« Ce n’est pas un rapport de complaisance, il est approfondi et a été mené avec une grande-méthodologie pour autant que les experts onusiens ont pris des photos de fosses communes, avant d’interroger plus de 200 personnes démontrant qu’il y a eu utilisation disproportionnée d’armes de guerres par la police », réaffirme la Monuc.

La conférence de presse hebdomadaire de la mission onusienne en République démocratique du Congo (Monuc) a abordé, entre autres la contestation du rapport rendu public par l’équipe multidisciplinaire menée par le Bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, lequel rapport dénonce des dérapages policiers lors de violences survenues entre les mois de février et mars de l’année en cours, au Bas-Congo, province de l'Ouest de la Rdc.
Toujours au cours de ce rendez-vous hebdomadaire presse/Monuc, il a été parlé de l’insécurité grandissante qui prévaut dans l’Est du pays.
Ainsi donc, pendant que le gouvernement entend protester avec la dernière énergie auprès du secrétaire général des Nations unies contre la légèreté de ce rapport, l'instrumentalisation de ce dossier et la politisation à outrance de cette situation qui a failli mettre en péril la vie de la République, la Monuc s’en tient à son rapport et le réaffirme.
En effet, Mme Sylvie Van Den Wildenberg, présidant la conférence de presse de ce mercredi 19 juin 2008, a indiqué que l’équipe multidisciplinaire menée par le Bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, a été déployée au Bas-Congo du 17 au 28 mars 2008, pour enquêter sur les violents incidents ayant opposé la Police nationale congolaise aux adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) en février et mars dernier.
A en croire cette porte-parole ai de la Monuc, au moins 100 personnes, principalement des partisans du BDK, ont été tuées pendant les opérations de la Pnc lancées le 28 février 2008 dans la province du Bas-Congo. Selon elle, la Pnc s’est rendue, par ailleurs, responsable de la destruction de plus de 200 édifices (églises, maisons des partisans du BDK ainsi que des maisons de civils n’ayant aucun lien avec le BDK) dans plusieurs villages du Bas-Congo et de pillages de nombreuses maisons dans la province. « Plus de 150 partisans de ce mouvement mystico-politico-religieux ont été arrêtés, alors que plusieurs d’entre eux ont été victimes de tortures ou de traitements cruels et dégradants.
« Ce n’est pas un rapport de complaisance. Il est approfondi et a été menée avec une grande- méthodologie. Lés experts ont pris des photos de fosses communes, interrogée plus de 200 personnes et peuvent prouver qu’il y a eu utilisation disproportionnée d’armes de guerres par la police », a-t-elle renchéri.
Et d’ajouter : « L’équipe d’enquêteurs était composée des experts de droits de l’homme et ces derniers ont travaillé de manière sérieuse. Quand bien même que la liste des victimes ne figure pas, bien entendu, dans le rapport mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas été communiquée au gouvernement. »
Eu égard à ce qui précède, la Monuc recommande aux autorités congolaises d’ouvrir une enquête judiciaire afin que les auteurs présumés de ces actes soient jugés et condamnés conformément à la loi. « Nous sommes donc prêts à faciliter cette enquête », a déclaré Sylvie van den Wildenberg.
Répondant à la question de savoir si les résultats de cette enquête seront mis à la disposition de la justice internationale, Van den Wildenberg a laissé entendre que le Congo étant un Etat indépendant, seul le gouvernement élu peut prendre une telle initiative.
La représentante de Kemal Saïki a clos ce dossier en disant que les propos tenus par le ministre Emile Bongeli n’engage que lui-même entant qu’individu et non son gouvernement.
Rappelons que dans le rapport dont il est question, rendu public le 13 juin, la Mission de l'Onu en Rdc dénonce un "usage excessif de la force" lors d'une opération de police contre les adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK).
Et pendant que Kinshasa parle d’un bilan officiel de 27 morts, dont trois policiers, l'enquête de l'ONU a conclu qu'au moins 100 personnes, principalement des partisans du BDK, ont été tuées, tout en listant une série de graves violations des droits de l'Homme, dont des arrestations et des exécutions arbitraires, des actes de torture et de pillage.
