurseur d’une musique congolaise affranchie des pesanteurs locales qui réduisaient ses ambitions à être « roi chez soi » à Kinshasa dans le petit périmètre du quartier Matonge si on exagère un peu.
Entre les convictions d’un promoteur et les perceptions ou analyses des mélomanes, il peut y avoir un monde, mais Dario Kindongo a sa réponse pour les sceptiques : « Emeneya est avant-gardiste, a recouru à d’autres sonorités plus universelles avant quasiment tout le monde, il a sur le marché un album de qualité, il a l’expérience de grandes salles comme le Zénith et l’Olympia, il sait capter l’air du temps et aller en même temps dans les racines de notre rumba sans se renier… ».
Loin de ses meilleures années, Kester s’était abonné à des interviews bassement polémiques comme pour refuser qu’on l’oublie, qu’on l’enterre. Son retour à la musique et rien qu’à la musique avec son album « Le jour le plus long » et ce concert à venir sonnent comme un tournant, un virage à réussir absolument.
Botowamungu Kalome/AEM/MMC
Last edited: 24/06/2008 09:49:37