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Bonjour | 03/12/2008 23:50 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le Général belge Frédéric Van Dingen était candidat à la tête de la coopération militaire européenne en République démocratique du Congo. Mais avec la crise belgo-congolaise, c’est sans doute fichu. La crise entre la Belgique et le Congo risque de connaître une pre­mière conséquence : la nomination du général belge Frederic Van Dingenen à la tête de la force euro­péenne Eusec est de plus en plus compromise. L’Eusec, qui est di­rigée actuellement par le général français Pierre Joanna, représente la contribution de l’Europe à la réorganisation de l’armée congo­laise.

Jusqu’à présent chargée, avant tout, de mettre en place et de contrôler la chaîne de paiement des soldes des militaires dans les unités brassées  se rassem­blent, les hommes issus des anciennes factions belligérantes), l’Eusec, le 1er juillet prochain, verra ses fonctions croître en impor­tance.

Le nouveau mandat de la coopération militaire européenne comprendra quatre axes : contrô­ler la chaîne de paiement des soldes et dissocier celle-ci du commandement des unités (afin d’évi­ter les risques de détournements par les officiers) mettre en oeuvre des mesures d’identification des militaires (en recourant entre autres aux empreintes digitales) afin d’éviter des enrôlements fic­tifs et gérer les militaires.

L’Eusec participera aussi à la mise en oeuvre des accords de Goma (qui prévoient le désarme­ment, le cantonnement ou le ra­patriement des combattants hutus rwandais) et à celle des accords de Nairobi (qui prévoient le désar­mement de toutes les factions ar­mées présentes au Kivu, dont celle de Laurent Nkunda, ainsi que le recyclage de tous les hommes en armes.)

L’Eusec devrait aussi contri­buer à la création de la force de réaction rapide dont le ministre de la Défense, Chikez Diemu, entend doter la nouvelle armée, afin de pro­téger les populations et de défen­dre le territoire.

La structure de coopération militaire européenne, qui devrait se composer d’une soixantaine d’hommes, contre une quarantaine aujourd’hui, serait aussi le canal par lequel du matériel militaire européen serait fourni a l’armée congolaise.
Vu l’importance à la fois stra­tégique et politique de la coopéra­tion militaire européenne, la direc­tion de l’Eusec est devenue un poste très convoité et très sensible.

Jusqu’a présent, en rempla­cement du général français Joanna (qui aurait aimé demeurer en fonc­tion, mais n’entretenait pas de bons rapports avec ses homolo­gues congolais), c’est le générai belge Van Dingenen, 59 ans, qui était tenu pour favori.

Ce Bruxellois bilingue, ancien chef de cabinet d’André

Flahaut sans être membre du PS, avait surtout été le “ patron ” des operations militaires de l’armée belge durant quatre ans, soit la plus haute fonction opéra­tionnelle.

Lorsqu’il avait succédé à An­dré Flahaut, Pieter De Crem avait remplacé Van Dingenen par le gé­néral Buysse, en lui promettant de soutenir sa candidature à la tête de l’Eusec.

Fort de sa connaissance du terrain et de ses excellentes relations avec les Congolais, et entre autres avec le ministre de la Dé­fense, l’officier belge avait déjà, mis sur pied une petite équipe et il se préparait à relever le défi du nou­veau mandat de l’Eusec, beaucoup plus sensible sur le plan sécuritaire que précédemment.

Cette candidature risque aujourd’hui de faire les frais de la crise ouverte par Karel De Gucht: alors que les ministres français Jean-Pierre Borloo (Environne­ment) et Rama Yade (Intégration) se sont succédé à Kinshasa et ont transmis une invitation du pré­sident Sarkozy qui souhaiterait accueillir le président Kabila à Paris durant sa présidence de l’Union européenne, on voit mal comment Kinshasa pourrait, face à une candidature française, pré­férer un Belge à la tête de l’Eusec.

Dans cette hypothèse, qui pourrait bien se vérifier dans les prochains jours, le général Van Dingenen, aurait perdu à la fois la direction des operations en Belgi­que et toute perspective d’une car­rière militaire au niveau européen.

Quant à la Belgique, elle aura perdu un autre poste stratégique en Afrique centrale, le Néerlandais Roeland van De Geer étant, lui, envoyé spécial de l’Union euro­péenne dans la région des Grands Lacs...

(Ern.)

Colette Braeckman/LESOIR/Uhuru

Last edited: 19/06/2008 18:02:07

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