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Bonjour | 06/09/2008 2:30 | English Make DC Home page | RSS feed

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En réponse à une question urgente posée par André Flahaut à propos de la crise ouverte avec le Congo depuis 50 jours, le Premier ministre belge Yves Leterme a déclaré que “ Si le Président Kabila voulait lui parler, son téléphone était ouvert ”. Autrement dit, aucun contact direct n’a encore eu lieu entre eux et le fossé semble s’approfondir entre les deux pays. Rappelons que, du côté Congo­lais la crise a été provoquée par les propos tenus par le ministre De Gucht qui réclamait une sorte de droit de tutelle  moral sur le pays. Ces exigences formulées et répétées sur un ton offensant, avaient aussi un contenu très concret: vouloir prolonger l’embargo sur les armes. Alors que les Nations unies envisagent de lever cette mesure prise à l’époque de la guerre (et qui n’a jamais frappé le Rwanda), plaider toujours à l’Onu, pour une sorte de mise sous tutelle internationale du secteur minier, défendre enfin le maintien perma­nent d’un observateur désigné par le conseil des droits de l’homme. Le gouvernement belge ayant avalisé les déc1arations de De Gucht, le Conseil des minis­tres congolais répliqua en fer­mant les consulats belges à Bu­kavu et Lubumbashi et en rappelant son ambassadeur en Bel­gique.

La solution de la crise ne se trouve donc pas au niveau des individus. Leterme ou Kabila (ce dernier, vu son rang de “ chef d’Etat  représente en quelque sorte le dernier fusible) mais au niveau des gouvernements, ce qui explique les entretiens qui eurent lieu entre les deux Premiers ministres, Leterme et Gizenga.

Or, les Congolais constatent que sur le plan qui leur importe, c’est-à-dire  une rétractation des propos tenus par De Gucht, voire des excuses, rien ne se passe, officiellement  en  tout cas. Et que, confondant, causes et con­séquences, les Belges n’abordent que la question des consulats, soupçonnant même leurs interlocuteurs d’avoir, dès le début, visé la fermeture de ces représenta­tions diplomatiques qui sont aussi des centres d’observation et d’in­formation (sur le secteur minier au Katanga, sur les mouvements militaires dans le cas du Kivu).

A Lubumbashi, ce sont d’abord les Congolais qui sont pénalisés par la fermeture d’un consulat qui délivrait plus de 1.000 visas par mois, dans de bien meilleures conditions qu’à Kins­hasa.

A Bruxelles, de timides scé­narios de sortie de crise sont élaborés. A ce jour, le plus logique d’entre eux, l’envoi à Kinshasa d’émissaires ayant un poids poli­tique (ministres, anciens minis­tres ou parlementaires) n’a pas encore été retenu, Leterme (coa­lition gouvernementale oblige) redoutant visiblement de contourner De Gucht ou de lui faire per­dre la face. Une autre occasion de contact pourrait être la réu­nion du “ comité des partenaires ”, qui devait réunir, le 26 juin, sous l’égide de la coopération, acteurs belges et congolais engagés dans la reconstruction, afin qu’ils éva­luent promesses et réalisations.

Cette rencontre a été reportée à juillet et n’aura sans doute pas lieu avant le 15, date butoir sur l’agenda de la politique intérieure belge. Si les résultats s’avèrent positifs, Leterme et Kabila pour­raient se rencontrer lors de L’Assemblée générale de l’ONU à New York, en septembre.

Cette démarche, qui per­mettrait de marginaliser De Gucht, a le  désavantage de la len­teur : comment comprendre que deux pays, qui se présentent comme des partenaires privilé­giés, puissent tolérer aussi long­temps qu’un tel abcès empoi­sonne leurs relations? D’aucuns soupçonnent déjà un “ agenda caché ) des Belges, qui pour­raient être tentés de gagner du temps en spéculant sur un éven­tuel basculement du pouvoir à Kinshasa !

Si cette très hasardeuse hypothèse devait se confirmer, la Belgique serait encore plus iso­lée qu’elle ne l’est aujourd’hui aucun de ses alliés européens ne lui a jusqu’à présent manifesté le moindre soutien, à part les Pays­-Bas, préoccupés des facilités lo­gistiques que le consulat de Bu­kavu offrait à leur envoyé spé­cial pour les Grands Lacs, Roeland van de Geer, tandis que la France multiplie invitations et gestes d’amitié à l’égard du pré­sident Kabila et que la Grande­Bretagne ne cesse d’augmenter sa coopération...

(Ern.)

Colette Braeckman/LeSoir/Le Potentiel

Last edited: 17/06/2008 14:26:36

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