Kabila divise Louis Michel et Karel De Gucht. Karel De Gucht, ministre Belge des Affaires étrangères était allé ”, le lundi 16 juin dernier à Luxembourg, au Conseil des ministres européens des Affaires étrangères faire condamner le Président congolais Joseph Kabila Kabange devenu, selon lui, “ incontrôlable ”.

Aux dernières nouvelles, on apprend que le ministre belge des Affaires Etrangères, Karel de Gucht, s’est “ invité ” lundi au Conseil des ministres Européens tenu à Luxembourg. C’était, indique-t-on, pour expliquer à ses auditeurs les conséquences du rapprochement entre la République Démocratique du Congo et certains pays d’Asie, dont la Chine, actuellement en partenariat avec Kinshasa pour le financement des infrastructures en contrepartie des minerais du cuivre et de cobalt. Il semble que De Gucht a lâché que “ Kabila ” était devenu incontrôlable. Une alerte à interpréter comme le risque pour l’Europe, et partant la Belgique, de perdre leur mainmise sur le Congo.
On laisse entendre qu’au sortir de la réunion, le ministre belge des Affaires Etrangères a été violemment pris à partie par son compatriote Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire. Celui-ci n’était pas content de voir le chef de la diplomatie belge chercher à “ jeter de l’huile sur le feu ” entre Kinshasa et Bruxelles. Du point de vue de Louis Michel et, les déclarations tonitruantes de Karel de Gucht sur la RDC et ses dirigeants ne font qu’assombrir les relations belgo-congolaises, ce qui est loin d’être à l’avantage de la Belgique.
Les sentiments de Louis-Michel, pense-t-on, sont largement partagés par la communauté francophone de Belgique, qui ne saisit pas très bien le mobile qui pousse les Flamands à s’investir dans le pourrissement du climat entre leur pays et son ancienne colonie. Certes, ils admettent que la RDC connaît des difficultés à se mettre à l’école de la bonne gouvernance, du respect des droits de l’homme, de la transparence dans la signature des contrats miniers et autres, mais ce n’est pas une raison pour traiter les gouvernants congolais comme des enfants sous tutelle.
A croire que l’incident de Luxembourg pourrait amener Karel De Gucht à plus de modération dans son approche des questions congolaises. Quant aux dirigeants congolais, ils ne devraient en tirer une satisfaction particulière car en dépit de la colère de Louis Michel, le message de Karel De Gucht a interpellé l’Union Européenne, laquelle est en train d’imaginer des stratégies de gestion du lobbying chinois en Afrique.
(Ern.)
Kimp./Le Phare