L’affaire de la séquestration de deux députés prend une tournure inattendue, le Pprd se fâche et lâche Francis Kalombo et Gecoco Mulumba.

Les Congolais « d’en bas » ont toujours émis un vœu pieux de voir et d’avoir un Congo nouveau fondé sur les valeurs républicaines, les valeurs morales de la vie sociale et les valeurs évangéliques. Les évêques congolais l’ont souligné il y a peu, dans un message sur la situation sociale et économique de la RD. Congo. Des scandales se multiplient. Le dernier en date: la vraie-fausse séquestration de trois députés PPRD par un sujet libanais. Le comité exécutif national de Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie réagit. Ses instructions seront-elles suivies par les incriminés ?
Les comportements et agissements des dirigeants congolais. dans la plupart des cas et à tous les niveaux, montrent que la République démocratique du Congo est loin de sortir de l’auberge. L’on doit reconnaître que le pays vit la kleptomanie tant décriée sous la deuxième République. Les différents scandales dénoncés par les représentants du peuple congolais à l’Assemblée nationale comme au sénat, prouvent à suffisance la légèreté avec laquelle des membres du gouvernement, des parlementaires, des mandataires de l’Etat dans les entreprises et autres structures publiques se comportent dans les traitements des dossiers et autres négociations. Le dernier feuilleton en date est celui de la vraie ou fausse séquestration par un sujet libanais de Francis Kalombo et Gérard Mulumba, respectivement députés national et provincial. Cela avec le fait que l’auteur de la motion, le député Roger Lumbala, se soit rétracté.
Un comportement inadmissible pour un homme politique censé avoir maîtrisé le dossier anti-valeurs continuent à gangrener la classe politique congolaise. Comme l’ont signifié les évoqués, « absence de critères de moralité, la corruption et la vénalité, l’achat des conscience, le déficit de loyauté et de sincérité à la parole donnée, la cupidité, le goût du gain facile, les détournement des deniers publics et la violence » constituent notamment les maux auxquels s’adonnent les acteurs politiques congolais. Avec Francis Kalombo, qui promet un déballage, le peuple congolais sera édifié sur les personnalités politiques tant du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD) et de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) respectivement la formation et la famille politiques auxquelles il appartient.
Mise en garde du Pprd contre les deux « rebelles »
Avant ce déballage, le comité national du Pprd a décidé, lundi 10 juin au cours d’une réunion élargie aux sénateurs, députés nationaux et provinciaux de ce parti, de « déférer, toute affaire cessante, Francis Kalombo et Gérard Mulumba devant la commission de discipline du partie », Cela, « indépendamment de la procédure initié ou à initié par l’Assemble Nationale ». Avant d’inviter tous les membres du parti « à privilégier, en toutes circonstances, les intérêts majeurs du PPRD, à préserver son image et à sauvegarder l’indispensable cohésion devant exister entre ses membres ». Cela après avoir condamné leurs comportements et attitudes «empreintes d’arrogance, d’indiscipline, de mépris et de dénigrement » à l’endroit du parti.
Aussi les participants à cette réunion mettent-ils en gardent cadres et autres membres du parti contre « les actes d’indiscipline et/ou de dénigrement à l’endroit du parti, de ses organes ou de ses dirigeants. Désormais, ces genres de pratique ne resterons pas impunis ».
Si Gérard Mulumba a promis de démissionner de toutes ses fonctions au sein du PPRD, Francis, lui, a promis le déballage. Quand on sait que, blessé dans son amour-propre, il n’a pas le sens de retenue, on peut se demander s’il va respecter les instructions de la hiérarchie du parti.
De toute façon, comme la justice est saisie, celle-ci devra suivre son cours en toute indépendance. Car, là aussi, elle est affublée d’épithètes, alors qu’elle ne devrait pas y en avoir. Le pays ayant grandement besoin d’hommes nouveaux et intègres, dans tous les domaines, ils doivent avoir le courage politique et ne doivent avoir peur devant les dossiers dits sensibles.
Les congolais ont les députes qu’ils méritent
Ce feuilleton dévoile à l’opinion le genre de dirigeants que les Congolais ont et des représentants qu’ils se sont choisis consciemment ou non. Ce qui arrive ne peut étonner personne. Les Congolais ont donc les dirigeants qu’ils méritent. Nombreux sont d’avis que l’Assemblée nationale ne comprend pas assez d’hommes faisant montre d’une intégrité morale éprouvée. Suite au précédent, on sait maintenant que beaucoup de députés ne méritent pas leur place dans l’hémicycle du Palais du peuple. Et surtout pas d’être gratifiés d’attribut d’honorables ». Les électeurs avaient opéré de mauvais choix, peut-être parce que les critères d’éligibilité leur étaient inconnus. Pour des intérêts égoïstes, ces soi-disant représentants du peuple sont prêts à vendre leur âme. En font foi les différents dossiers « noirs » dans lesquels ils sont impliqués et pour lesquels ils défendent leurs initiateurs au niveau du gouvernement.
Ce dossier « Séquestration des députés » offre égaiement aux autorités congolaises une énième opportunité de s’intéresser non seulement à la légalité des activités des Libanais et autres expatriés en RDC, mais aussi a la régularité de leur séjour dans ce pays. Malheureusement, on s’occupe seulement de menus fretins. Les grosses légumes, qui pèsent financièrement, ne sont pas, dans la plupart des cas, inquiètés.
(Ern.)
Oliver Dioso/Le Potentiel
Last edited: 17/06/2008 14:17:12