C’est depuis mars 2006 que la Rdc cherche à arracher un nouvel accord avec le FMI. Après la déroute de Washington en avril dernier, c’est à Kinshasa que le gouvernement tentera, du 18 juin au 1er juillet 2008, de convaincre le FMI de lui ouvrir les portes pour un PEG 2.

Le département Afrique du Fonds monétaire international (FM I) vient de dépêcher à Kinshasa, sous la conduite de son chef de division, Brian Ames, une énième mission pour prendre langue avec le gouvernement de la RDC, dans la perspective de la conclusion d’un second programme triennal (PEG 2) avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
C’est depuis la fin brutale le 31 mars 2006 du premier programme économique du gouvernement que la RDC court péniblement après un second programme triennal avec le FMI, sans toutefois voir de profil le bout du tunnel. Tout récemment, à Washington lors des assemblées de printemps des institutions de Bretton Woods, le gouvernement congolais avait plein espoir de conclure les discussions avec les services. Mais, c’était sans compter avec les prêts chinois qui se sont invités dans le débat, malgré les bons indicateurs du programme suivi par les services du FMI (PSSF), présentés par la délégation congolaise. L’on est revenu à la case de départ. A son entrée en fonction en mars 2007, le gouvernement avait juré pourtant de conclure avant 2007 un nouveau programme avec le FMI. Il n’en a pas été ainsi.
A Kinshasa, les experts du FMI ont promis, à en croire la représentation du FMI en RDC, de faire le point sur la situation économique, financière et monétaire du pays depuis le début de cette année. En même temps, il sera aussi question de le pencher sur les implications macro-économiques des prêts chinois, point d’ancrage des négociations entre le FMI et la RDC. A ce niveau, les discussions devraient porter sur le nouveau cycle d’endettement qui risque de se créer au terme de ces prêts alors qu’en même temps, la RDC se trouve impliquée depuis le point de décision en juillet 2003 dans la course qui doit la mener au point d’achèvement à l’initiative d’annulation de la dette des pays pauvres très endettes (PPTE).
Compte tenu de graves répercussions sur la conjoncture interne de la hausse vertigineuse des cours du pétrole et du renchérissement des produits agricoles, les deux parties devaient aussi se pencher - en vertu de ces éléments exogènes - sur d’éventuels ajustements à apporter au PSSF.
Tout se joue sur les finances publiques
Mais, au-delà de ces points classiques, c’est dans la conduite des operations financières de l’Etat et aussi la mise en œuvre de la politique monétaire que se joue cette mission du FMI. Car, même si, sur papier, les finances de l’Etat présentaient un solde positif jusqu’au mois de mai 2008, la situation monétaire est tout à fait autre. Il existe toujours un profond décalage exprimé en des milliards de franc congolais entre les fonds réellement engagés par le ministère du Budget et ceux payés par la Banque centrale du Congo par le débit du compte général du Trésor la différence étant logée dans les “ suspens ” ou “ autres postes nets ”, en attendant une probable régularisation au niveau de la chaîne de la dépense publique.

Autant de questions sur celles encore superficielles des prêts chinois que s’intéresseront sans doute les experts du FMI. C’est donc sur le terrain économique et financier que se jouera la vraie bataille, celle qui devra donner les preuves de bonne gouvernance aux experts du FMI. Ce rôle sera notamment dévolu à la Banque centrale du Congo ainsi qu’ aux ministères des Finances et du Budget.
L’essentiel est certainement d’aboutir à une harmonie sur les montants sortis du Trésor et les mobiles de leur engagement. Ce qui, confirment des milieux spécialisés, n’est pas évident par le fait du grand écart entre des sorties de fonds visés par le ministère du Budget et celles réellement effectuées par la Banque centrale.
Il est évident que le vœu exprimé par le gouvernement en avril dernier de conclure en juillet prochain un nouvel accord avec le FMI risque encore de se révéler comme une véritable chimère.
Dès lors, c’est au gouvernement de renvoyer un signal fort, par la bonne tenue des finances publiques, de sa nette détermination à amener le pays au point d’achèvement de l’initiative PPTE. Sinon, la RDC devra encore sacrifier son programme de reconstruction en consacrant une bonne partie de ses maigres ressources au service de la dette.
II y a lieu de rappeler que lors de son dernier passage en RDC, en février dernier, la mission du FMI s’est entendue avec les autorités sur un ensemble de politiques macro économiques et de reformes structurelles pour 2008 qui, si elles étaient mises en œuvre devraient contribuer à promouvoir la croissance dans un cadre macro-économique stable.
En même temps, les experts du FMI avaient exigé des “ éclaircissement ” des retombées macro-économiques et financières probables de grands projets d’exploitation minière et d’infrastructures sociales sur le point d’être achevées. Des préoccupations subsistaient par ailleurs quant à la gestion des finances publiques et à la composition des dépenses.
(Ern.)
Faustin K./Le Potentiel
Last edited: 18/06/2008 15:52:22