La Police d’intervention rapide (PIR) a effectué une perquisition au plateau des professeurs de l’Université de Kinshasa à la suite d’une plainte de cinq députés : le résultat de l’opération est, à la déconfiture du prof. Antoine Bumba, une saisie d’équipements destinés à la zone de santé de Bumba

Cinq députés élus de la zone de Bumba, dans la province de l’Equateur, à savoir Arsène Ambuku, Omer Egwake, Jacques Mokako, Baudouin Mokoha et Crispin Ngbundu, ont déposé, en date du 6 juin 2008, une “ plainte contre inconnu ” auprès du commandant de Légion Nationale de la Police d’intervention Rapide (PIR), à Kinshasa/Kasa-Vubu. Son objet portait sur le “ détournement de groupe électrogène de 20 KVA et de 2 appareils radiologiques Fx50 ”, considérés comme “ Dons de son excellence monsieur le Président de la République à l’Hôpital Général de Bumba ”.
C’est fort de cette plainte que le Procureur Général près le Parquet général de Matete a délivré un mandat de perquisition qui a amené la PIR à effectué une descente musclée, le mercredi 11 juin 2008, au “ Plateau des résidents ” de l’Université de Kinshasa. Ici, elle a particulièrement ciblé la résidence du professeur Antoine Bumba Monga Ngoy, spécialiste en Psychologie du Travail. Un important lot de matériels médicaux y a été saisi un appareil de radiologie Fx501 mobile, un groupe électrogène de 25 Kva, des microscopes mono et binoculaires ainsi que d’autres matériels médicaux.
A en croire des sources proches des plaignants, lors de sa campagne électorale en 2006, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila avait promis puis offert à la population de la zone de santé de Bumba, dans la province de l’Equateur, des équipements et matériels médicaux, notamment 2 appareils de radiologie mobile Fx 50, 2 groupes électrogènes de 7 et 20 Kva, des chaises roulantes, des microscopes électriques monoculaires et binoculaires, etc. Mais, depuis lors, ces dons étaient invisibles à Bumba alors qu’ils avaient déjà été retirés de l’entrepôt du ministère de la Santé situé à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa depuis le 23 octobre 2006. Selon les archives de cette formation médicale, c’est le professeur Bumba qui avait signé l’acte de retrait. C’est ce qui explique la descente de la Pir chez lui, au numéro G14, au Plateau des résidents ” de l’Unikin.
Le prof. Bumba parle d’un coup monte
Contacté par le Phare, le professeur Antoine Bumba Monga Ngoy a exprimé sa vive indignation face à l’action menée par la PIR chez lui, en son absence, alors qu’il se trouve en mission à Matadi, dans la province du Bas-Congo. A son avis, il s’agit d’un coup monté ayant pour soubassement la guerre de leadership entre originaires de la zone de Bumba. “ Je suis moi-même un élu de Bumba. Après les élections, il y a eu beaucoup de tiraillements entre le Dr Mokako et moi , accuse-t-il avant d’indiquer “ qu’il avait utilisé la Cour Suprême de Justice pour prendre ma place au Parlement. Les résultats électoraux avaient été tronqués par Dr Mokako. Après la Cour Suprême de Justice, il instrumentalise maintenant la police ”.
A en croire la version du professeur Bumba, il avait sollicité et obtenu les matériels et équipements médicaux mis en cause à l’époque où Emile Bongeli, actuel ministre de la Communication et Médias, était à la Santé. “ J’avais mis la contribution mes relations personnelles pour obtenir quelque chose en faveur de la zone de santé de Bumba. Cela n’avait rien à voir avec une quelconque intervention du Chef de l’Etat. ”.
Il reconnaît avoir effectivement retiré le “ colis ” en octobre 2006 mais n’avait pu l’expédier vers Bumba parce qu’il lui manquait 400 USD (quatre cents dollars américains) pour les frais de transport. II avait entreposé le tout dans sa résidence en attendant de réunir les fonds nécessaires pour leur acheminement à Bumba.
“ Je signale qu’une partie des matériels, dont 3 microscopes, avait déjà été envoyée à Bumba. Alors que je m’apprêtais à faire suivre le reste, je me suis retrouvé dans le tourbillon de l’invalidation orchestrée par le Dr Mokako. Aujourd’hui, j’apprends qu’il y a un mandat du Procureur Général de Matete qui a conduit la police à perquisitionner chez moi pendant mon séjour à Matadi. Cela me fait très mal. Ma seule satisfaction est qu’on a trouvé sur place les matériels recherchés, à savoir un groupe électrogène et des microscopes. Dans cette affaire, chacun peut constater qu’il n’y a pas eu détournement, j’insiste sur cette vérité que j’avais reçu cela du ministre Bongeli et que ce n’était pas destiné à la campagne électorale du Chef de l’Etat. J’avais reçu bien après la fin de la campagne. Le ministre Bongeli est là ... il peut témoigner. Le vrai problème concerne la querelle de leadership politique. C’est Dr Mokako qui est derrière la cabale. C’est lui qui a fait signer la plainte à ses amis députés dans le but de se positionner politiquement .
(Ern.)Kimp./Le Phare
Last edited: 13/06/2008 17:22:53