Aux dernières nou­velles, on apprend que le ministre belge des Affaires Etrangères, Karel de Gucht, s’est “ invité ” lundi au Con­seil des ministres Européens tenu à Luxembourg. C’était, indique-t-on,  pour expliquer à ses auditeurs les con­séquences du rapproche­ment entre la République Démocratique du Congo et certains pays d’Asie,  dont la Chine, actuellement en partenariat avec Kinshasa pour le financement des infrastructures en contrepar­tie des minerais du cuivre et de cobalt. Il semble que De Gucht a lâché que “ Kabila ” était devenu incontrôlable. Une alerte à interpréter comme le risque pour l’Eu­rope, et partant la Belgique, de perdre leur mainmise sur le Congo.

On laisse entendre qu’au sortir de la réunion, le ministre belge des Affaires Etrangères a été violem­ment pris à partie par son compatriote Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire. Celui-ci n’était pas content de voir le chef de la diplomatie belge cher­cher à “ jeter de l’huile sur le feu ” entre Kinshasa et Bruxelles. Du point de vue de Louis Michel et, les décla­rations tonitruantes de Ka­rel de Gucht sur la RDC et ses dirigeants ne font qu’assombrir les relations belgo­-congolaises, ce qui est loin d’être à l’avantage de la Belgique.

Les sentiments de Louis-Michel, pense-t-on, sont largement partagés par la communauté franco­phone de Belgique, qui ne saisit pas très bien le mobile qui pousse les Flamands à s’investir dans le pourris­sement du climat entre leur pays et son ancienne colonie. Certes, ils admettent que la RDC connaît des dif­ficultés à se mettre à l’école de la bonne gouvernance, du respect des droits de l’homme,  de la transparence dans la signature des con­trats miniers et autres, mais ce n’est pas une raison pour traiter les gouvernants congolais comme des enfants sous tutelle.

A croire que l’incident de Luxembourg pourrait amener Karel De Gucht à plus de modéra­tion dans son approche des questions congolaises. Quant aux dirigeants congo­lais, ils ne devraient en tirer une satisfaction particulière car en dépit de la colère de Louis Michel, le message de Karel De Gucht a inter­pellé l’Union Européenne, laquelle est en train d’imaginer des stratégies de ges­tion du lobbying chinois en Afrique.

(Ern.)

Kimp./Le Phare