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Bonjour | 06/09/2008 7:47 | English Make DC Home page | RSS feed

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C’est depuis mars 2006 que la Rdc cherche à arracher un nouvel accord avec le FMI. Après la déroute de Washington en avril dernier, c’est à Kinshasa que le gouvernement tentera, du 18 juin au 1er juillet 2008, de convaincre le FMI de lui ouvrir les portes pour un PEG 2. Le département Afrique du Fonds monétaire international (FM I) vient de dépêcher à Kins­hasa, sous la conduite de son chef de division, Brian Ames, une énième mission pour prendre lan­gue avec le gouvernement de la RDC, dans la perspective de la conclusion d’un second pro­gramme triennal (PEG 2) avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).

C’est depuis la fin brutale le 31 mars 2006 du premier programme économique du gouver­nement que la RDC court péni­blement après un second pro­gramme triennal avec le FMI, sans toutefois voir de profil le bout du tunnel. Tout récemment, à Washington lors des assem­blées de printemps des institutions de Bretton Woods, le gouverne­ment congolais avait plein espoir de conclure les discussions avec les services. Mais, c’était sans compter avec les prêts chinois qui se sont invités dans le débat, malgré les bons indicateurs du programme suivi par les services du FMI (PSSF), présentés par la délégation congolaise. L’on est revenu à la case de départ. A son entrée en fonction en mars 2007, le gouvernement avait juré pour­tant de conclure avant 2007 un nouveau programme avec le FMI. Il n’en a pas été ainsi.

A Kinshasa, les experts du FMI ont promis, à en croire la représentation du FMI en RDC, de faire le point sur la situation économique, financière et monétaire du pays depuis le début de cette année. En même temps, il sera aussi question de le pencher sur les implications macro-éco­nomiques des prêts chinois, point d’ancrage des négociations entre le FMI et la RDC. A ce ni­veau, les discussions devraient porter sur le nouveau cycle d’en­dettement qui risque de se créer au terme de ces prêts alors qu’en même temps, la RDC se trouve impliquée depuis le point de dé­cision en juillet 2003 dans la course qui doit la mener au point d’achèvement à l’initiative d’an­nulation de la dette des pays pau­vres très endettes (PPTE).

Compte tenu de graves répercussions sur la conjoncture interne de la hausse vertigineuse des cours du pétrole et du ren­chérissement des produits agri­coles, les deux parties devaient aussi se pencher - en vertu de ces éléments exogènes - sur d’éventuels ajustements à apporter au PSSF.

Tout se joue sur les finances publiques

Mais, au-delà de ces points classiques, c’est dans la conduite des operations financières de l’Etat et aussi la mise en œuvre   de la politique monétaire que se joue cette mission du FMI. Car, même si, sur papier, les finances de l’Etat présentaient un solde positif jusqu’au mois de mai 2008, la situation monétaire est tout à fait autre. Il existe toujours un profond décalage exprimé en des milliards de franc congolais entre les fonds réellement en­gagés par le ministère du Bud­get et ceux payés par la Banque centrale du Congo par le débit du compte général du Trésor la dif­férence étant logée dans les “ suspens ” ou “ autres postes nets ”, en attendant une proba­ble régularisation au niveau de la chaîne de la dépense publique.

Autant de questions sur celles encore superficielles des prêts chinois que s’intéresseront sans doute les experts du FMI. C’est donc sur le terrain écono­mique et financier que se jouera la vraie bataille, celle qui devra donner les preuves de bonne gouvernance aux experts du FMI. Ce rôle sera notamment dévolu à la Banque centrale du Congo ainsi qu’ aux ministères des Finances et du Budget.

L’essentiel est certaine­ment d’aboutir à une harmonie sur les montants sortis du Trésor et les mobiles de leur engage­ment. Ce qui, confirment des milieux spécialisés, n’est pas évi­dent par le fait du grand écart entre des sorties de fonds visés par le ministère du Budget et celles réellement effectuées par la Banque centrale.

Il est évident que le vœu exprimé par le gouvernement en avril dernier de conclure en juillet prochain un nouvel accord avec le FMI risque encore de se ré­véler comme une véritable chimère.

Dès lors, c’est au gouver­nement de renvoyer un signal fort, par la bonne tenue des finances publiques, de sa nette détermination à amener le pays au point d’achèvement de l’initiative PPTE. Sinon, la RDC devra en­core sacrifier son programme de reconstruction en consacrant une bonne partie de ses maigres res­sources au service de la dette.

II y a lieu de rappeler que lors de son dernier passage en RDC, en février dernier, la mis­sion du FMI s’est entendue avec les autorités sur un ensemble de politiques macro économiques et de reformes structurelles pour 2008 qui, si elles étaient mises en œuvre devraient contribuer à promouvoir la croissance dans un cadre macro-économique stable.

En même temps, les ex­perts du FMI avaient exigé des  “ éclaircissement ” des retombées macro-éco­nomiques et financières probables de grands projets d’exploitation minière et d’infrastructures so­ciales sur le point d’être achevées. Des préoccupations subsis­taient par ailleurs quant à la ges­tion des finances publiques et à la composition des dépenses.

(Ern.)

Faustin K./Le Potentiel

Last edited: 18/06/2008 15:52:22

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