Incroyable mais pourtant vrai. Le Parti du peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) est sérieusement miné de l’intérieur comme de l’extérieur.

Les coups interdits, apprend-on, viennent de partout. Un plan de déstabilisation de la formation politique est savamment concocté dans une officine déjà identifiée mais que sa haute direction garde encore secrets les noms des animateurs. Ce qui étonne plus d’un, est le fait que des enfants de la maison PPRD, de surcroît hauts cadres aigris, n’hésitent pas à participer à l’entreprise de sape des pyromanes. Le moment venu, prévient-on, participants et célébrants des messes noires seraient déballés.
Le tort du Secrétaire général du PPRD, Evariste Boshab, et ses collaborateurs du Comité Exécutif National, indiquent les sources autorisées, est à chercher dans leur volonté d’innover, notamment par la modernisation des structures du parti et son enracinement réel sur le terrain par la remise de la parole à la base. Le souci d’une plus grande visibilité du PPRD dans la ville de Kinshasa et dans le Congo profond, associé à celui du débat d’idées entre cadres et militants, sans distinction de titres ni de classes, ne semble pas plaire aux tenants d’un mouvement politique fonctionnant comme un club d’amis ou mieux, un « moziki » réservé aux plus fortunés, aux plus forts en thèmes. Depuis un temps plus ou moins, tout est fait pour distraire Boshab et ses proches collaborateurs, de manière à les empêcher de travailler.
Kwashiorkor politique et intellectuel
S’il y a une chose à déplorer, c’est la piètre qualité des débats politiques qui ont pour supports privilégiés les chaînes de télévision. Des « politiciens par procuration », comme on les appelle, investissent systématiquement le secteur de l’audiovisuel pour faire étage, de leur « kwashiorkor politique et intellectuel », entendez le niveau très bas de leurs messages ou échanges. Agissant au nom et pour le compte des commanditaires qui n’ont pas le courage de se mettre en premières lignes, des exécuteurs de basses besognes passent le plus clair de leur temps à diaboliser les présumés « ennemis » politiques de leurs maîtres ou carrément poignarder dans le dos leurs « frères et sœurs » du même bord politique.
La désinformation et l’intoxication, érigées en modes de gestion de l’espace politique national par certains, constituent aujourd’hui des motifs de déception pour le peuple congolais, qui pensait Secrètement que la démocratie naissante allait lui permettre d’être informé correctement sur la marche de la « Cité ». En lieu et place d’une démocratie adulte, sa classe politique qui présente le spectacle d’une « démocrature » dominée par des discours populistes, des contre-vérités, des injures, des affirmations sans preuves, des critiques négatives sur tout et rien.
Surtout, il semble interdit aux acteurs politiques porteurs de nouveaux projets de sociétés, de nouvelles méthodes de gestion des relations entre cadres des partis et leurs bases, des messages d’espoirs d’un Congo nouveau de se faire adopter par les masses désireuses d’entendre les discours d’un véritable changement de leurs conditions de vie et de vivre les prémisses de la reconstruction nationale.
Joseph Kabila, la vraie cible
Vu sa position de Président de tous les Congolais, Joseph Kabila ne peut plus s’afficher ouvertement comme PPRD. Mais, en tant qu’acteur politique, il est évident qu’il compte aussi sur l’adhésion de la base de son parti à son combat politique et économique. Et Dieu seul sait combien il est préoccupé par la réussite des cinq chantiers de la République, qui constituent l’ossature de son programme quinquennal. Au moment où un front de contestation extérieur de sa vision de la coopération Inter-Etats s’est ouvert à la suite du rapprochement entre la RDC et la République Populaire de Chine, il est malheureux de constater qu’un large consensus interne risque de lui faire défaut, par la faute précisément de ceux qui prétendent voguer dans la même barque que lui.
Les contrats chinois, qui viennent d’ouvrir de perspectives en rose pour le financement des infrastructures de base au pays, sont curieusement fort critiqués dans certains pays de l’Occident. Chercher à fragiliser le PPRD et ses animateurs actuels, c’est en définitive chercher à affaiblir politiquement le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, de manière à le couper du peuple, ce rempart dont il a grandement besoin pour résister aux coups de boutoir des fossoyeurs de sa volonté d’impulser concomitamment la démocratie et le progrès socio-économique au pays.
(Ern.)
Lomp./Le Phare
Last edited: 21/06/2008 12:59:47