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Des milliers d’agents bientôt au chômage

Kinshasa, 14/06/2008 / Société
Plus de 4 mille congolais vont subir la rigueur de la volonté du Fonds Monétaire International en se retrouvant bientôt dans la misère. En fait, ce transfert des activités douanières n’est qu’une stratégie pour tromper la vigilance de l’opi­nion en vue de dissoudre pu­rement et simplement l’of­fice Congolais de Contrôle, ce qui va se traduire par le renvoi de plus de 4.000 agents et cadres employés par cet office et disséminés a travers tout le territoire national particulièrement au niveau des postes d’entrée et de sortie. Cette suppres­sion d’emploi qui répond à une logique concoctée par le F.M.I. remonte a très loin. Et c’est là où l’on retrouve la marque de l’ancien ad­ministrateur général de la Fédération des Entreprises du Congo, un syndicat des patrons privés qui ont tou­jours combattu cet office de contrôle pour des raisons faciles à comprendre.

Missions de l’Office Con­golais de Contrôle

L’Office Congolais de Contrôle a été créé en 1974 en qualité de entre­prise publique à caractère commercial et technique dotée de la personnalité ju­ridique. Cet office est char­gé du contrôle de la qualité, de la quantité, du prix et de conformité de tous les mar­chandises et produits impor­tés, exportés et fabriqués. Une tâche gigantesque qui requiert un personnel qua­lifié doté d’infrastructures technologiques adéquates et modernes. De ce fait, la présence des agents de cet office est requise à tous les postes de frontière, surtout pour un pays, aux dimensions d’un continent. Com­ment en effet, effectuer les contrôles et essais de qualité, de quantité et de conformité de toutes les marchandises, opérer les contrôles techniques sur les appareils et travaux, procé­der au constat des avaries si l’on ne dispose pas d’un personnel performant et d’infrastructures adéqua­tes ?

La pression constante de la FEC

Les rapports entre les entreprises commercia­les privées et l’Office Congolais de Contrôle n’ont ja­mais été cordiaux du fait que ce dernier a comme mis­sion de contrôler la qualité, la quantité et la conformité des marchandises et autres produits à la fabrication, à l’exportation et à l’importation. Toute la stratégie des opérateurs économiques a toujours consisté à réduire à néant les activités de cet organisme. Etant donné que l’objectif suprême d’une entreprise commerciale est de générer des bénéfices quel qu’en soit le prix, la fin justifie les moyens.

Pour dissoudre cet office, les opérateurs éco­nomiques recourent à tous les stratagèmes et surtout aux organismes financiers internationaux en faisant prévaloir les performances économiques à réaliser pour atteindre le dévelop­pement. Comme si réduire tout ou partie considérable du personnel de cet office au chômage pouvait con­tribuer au développement d’un pays du Tiers Monde, a ironisé un observateur.

Vers la fin de la tran­sition, Me Moïse Nyarugabo n’avait pas attendu deux mois après sa nomination comme ministre de l’Econo­mie Nationale pour accéder aux Vœux des opérateurs économiques réunis au sein de la FEC en rabattant le taux de taxation de L’OCC de 3 à 1,5%. C’est le début de la grogne au sein de cet office, étant donné que ce rabattement réduisait sen­siblement les moyens finan­ciers devant servir à entre­tenir les infrastructures de travail et soutenir les char­ges sociales. La direction générale envisagea même de réduire le personnel à cause de la modicité des recettes générées. Ayant eu vent des études menées par les services de la prima­ture tendant a ramener le taux de taxation à 3 %, ces mêmes opérateurs écono­miques utilisent l’argument du F.M.I. pour faire pres­sion sur le gouvernement en passant cette fois ci à la vitesse supérieure pour dis­soudre l’Office Congolais de Contrôle Sans se soucier le moins du monde de l’avenir des milliers des agents et cadres de cet organisme de l’Etat et de leurs familles respectives. Il en est de même des agents oeuvrant au sein des entreprises cor­respondantes installées à l’extérieur pour le compte de l’OCC en vue d’effectuer les operations de contrôle et de vérification.

Il se fait que le F.M.I est à la base de nombreuses décisions malheureuses sur le plan social. Juste au lendemain de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale c’est le F.M.I. qui mit et point la première réforme monétaire qui contribua à la décote de la monnaie natio­nale par rapport aux autres normales. Une expérience unique en son genre et qui ne fut reprise nulle part au monde sauf en RDC, pays de toutes les expérimenta­tions. Il s’ensuivit une régression économique sans nom alors qu’à l’indépen­dance, le Franc Congolais n’avait rien à envier aux de­vises étrangères, comme le dollars ils et d’autres mon­naies européennes. Ce qui se traduisit par la fermeture de nombreuses entreprises privées commerciales pro­voquant le chômage et la misère. C’est peut-être là le résultat que recherche cette correspondance du ministre des Finances.

(Milor)

F.M./Le Phare

Last edited: 14/06/2008 10:12:49

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