C’est la preuve que le chef de la diplomatie belge ne démord pas de son idée de “ tutelle ” sur la Rdc. Existe-t-il un autre pays au monde qui est sous la tutelle; d’un autre ? Si les 150 à 200 millions de dollars de la Belgique en Rdc est une condition de mise sous tutelle, la Rdc est-elle le pays le plus choyé à ce point par son ancienne métropole ? Si tel n’est pas le cas, les raisons de l’acharnement de Karel De Gucht sont à chercher ailleurs cette crise, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est une occasion pour préci­ser qu’il serait abusif de parler de conflit belgo-con­golais.

Il apparaît plutôt clairement que c’est une affaire de plus en plus personnelle de Karel De Gucht, même s’il  fait au nom des Intérêts d’une contraire collectivité. On mentirait si on disait que dans cette affaire, De Gucht serait seul comme une per­drix sans enfants.

Mais, ce qui est heureux de constater, c’est que toute la Belgique n’est pas avec Karel De Gucht. Cela n’est pas un avantage dans la mesure où, il de­vient difficile pour Kinshasa d’affi­cher une position tranchée sans tenir compte de cette autre Belgique qui subit Karel De Gucht comme un vrai calvaire, cette Belgique de Louis Michel, la Belgique de la ma­jorité réfléchie. Voici la Belgique di­visée.

Mais, personne ne veut aller au devant de cette crise pour pren­dre des mesures courageuses. Si Kinshasa qui observerait cette prudence face aux enjeux politiques du moment, Bruxelles, mieux De Gucht saisirait l’opportunité pour dénoncer l’indécision. Que cher­che-t-il, pour reprendre l’interroga­tion de Louis Michel ? Il veut sans aucun doute jeter de l’huile au feu comme le fait remarquer encore Louis Michel. Pour l’intérêt de qui ? C’est une des leçons à tirer dans cette crise. La Belgique n’est pas gagnante dans cette situation ”. Tu vas envenimer les choses et cela va avoir des conséquences négatives pour la Belgique, a dit sincèrement le Commissaire européen.

Karel De Gucht a donc tort de donner à son pays  le visage de philanth­rope en Rdc. Encore une leçon à retenir, fini le ménage du cheval et du cavalier. Pour des intérêts com­muns, il n’y a pas de raisons que l’un ait un droit de tutelle et l’autre celui d’obéissance. Si le chef de la diplomatie belge savait à quel point Joseph Kabila force l’admiration de ses compatriotes, il transformerait en éloge ce qu’il croit être un repro­che.

L’une des caractéristiques de De Gucht, semble-t-il, c’est la pers­picacité. Il aurait pour pu trouver la même caractéristique chez les autres. Mais, il est impossible que Joseph Kabila prenne l’initiative de la détente, lui qui n’avait jamais cherché la guerre. Dans son comportement à travers cette crise, De Gucht tant y démontrer que  le Congo serait une quantité négli­geable. Faux, Sinon, il ne se cou­perait pas en morceaux en appe­lant la Slovèno Duppel afin d’obtenir l’inscription du Congo à l’ordre du jour d’une réunion des minis­tres européens.

Enfin, il n’aurait pas couru d’Asie où il était en visite pour assister à tout prix pour faire de cette réunion  une messe noire contre le Congo. C’est encore une leçon importante à retenir, pour avoir la peau de la Rdc, il faut se mettre à plusieurs. C’est ce que  De Gucht cherche en Europe.  Mais, voudrai-t-il la peau de l’ours?

(Ern.)

Joachim Diana G./L’Avenir