S’agirait-il de la chance du débutant qui gagne souvent au jeu du hasard la première fois ? En tout cas la plupart de jeunes qui ont entamé une carrière en solo ont réussi leurs débuts avec des albums favorablement accueillis par la critique et les mélomanes. Le chanteur Mirage Supersonic n’a effectivement pas raté ses débuts après son départ de Quartier Latin de Koffi Olomide. Son album, « Figure de style » l’a imposé comme une valeur sûre pour l’avenir. Loin de se reposer sur ses lauriers fraîchement cueillis, Mirage repart déjà sur de nouveaux défis. Il en parle dans cette interview accordée à Afriquechos.ch

AFRIQU’ECHOS MAGAZINE (AEM) : « Figure de style », votre premier opus semble jouir encore d’une audience intéressante, n’est-ce pas précipité d’enregistrer déjà un autre ?
MIRAGE : Merci pour l’opportunité que vous me donnez de m’exprimer dans les colonnes d’Afriqu’Echos Magazine (AEM). Pour répondre à cette question, je tiens à préciser qu’en juillet 2008 mon album Figure de style va totaliser une année de présence sur le marché. J’ai donc jugé opportun d’entamer les travaux d’un nouvel album, de me donner le temps nécessaire pour bien le préparer pour une sortie programmée à la fin de l’année. Loin d’être lié à un impératif commercial, ce projet tient simplement à mon souci d’étoffer ma discographie, mon répertoire, qui devrait donc passer de 11 titres à une vingtaine de chansons.

AEM : Quel serait l’objectif de cet élargissement « rapide » de votre répertoire ?
MIRAGE : Je compte faire beaucoup la scène et je voudrais éviter la monotonie lors des concerts en live. Je compte partir à Kinshasa à la fin de l’année afin de recruter des musiciens qui doivent m’accompagner dans la promotion de mes oeuvres.

AEM : Un premier bilan chiffré de votre album ?
MIRAGE : En tant qu’artiste, je suis pour l’heure plus préoccupé par mon plan de carrière que par les chiffres générés par ce premier album... Il revient donc au producteur surtout de tirer ce type de bilan (en l’occurrence la Maison Esselta, d’Aimé Buanga)

AEM : Vous venez d’évoquer votre plan de carrière, êtes-vous conseillé, encadré par un manager ?
MIRAGE : Je me suis entouré d’un duo de managers installés en France : Christian Kinua et Graig, un Français d’origine russe. Je leur propose ma vision, mes idées, et ensemble, nous mettons en commun des stratégies pour la bonne marche de ma carrière. Nous sommes liés par un contrat de travail à durée indéterminée.

AEM : En dehors de votre deuxième album prévu en fin d’année, qu’est-ce que vous avez planifié ?
MIRAGE : Dès la fin des travaux, au mois d’août, je vais partir aux Etats-Unis pour un séjour de deux semaines. Dès mon retour en France, je vais entamer le tournage des clips, un tournage qui va se prolonger dans plusieurs pays. Une tournée est en outre prévue vers la fin de l’année dans une dizaine de pays de l’Afrique de l’ouest dont le Mali, le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire ... où je suis très fortement réclamé. Ce sera la dernière ligne droite avant mon retour au pays (RDC).

AEM : Dans votre premier album, vous avez repris la chanson « Fétiche » de Tabu Ley...
MIRAGE:C’est un honneur et un vrai bonheur pour moi d’interpréter le Vieux Tabu Ley, à travers cette oeuvre qui comporte un message original sur nos valeurs africaines.
AEM : Votre ancien patron qualifie la vague actuelle de jeunes chanteurs de « génération album », des artistes sans lendemain... Qu’en dites-vous ?

MIRAGE : C’est bien dommage ! Parce que ces artistes de la nouvelle vague ont beaucoup apporté aux anciens, même s’ils ont du mal à le reconnaître. Ils jouent à l’hypocrisie, cherchent toujours à avoir raison, même quand ils ont tort.
AEM : Selon lui, la plupart lui doivent le succès de leurs albums…

MIRAGE : Dans Quartier Latin, j’ai bénéficié de l’apport et de l’expérience de tout le monde. Pour ma part, j’ai aussi beaucoup apporté à ce groupe et ce n’est pas par hasard que son patron m’avait sollicité par le truchement des membres de son bureau.
AEM : On dit de lui que, dans ce cas, il ne lésine pas sur les moyens, qu’il met le paquet ! À quel prix vous aurait-il recruté ?

MIRAGE : Rien ! Un bon artiste, s’il est talentueux en plus, ne vient pas dans un groupe pour de l’argent. On y vient par passion… Et ça avait été mon cas.
AEM : Un bref rappel de votre parcours ?

MIRAGE : Encore étudiant, dans le cadre des activités parascolaires, je participais déjà à des événements culturels organisés par mon école, le Collège Bonsomi, du Quartier 4 à N’djili. J’étais ainsi membre du groupe Collège Horizons, avant de faire partie tour à tour de Quartier Latin Intégral de Lebou Kabouya en 2001, du groupe Génération A d’Alain Mpela en 2003 et enfin de Quartier Latin de Koffi Olomide en 2004 et ce jusqu’au début 2006.
AEM : Quelle a été la réaction de Koffi Olomide à la sortie de votre premier album ?

MIRAGE :
Il m’a appelé pour me féliciter. Cela m’avait beaucoup surpris. Il m’est aussi arrivé de l’entendre fredonner mes chansons.
AEM : Que peut-on attendre du nouvel album en préparation ?
MIRAGE:Pour élaborer mes chansons, je prends toujours le temps d’écouter tous les artistes, y compris les artistes en herbe, ce qui me permet de marier les styles. Dans cet album de 12 titres, je propose de la rumba rénovée, la rumba congolaise pure des années 60-70, avec un accent particulier sur l’identité nationale.

AEM : Un message pour clore cet entretien
MIRAGE : Je me réjouis qu’il n’y ait plus de carré magique Je demanderais aux mélomanes, aux amateurs de la bonne musique en général, de donner sa chance à cette nouvelle vague, d’être au-dessus de tout chauvinisme, de nous juger sans fanatisme, de critiquer positivement, sans polémique. L’injure n’a pas sa place dans la musique qui, au contraire, doit jouer un rôle d’éducation.

Jossart Muanza/AEM/MMC