Plusieurs cas des violations de cessez-le-feu enregistrés dans l’Est
Selon la Monuc, sur le plan militaire, la situation est restée inchangée sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, soit un calme relatif à l’Ouest du pays. Mais cependant, l’on enregistre plusieurs violations de cessez-le-feu, notamment de nouveaux recrutements forcés d’enfants soldats, dans l’Est.
Dans l’entre temps au Nord Kivu, depuis plusieurs jours, des accrochages ont opposé les Fardc et des éléments des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (Fdlr). Le 10 juin 2008, une compagnie du 64ème bataillon des Fardc a mené des opérations contre un camp des Fdlr situé au Nord de Nyamilima. Les éléments des Fdlr se sont retirés et ont abandonné le camp. Aucune perte n’a été signalée.
Le lendemain, la 6ème brigade intégrée des Fardc, a poursuivi des opérations contre un groupe des Fdlr, commandé par un nommé colonel Soki, entre Kisharo et Buramba, situé à 30 km au Nord-Est de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru. Les Fardc auraient repris le contrôle de cette zone, forçant les Fdlr à se réfugier dans le Parc National de Virunga.
Le 14 juin 2008, une patrouille des Fardc est tombée dans une embuscade montée par des Fdlr à 2 km au Nord de Nyamilima, sur l’axe Nyamilima-Ishasha. Lors d’un échange de tirs entre les deux parties, un combattant du Fdlr a été tué.
Par ailleurs, deux jours plus tard, les positions des Fardc à Nyamilima ont été prises sous feu par les Fdlr. Auparavant, trois camps appartenant aux Fdlr ont été incendiés à Kihuli, situé à 7 kilomètres de Nyamilima.
La nuit du 10 au 11 juin 2008, un soldat des Fardc appartenant au 153ème bataillon a tué par balle deux civils et a blessé cinq autres dans le village Vuangi, situé à 45 kilomètres à l’Ouest de Butembo, dans le territoire de Lubero.
Les deux civils ont été tués parce qu’ils essayaient d’empêcher le militaire de battre une femme et les cinq autres ont été blessés quand le soldat s’est mis à tirer indistinctement autour de lui.
Dans le territoire de Rutshuru, le 18 juin 2008, des éléments du Congrès National pour la Défense du Peuple (Cndp) ont ouvert le feu sur un poste du 62ème bataillon des Fardc à Mutabo, situé à 7 kilomètres à l’Est de Rutshuru.
Un militaire des Fardc a été tué et 5 éléments du Cndp ont été blessés. Le poste des Fardc avait été établi un jour avant l’incident. La Force de la Monuc à immédiatement renforcé sa présence dans la région.
Le même jour, des combats qui avaient déjà débuté la veille, se sont poursuivis dans la localité de Kamandi et ses environs, située au bord du lac Edouard, dans le territoire de Lubero.
Ils ont opposé des militaires de la 15ème brigade des Fardc aux éléments des Patriotes Résistants Congolais (Pareco) du nommé général Lafontaine. Au moins deux combattants des Pareco auraient été tués.
Dans le contexte de recrutement forcé d’enfants soldats, le 3 juin 2008, 2 garçons âgés de 14 et de 16 ans ont été tués par balle par les éléments du Cndp lorsqu’ils essayaient d’échapper au recrutement dans le village de Rubaya, situé à 18 km au Nord-Ouest de Minova.
La Monuc vérifie actuellement des informations recueillies sur des combats entre le Cndp et le Pareco dans la région Nyiakigano, Rukofu et Mululu qui auraient eu lieu le 16 juin 2008. 12 personnes civiles auraient été tuées. Au cours de ces combats, 6 éléments du Cndp auraient été capturés par le Pareco.
Enfin, au Sud Kivu, le 13 juin 2008, trois soldats des Fardc ont été tués lors d’un échange de tirs entre soldats de la 14ème brigade intégrée à Kabare. Les coups de feu ont commencé lorsque quelques soldats du 4ème bataillon de la 14ème brigade ont refusé leur déploiement dans une autre région.
Célestin Lutete/MMC
Last edited: 20/06/2008 16:27:10