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Bonjour | 29/08/2008 5:50 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’Etat se trouve dans l’obligation de construire au moins 500.000 habitations pour être en mesure de loger la population de la capitale dans les dix prochaines années. Avec ses 10 millions d’âmes, la ville de Kinshasa connaît un déficit de quatre millions de logements. La politique de l’habitat initiée par le gouvernement central ne prévoit pour Kinshasa que 4.500 logements en cours de construction dans les si­tes de Mitendi et Kinkole. Ce qui est trés insignifiant pour résorber le déficit, estime un cadre du ministère de l’Urbanisme et Habitat.

Dans les vieilles communes, les efforts de construction de nouveaux logements découlent de l’initiative privée. Tous les contacts entrepris auprès de Divisions urbaines de l’urbanisme et Habitat pour obtenir des données exactes sur le nombre de chantiers ou d’autorisations de bâtir accordés depuis 2007 à Kinshasa, se sont avérés inutiles.

Selon des informations recueillies sur plusieurs chantiers qui pullulent dans la capitale, la plupart de ces bâ­tisses du district de Lukunga, à l’ins­tar de ceux des avenues de la Gare centrale, de l’Athénée de la Gare, du Boulevard du 30 Juin et d’autres complexes déjà achevés, appartien­nent aux expatriés indopakistanais.

Dans les autres communes pha­res comme Kasa-Vubu, Limete, Ka­lamu, Mont-Ngafula, Bandalungwa, N’Djili, Lemba et Masina, les expa­triés se disputent les espaces avec certains argentiers nationaux dont des hommes d’affaires, des fonction­naires internationaux, des officiers militaires et d’autres dignitaires de la République.

Faute d’espaces libres, les in­vestisseurs immobiliers rachètent des parcelles aux moins nantis pour construire, en hauteur, des com­plexes a usage commercial. Pour la plupart, ce sont des hôtels, flats, restaurants, salles de fête ou de con­férence, magasins, offerts à un tarif qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. Si une chambre d’hôtel de luxe à la cité varie entre 25 à 60 USD par jour, en ville, elle se négocie en­tre 100 et 250 USD par jour, tandis qu’un appartement de haut standing au centre-ville se négocie entre 1000 et 1500 USD par mois.

Le ciment trop cher et l’eau rare

L’exécution des travaux dans nombre de chantiers se bute à la Ca­rence et à l’augmentation du prix du ciment dans le pays. Le sac qui se vendait à 10 USD il y a deux ans, se négocie aujourd’hui à 25 USD.

Tous les efforts entrepris par le gouvernement pour ramener le prix à la normale se sont avérés vains. « Nous suspendons chaque fois les travaux par manque de ciment, et le patron ne trouve pas de raison d’acheter un sac de ciment à plus 20 dollars pour faire avancer las travaux, se plaint un maçon dans la commune de Kalamu.

D’après le chef de la Division ur­baine de l’Urbanisme de Lukunga, le ciment ne coûte cher qu’en Répu­blique Démocratique du Congo, car dans les autres pays, un sac revient à moins de 6 dollars américains. Néanmoins, le prix du ciment ne dé­courage pas les constructeurs, mais sa carence semble plus cruelle pour l’habitat. Les plus heureux, ce sont les ingénieurs en bâtiment qu’ils voient leurs revenus augmenter, car ils sont payés en fonction du coût des matériaux. L’ingénieur concepteur du plan a droit à 10%, tandis que l’ingénieur conducteur des travaux, avec son équipe, négocie entre 20 et 30 % du coût des matériaux.

Par ailleurs, les constructeurs se plaignent de la mauvaise qualité des services de l’eau et de l’électricité. Ce qui ne permet pas à certaines bâtis­ses, quoi qu’achevées, de répondre à toutes les normes urbanistiques.

L’eau de la Régideso ne se limite qu’au premier niveau de l’immeuble. Les ingénieurs recourent aux pom­pes hydrosphères pour renforcer la pression de l’eau et desservir les ap­partements du niveau élevé.

A côté de ce que l’on croît être les débuts d’un boom immobilier, il faut souligner que la plupart de Ki­nois vivent dans des taudis ou des logements qu’une présentent aucune viabilité. Pour près de 2 millions d’habitants avant 1970, Kinshasa était dotée de plusieurs camps d’ha­bitations viables construits par l’Etat à travers des entreprises en faveur des fonctionnaires.

C’est le cas des camps militaires et de plusieurs quartiers de la ville, à l’instar de Kauka, Yolo, lmmo Congo et Onatra dans la commune de Ka­lamu, Bon Marché à Barumbu, Ban­dal Moulaert, Bandal Synkin, Lemba Foire, Bois Dur à Kasa-Vubu, etc.

Une banque de l’habitat

Malgré l’explosion démographique que connaît la ville, l’Etat ne construit plus. Cette démission est à l’origine des constructions anarchiques dans la ville. Le chef de Division de l’Urba­nisme de Lukunga a fait savoir que le gouvernent travaille avec l’Agence japonaise pour la coopération inter­national (JICA) qui même des étu­des pour la reconstruction de la ville de Kinshasa. Mais, pour réaliser ce projet, il préconise la création d’une Banque l’Habitat, qui doit accor­der aux privés des crédits afin de construire des logements en faveur du personnel d’entreprise sous forme de location-vente.

Sans cette Banque de l’habitat, « nos, politiques d’urbanisme et ha­bitat resteront irréalisables », estime l’ingénier Bisimwa. « Et les Kinois vont continuer à se débrouiller pour se loger sans respect des normes d’urbanisation, avec toutes les conséquences qui en découlent, a ren­chéri  son collègue Marcel Mudiayi, conducteur des travaux dans un chantier à Kalamu.

(Milor)

Martinez Ngyaluka/Le Citoyen

Last edited: 18/06/2008 10:33:04

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