Palpitante séance plénière de vendredi à l’Assemble nationale avec le débat engagé autour de la question orale adressée au ministre des Hydrocarbures qui devait répondre de la gestion de son secteur que de nombreux députés ont vigoureusement décriée en recommandant plus de clarté

Le Palais du peuple a tremblé vendredi à l’occasion de la réponse apportée par le ministre en charge des Hydrocarbures, Lambert Mende Omalanga, à la question orale avec débat, d’abord de l’honorable Fidèle Babala et ensuite, à celle du député Jean Bamanisa Saidi.
En effet, en application des articles 100, alinéa 2 de la Constitution et, 152 point 1 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le premier orateur a profité de l’envolée des prix du baril de pétrole brut sur les marchés internationaux pour adresser au ministre Mende Omalanga une question orale avec débat sur, d’abord la politique des fixations des prix des produits pétroliers en Rdc et ensuite, sur l’articulation générale de tous les maillons de la chaîne pétrolière. La même question orale de l’honorable Babala est adressée au ministre de l’Economie, Philippe-André Futa.
De l’analyse des combats d’approvisionnement en vigueur et l’observation de la pratique des pays voisins fournisseurs de la Rdc en produits pétroliers raffinés, le député note plusieurs incohérences dont les conséquences empêchent les consommateurs congolais de bénéficier des meilleurs prix à la pompe et l’Etat congolais, de réaliser des substantielles économies en devises, ou à tout le moins, de collecter de manière optimale des taxes et droits générés par l’activité pétrolière exercée sur son territoire.
Parmi les failles relevées, l’inadéquation de la formule de fixation des prix des produits importés. L’incapacité de la Socir à remplir son rôle premier à savoir, le raffinage du pétrole brut, la persistance de plusieurs zones, des prix des produits pétroliers caractérisés par les écarts énormes l’approvisionnement du pays en produits pétroliers qui s’opère à travers des circuits plus onéreux. Lors de sa réponse, le ministre Mende s’est contenté des aspects non en rapport avec le chiffre dans son secteur, laissant l’autre aspect à son collègue de l’Economie.
S’agissant des questions, les deux ministres devraient premièrement, se prononcer sur la formule de fixation des prix des produits pétroliers importés, laquelle ne correspond par à la réalité. Tandis que les pays auprès desquels la Rdc importe les produits pétroliers cotent les produits vendus FOB Med sur les contrats d’approvisionnement signés par le ministre des Hydrocarbures au nom de la République, renseignent la cotation CIF NWE qui affichent des prix supérieurs d’au moins 20 $ US la tonne métrique.
Les ministres étaient appelés à expliquer aux députés le sens de l’allocation de un (1) million de dollars américains que l’Etat congolais accorde chaque mois à travers la structure des prix des produits pétroliers terrestres à la Socir, alors que celle-ci ne raffine plus de pétrole brut depuis plus d’une décennie. Sans oublier Sep-Congo dont les charges sont multidimensionnelles mais aussi les explications sur l’attribution des blocs pétroliers dans le Graben Albert.
Bamanisa enfonce Mende !
Pour sa part, l’honorable Jean Bamanisa, dont la question orale était exclusivement adressée au ministre Lambert Mende, s’est fait munir des documents notamment des pièces à conviction contre les réponses apportées par le ministre des Hydrocarbures à ses question. Au finish, il a dit être resté sur sa soif face à toute l’argumentation de Lambert Mende.
Mende, à en croire Bamanisa, aura beau parler pendant que les griefs sur sa gestion chaotique du secteur pétrolier, sont restés entiers.
Mais que voulait l’auteur de la question ? Ses questions au total 6, portaient sur les blocs pétroliers. Le ministre devait, au moyen d’une carte, montrer tous les blocs pétroliers sur la côte Atlantique dans le Bas-Congo, dans la cuvette centrale et le Congo du Graben de l’Est du pays. En donnant la situation exacte de négociations et de partenariats sur chaque bloc pétrolier. Bien plus, le ministre devrait informer l’Assemblée nationale si l’Etat congolais, à travers son ministère, a déjà entamé les recherches pour définir les priorités d’exploitation de ces blocs.

Dans le même ordre d’idées, la situation exacte des négociations à ce jour entre l’Ouganda et la Rdc (cfr la délimitation des frontières lacustres et l’exploitation des gisements pétroliers sur le lac Albert), l’identité exacte de tous les concessionnistes pétroliers, l’impact financier et juridique du renoncement du contrat et au sujet d’un nouveau partenaire sur les blocs 1 et 2, ont constitué d’autres préoccupations des députés. Dans ses réponses, Mende Omalanga a tenté de rencontrer les préoccupations soulevées. Comme déjà dit plus haut, le débat a pris les allures d’un acharnement ou d’un règlement de comptes.
A propos de la spoliation, le ministre a dit qu’il n’y en a pas. Néanmoins, toute information contraire est la bienvenue. Lambert Mende a déploré la campagne de désinformation qui bat son plein jusque même au niveau de l’Assemblée nationale ou très souvent, on ne roule que sur des rumeurs ou des informations non vérifiées.
S’agissant de l’impact, il n’y a pas lieu d’en parler dans la mesure où cette situation est inexistante. Pour ce qui est des partenaires, “ nous n’avons pas de partenaires sur le Graben Albertin, mais sur la cote Atlantique ”, a-t-il dit.
Invité encore à la tribune pour conclure le débat, l’honorable député a déroulé à nouveau une litanie de questions adressées au seul ministre Lambert Mende, lesquelles avaient toutes un dénominateur commun à savoir : la légèreté dans la gestion de ce secteur et dans la signature des contrats. Le plus souvent, les contrats signés ne prennent en compte que les intérêts des firmes, au grand dam de la pauvre population congolaise. A titre d’exemple, le cas de l’Ituri.
Kamerhe calme le jeu
A maintes reprises, le président V.Kamerhe a appelé à dépassionner le débat. S’agissant particulièrement de certains députés qui n’hésitaient pas à se transformer en lobbying des intérêts particuliers, V. Kamerhe a remis les pendules à l’heure. Car, a-t-il dit, “ nous risquons d’allumer le feu que nous ne pourrons pas éteindre ”. L’honorable Kanku Bukasa était de ceux qui prêchaient la tempérance pour ne pas créer plus tard un autre Thomas Lubanga, en Ituri. Dans ce chapitre, il a été mis un accent particulier sur les intérêts de la population notamment, au moment de la répartition des productions. Cet appel à l’ordre est intervenu au moment où les députés prenaient clairement position par rapport à l’attribution des blocs congolais à certaines entreprises. Notamment l’entreprise Tulloil, basée en Ouganda.
Recommandations
V. Kamerhe a fait adopter par l’Assemblée nationale quelques recommandations pour les deux membres du gouvernement.
Pour Lambert Mende, le dossier des blocs, qui est encore au niveau du gouvernement (à l’étude) est à finaliser. Dans la procédure de la répartition des productions, faire que l’Etat maximise son gain.
La législation doit être revisitée, de manière que les retombées tiennent compte des intérêts de la collectivité. S’agissant du ministre Futa, il appartient à Sep-Congo de reporter le prix de la flambée, redéfinir les termes de contrat avec Socir, recadrer les charges de Sep-Congo, etc.
(Ern.)Le Palmarès
Last edited: 14/06/2008 17:23:59