A deux reprises, le gouvernement a frôlé des motions de défiance ou de censure. A la première, c’est un ministre qui a été exclu brutalement du gouvernement. La seconde, en relation avec une interpellation “ manquée ” du Premier ministre, a fait flop du fait que les deux auteurs – députés de l’opposition – n’ont pas réussi à “ harmoniser ” leurs textes.

Présentement, circule au Palais du peuple une motion de défiance contre le ministre des Hydrocarbures, après qu’une quinzaine de ses collègues aient été littéralement cuisinés au Parlement sur leur gestion. Entre-temps, le feu couve entre le Premier ministre et son ministre près le Premier ministre. Le gouvernement sera-t-il au complet à l’occasion des festivités du 30 juin 2008 ?
Le Premier ministre aurait-il désavoué son principal collaborateur? La question est au centre de toutes les conversations, à la suite de la décision du Comité exécutif national du Parti Lumumbiste unifié (PALU) qui “ exclu définitivement du parti ” M.Godefroid Mayobo. Par conséquent, “ il perd son mandat politique ”, celui de ministre près le Premier ministre, à la date du l4 juin 2008.
Aussitôt fusent des “ proches ” de celui que le CENAL accuse de manquements graves à la discipline du parti ” des démentis. “ Le Premier ministre n’est pas au courant ”, ou “ la procédure n’a pas été respectée ”, arguent-ils, sans toutefois nier le motif invoqué. Alors quel fait surprenant, ni Mayobo ni Gizenga n’osent s’exprimer ouvertement sur la question.
Mais, quel que soit le mot de la fin de ce feuilleton, il sera difficile aux deux personnalités de dissiper un sentiment de malaise né d’une inévitable suspicion. La confiance mutuelle ayant reçu, de ce fait, un sacré coup.
De même, le chef du gouvernement donne la nette impression de n’avoir pas encore convaincu ses ministres de sa capacité à conduire les affaires de l’Etat “ en tout temps en tout lieu ”. Sinon, qui d’autre que l’un ou l’autre parmi eux aurait alimenté la rumeur publique sur les “ repos ” du Premier ministre au lieu du travail ?
Contradictions entre ministres
De nombreux dossiers traités ou en instance au gouvernement sont des indications sur l’atmosphère qui prévaut au sein de 1’Exécutif. Ainsi, un réel sentiment de frustration a été perceptible en son sein lorsque le ministre des Transports, cité dans le crash d’un avion ayant fait des morts et des blessés au quartier Kingasani (Kinshasa) en 2007, s’est vu refuser le droit constitutionnel de se défendre devant les députés.
Au lieu d’être “ encouragé ” à pouvoir présenter ses moyens de défense devant l’Assemblée qui l’attendait un samedi, il s’est vu viré proprement la veille (vendredi) par ordonnance présidentielle prise “ sur proposition du Premier ministre ”. Rien, à priori, ne semblait justifier une telle décision. D’autant que le ministre d’Etat près le président de la République, censé lui avoir donné des “ instructions ”, a eu tout le loisir de donner une version des faits qui le dédouanait.
Il a été également constaté des contradictions flagrantes lorsque deux ministres étaient invités à répondre, ensemble, à des questions liées à leurs départements respectifs. Dans un dossier de partenariat entre la Société nationale d’électricité et une société étrangère, les ministres de l’Energie et du Portefeuille n’ont pas réussi à parler le même langage. Monsieur l’ADG et Mme 1’ADGA de la SNEL ayant aussi rajouté à la confusion.
C’est aussi la même contradiction que les députés avaient relevé dans les déclarations de deux ministres dans le dossier Kahemba, où l’un et l’autre celui de l’intérieur et son collègue des Affaires étrangères ne s’accordaient pas sur l’occupation ou pas de ce territoire congolais par des éléments de l’armée angolaise.
Quant à la révisitation d’une soixantaine de contrats miniers dont moins de cinq à peine étaient “ réguliers ” la cacophonie a été telle que, faute de s’être mis d’accord sur la marche à suivre, le dossier a été finalement confié à une commission ad hoc. Placée sous la responsabilité querellée du ministère des Mines.
Que dire, alors, des “ recommandation ” et “ résolutions ” du Parlement que le gouvernement, à cause vraisemblablement d’une absence de consensus en son sein, s’est toujours refusé à exécuter ? A ce sujet, les députés avaient brandi la menace d’interpeller le gouvernement pour expliquer cette “ arrogance ”.
A l’allure où vont les choses, il est fort à parier que, d’ici le 30 juin prochain, le gouvernement pourrait être remanié. La crise de confiance s’étant installée en son sein, elle affecterait son efficacité. Une fois de plus, si besoin en est encore, la problématique “ d’un leadership fort ” revient à la surface. Une question cruciale pour donner une nouvelle impulsion à l’action du gouvernement.
(Ern.)
Le Potentiel
Last edited: 18/06/2008 16:39:09