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Bonjour | 13/10/2008 23:34 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le Premier ministre Gizenga se trouve ainsi dans l’embarras, car écartelé entre l’impératif de respecter les engagements pris avec le FMI d’une part et d’autre part celui de ne pas laisser l’OCC au bord de la route. Le  dossier de la mort ou de la survie de l’Office Congolais de Contrôle continue de voyager en­tre le cabinet du ministère des Finances, et celui du Premier ministre, Antoine Gizenga. A son niveau, le ministre Athanase Matenda Kyelu ne cesse de rappeler que l’option de disqualifier l’OCC du volet  “ quantité et prix ” des marchandises à l’importation, pour ne lui laisser que le “ contrôle de qualité et de conformité ”, émane du gouvernement. A son avis, cette entreprise pourrait fonctionner comme une direction de l’Ofida, ce qui ne devrait pas l’empê­cher de remplir son contrat vis-à-vis des consomma­teurs congolais. Le “ Gui­chet unique ”, c’est l’inno­vation par excellence pour combattre l’évasion des re­cettes publiques dans des operations d’import-export.

Mais aux dernières nouvelles, le Phare a appris que la Primature a accepté de recueillir le point de vue des syndicalistes de l’OCC. C’est le ministre près le Premier ministre, Godefroid Mayobo, qui a eu a échan­ger avec la délégation des travailleurs de cet office. Il ressort de leurs entretiens que le gouvernement, dans le cadre de son partena­riat avec les institutions de Bretton Woods, en parti­culier le Fonds Monétaire l’international (FMI), s’est effectivement engagé à as­sainir le secteur des régies financières. Pour atteindre le Point d’Achèvement, le­quel devrait déboucher sur l’annulation de la dette exté­rieure congolaise, il lui faut poser des actes allant dans le sens de la bonne gouver­nance et de la transparence dans la réalisation comme l’utilisation des ressources financières. C’est notamment ce qui justifie l’institution du “  Guichet unique ” aux pos­tes douaniers de la Républi­que.

Mais la Primature a précisé que la volonté de mettre de l’ordre dans les recettes douanières, admi­nistratives fiscales et doma­niales ne devrait pas porter atteinte aux lois particuliè­res régissant l’organisation et le fonctionnement des entreprises génératrices de recettes pour le compte du Trésor public. Surtout, il a été affirmé, au niveau du cabinet du Premier minis­tre, qu’il n’entrait nullement dans les intentions de celui­-ci de liquider l’Office Congo­lais de Contrôle.

A cet effet, il a été in­diqué que la “ Commission interministérielle d’audit et de bonne gouvernance ”, à la tête de laquelle se trouve le ministre près le Premier ministre, devrait discuter incessamment avec des ex­perts de l’Ofida et de l’OCC en vue de mieux cerner l’applicabilité du “  Guichet unique ”.

81% de recettes en fumée ?

Mais les délégués syndicaux de l’OCC ont in­sisté auprès de leur interlo­cuteur sur le fait que 81% des recettes de cet office proviennent des taxes rela­tives à la fois aux contrôles de la quantité, des prix, de la qualité et de la conformité des produits importés aux portes d’entrée de la Ré­publique. Une bonne éva­luation de la qualité et de la conformité d’un bien importé aux normes ne peut s’opé­rer, ont relevé les délégués de l’OCC, que si les agents de cet office ont un droit de regard sur sa quantité et son prix. Sans cela, la factu­ration des travaux d’analyse des échantillons ne pourrait qu’être en déça de leur coût réel. Car, plus la quantité des marchandises importées et leur prix sont élevés, et davantage ils exigent un im­portant échantillonnage, et donc davantage de travail au niveau des laboratoires OCC. Priver l’OCC, du volet quantité et prix des produits importés, pense-t-on, c’est lui retirer plus de 80% et partant le vouer à une mort certaine.

Gizenga dans l’embarras

Le Premier minis­tre Gizenga se trouve ainsi dans l’embarras, car écar­telé entre l’impératif de res­pecter les engagements pris avec le Fonds Moné­taire International d’une part et d’autre part celui de ne pas laisser l’OCC au bord de la route. Faire la sourde oreille aux desiderata de cette ins­titution financière internatio­nale, c’est aller droit contre l’initiative PPTE (Pays Pau­vres Très Endettés) devant conduire à la remise totale de notre dette extérieure. Mais ne pas assister l’OCC en péril, c’est sacrifier 3.500 cadres et agents ainsi que leurs familles, soit environ 35.000 compatriotes, s’il faut considérer une moyenne de 10 bouches à nourrir par fa­mille (père, mères, frères, sœurs, cousins, cousines, neveux, nièces, oncles, tan­tes). C’est aussi exposer des millions de Congolais aux déchets alimentaires et autres qui choisissent la RDC comme “ décharge publique ” internationale.

De l’avis de nom­breux observateurs, le gouvernement congolais devrait jouer serré et faire valoir auprès du FMI les intérêts des familles congo­laises, présentées comme bénéficiaires principales des plans de lutte contre la pauvreté. Il n’est pas normal que des programmes d’as­sistance de notre pays par des institutions financières internationales se tradui­sent paradoxalement par la liquidation des entreprises publiques du genre OCC, pourtant reconnu comme le garde-fou approprié con­tre la transformation de la RDC en dépotoir interna­tional. Même s’il existe un mémorandum déjà signé par le gouvernement, rien n’empêche celui-ci, au nom de la santé des millions de Congolais, de solliciter des correctifs.

(Milor)

Kimp/Le Phare

Last edited: 24/06/2008 17:07:16

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